Qui paie la facture des voyages des leaders du G14 ?

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Depuis le début de la crise en août dernier, les opposants ont multiplié les déplacements dans plusieurs capitales africaines et  des pays occidentaux, pour  « expliquer la situation » et faire du lobbying en faveur de leur cause. Paris, Bonn, Bruxelles, Genève, Dakar, Ouagadougou, Abidjan ont vu ainsi défiler plusieurs leaders du G14. Leur dernier voyage en date est un aller-retour à Conakry, via Accra. Qui paie ces voyages dont la prise en charge reste un sujet tabou et peu transparente ?

Selon les révélations  de la Lettre du Continent, le précédent voyage effectué en novembre dernier à Paris (France) par les trois leaders de l’opposition, notamment Jean-Pierre Fabre, Brigitte Adjamagbo-Johnson et Tikpi Atchadam, pour rencontrer le président guinéen Alpha Condé, a été pris en charge par Faure Gnassingbé. Notamment les billets d’avion. « Il se serait impliqué personnellement dans l’organisation des pourparlers, faisant intervenir ses services auprès du Consulat de France pour faciliter l’obtention des visas » ont écrit nos  confrères.

Pour le dernier déplacement à Conakry (Guinée), Brigitte Adjamagbo-Johnsson, Dodji Apévon, Yawovi Agboyibo , Aimé Gogué, Jean-Pierre Fabre sont allés à Accra par leurs propres moyens (des véhicules personnels). De là, rejoint par Tikpi Atchadam, ils ont pris un vol commercial pour rallier la capitale guinéenne. Aucun d’eux n’a acquis son billet d’avion qui officiellement, leur a été gracieusement mis à disposition par Alpha Condé. Comptez 650.000 FCFA par passager. A Conakry, nos compatriotes ont séjourné , aux frais de leur hôte, dans le luxueux hôtel Palm Camayenne, le  premier hôtel cinq étoiles de l’histoire de ce pays. La nuitée leur a été facturée à 150.000 FCFA , réglée encore officiellement par la présidence guinéenne.  Y compris le mini-bar dont a abusé un des leaders dont nous tairons le nom. Durant leur séjour, les leaders avaient leurs habitudes au restaurant le Spécial, ouvert il y a 6 mois, l’un des plus courus et les plus chers de Conakry. L’addition, boissons comprises, a été envoyée aux autorités guinéennes.

Cependant, plusieurs sources nous ont indiqué qu’il est peu probable que la Guinée soit effectivement le payeur final de toutes ces factures, même si le montant semble peu élevé pour un Etat. «  Quel intérêt les autorités guinéennes ont à dépenser l’argent de leurs contribuables pour régler vos problèmes au Togo ? La Guinée n’est pas un pays riche » explique l’une d’elles. De fait, la CEDEAO ou encore l’UA peuvent-être les bras financiers de l’opération. «  Elles n’ont pas de budget pour cela » tranche un fonctionnaire qui relève qu’avec tous les conflits plus sérieux les uns que les autres, ces institutions ne s’en sortiraient pas s’il leur fallait prendre en charge financièrement ce type d’opérations. La question du vrai payeur reste donc entière. La seule référence établie est les négociations de Ouagadougou ayant conduit à l’Accord Politique Global en 2006 : c’est le gouvernement togolais qui a pris en charge tous les frais y relatifs.

 

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