SEVIR CONTRE LA VINDICTE POPULAIRE

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Depuis la psychose née du phénomène des « gay man » dont par ailleurs, les autorités togolaises n’ont à ce jour confirmé des crimes y compris ritualistes sur notre territoire, l’instinct grégaire de certains de nos compatriotes semble avoir pris le dessus sur la raison et le nécessaire recul dont on doit faire preuve face aux évènements.

L’ emballement hystérique auquel on fait face depuis quelques jours est criminel dans la mesure où il crée un contexte de suspicion, de justice de rue, où n’importe quel quidam peut en l’espace d’un claquement de doigt, suivi du craquement d’une allumette, condamner en premier et dernier ressort, d’innocents citoyens, dont le seul tort serait de se retrouver au mauvais endroit au mauvais moment. Heureusement à ce jour, par extraordinaire, seules deux victimes de ce délire quasi collectif ont été recensées. Bilan à la fois macabre et presque inespéré, au vu du déferlement des images, des sons et des propos haineux, sur fond de désinformation qui s’est installé, alimentés par des réseaux sociaux hors de tout contrôle et malheureusement par des médias dits professionnels, qui s’asseyent allègrement sur les règles minimales qui gouvernent notre métier.

De fait, personne n’est aujourd’hui à l’abri d’un lynchage dans ce contexte, au nom de la chasse aux « gay man », l’infraction pour laquelle la peine de mort a été réinstallée par la rue au Togo. De l’amoureuse éconduite qui peut crier au « gay man » en croisant son ex dans la rue, au rival ayant perdu la manche, en passant par les aigris du quartier, jaloux de la réussite de l’étranger qui s’y aventure dans une belle « caisse », ou encore l’’automobiliste dans sa voiture aux couleurs sombres cherchant sa route à la nuit tombée dans une dédale de ruelles non éclairées, le risque d’être brûlé vif pour de mauvaises raisons pèse sur tous.

Il importe donc que les autorités publiques prennent la mesure du phénomène et se saisissent de cette occasion, peut mener une ferme politique d’éradication de la sordide vindicte populaire. En identifiant ( ce n’est pas le plus difficile, ils paradent sur les vidéos circulant sur les réseaux sociaux), en interpellant et en punissant sévèrement les auteurs de ces actes scandaleux pour une société moderne. Pour l’exemple.

Les autorités n’ont aucun intérêt à laisser prospérer cette pratique d’un autre âge qui consacrerait l’idée d’une justice défaillante, obligeant les citoyens à se la rendre eux-mêmes. Ce combat n’incombe pas qu’à elles. Les médias doivent se l’approprier et dénoncer ces pratiques, en prenant position clairement contre. Les instances de régulation et d’auto régulation doivent veiller au grain et sanctionner toute velléité tendant à cautionner ou à légitimer des comportements pénalement punissables. Car nul n’est à l’abri d’une bavure ou d’une erreur judiciaire, surtout lorsque cette justice est rendue par une foule surexcitée.

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