Anita AFATCHAO, cineaste : ‘le cinéma togolais évolue et se positionne à l’international’

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Anita AFATCHAO  est l’une des rares femmes togolaises à s’aventurer et à s’illustrer dans le 7ème art. Passionnée du journalisme, Anita est réalisatrice de films. Elle a fait ses premiers pas dans le cinéma en fin d’année 2015 et  s’impose progressivement par son abnégation et par son dynamisme. En juillet 2017, dans son film documentaire  « Or …dur », la togolaise  abordait la thématique du recyclage en mettant en lumière la transformation des déchets en de nouveaux objets utiles. Le film de 13 minutes va valoir à la jeune réalisatrice  le trophée « Clap IVOIRE 2018 Grand prix KODJO Ebouclé » à Abidjan. A son retour, elle s’est confiée à Focus Infos et parle de sa passion, de ses réussites et de ses projets d’avenir. Lecture …Focus Infos : Qui est Anita AFATCHAO ? Pouvez-vous  vous présenter à nos lecteurs ?

Anita AFATCHAO : Je suis Anita AFATCHAO,  assistante de production chez les Films du Siècle à Lomé, réalisatrice et bloggeuse cinéma. Je suis aussi animatrice dans une radio confessionnelle de la place. Je suis par ailleurs  depuis 2016,  chargée de communication du festival de films Emergence.

FI: Parlez-nous de votre parcours de réalisatrice

AA : Je suis arrivée au cinéma en décembre 2015 par le biais d’une formation en prise de son au cinéma dans le cadre du festival Emergence initié par Joël TCHEDRE. A la suite,  j’ai fait un stage en montage et réalisation au sein de sa structure où je suis devenue quelques temps plus tard,  assistante de production.  J’ai travaillé comme directrice de productions sur plusieurs films de la boîte dont PACTE qui était au FESPACO en février 2017. J’ai signé ma toute première réalisation avec le titre « L’Or…dure » en juillet 2017. Je suis depuis plus d’un an déjà sur un autre projet de film documentaire.

FI : « Une femme cinéaste, comment émergez-vous dans un secteur aussi dominé par les hommes et dans un contexte où le cinéma a encore du chemin à faire pour son plein essor ?

AA : Ce n’est pas facile de dire aux gens qu’on rencontre que le cinéma est notre métier. Beaucoup  te demandent après la présentation «c’est quoi ton vrai métier !?» C’est un peu écœurant mais on comprend aussi. Le cinéma togolais évolue et se positionne à l’international.  Il  faut maintenant qu’on arrive à produire en masse pour convaincre la population togolaise. Pour ce qui est d’être une femme dans un milieu dominé par les hommes, je ne me sens ni en marge ni lésée.

On fait le même boulot et j’ai l’appréciation de  mes collaborateurs. Je n’ai jamais senti de stigmatisation à cause de mon genre et puis j’ai la chance d’avoir grandi entouré d’une demi dizaine de frères ;  je suis habituée. On émerge grâce au talent qu’on possède et au travail d’équipe qui se fait autour de chaque œuvre.

FI : Vous avez produit un film « Or  dure » qui vous a valu le trophée Clap IVOIRE Grand prix KODJO Ebouclé à Abidjan, parlez-nous de votre production

AA : La production est signée par LES FILMS DU SIÈCLE de Joël TCHEDRE. « L’Or…dure » est un film documentaire de 13 minutes qui aborde la thématique du recyclage en mettant en lumière la transformation des déchets en de nouveaux objets utiles comme des accessoires de mode, des imprimantes 3D etc.

 

FI : Que vous apporte aujourd’hui personnellement ce trophée et au cinéma togolais

 

AA: Ce trophée m’apporte un encouragement et une invitation à aller de l’avant. C’est la consécration du travail qui a été fait par mon équipe et moi. Au-delà de cela,  c’est une pression supplémentaire à élever le niveau pour les films à venir parce qu’il faut monter et non descendre. Grâce à ce prix,  je peux aujourd’hui affirmer que je suis réalisatrice et que j’ai un palmarès fourni

 

FI : Malgré votre amour pour le cinéma,  vous ne vous détachez pas d’une vos passions qui reste le journalisme. Vous avez initié « cinémania » pour booster le cinéma togolais.

 

AA : Cinemania est une plateforme destinée à la promotion du cinéma togolais et de ses acteurs.  Il est destiné à mettre en lumière chacune des personnes qui contribuent d’une façon d’une autre au cinéma togolais et au-delà de cela,  un espace pour le togolais lambda d’en savoir plus sur notre monde. L’occasion est ici de saluer Martial FOLLY-KOUEVI, mon associé avec qui on a eu cette idée d’offrir Cinemania comme une vitrine du cinéma du Togo

 

FI : Quel regard portez-vous aujourd’hui sur le cinéma togolais ?

 

AA : Le cinéma togolais a le vent en poupe. Nous avons des noms qui ont des résonnances à l’étranger, des films qui font des grands festivals à l’international ici en Afrique et à l’extérieur, nos programmes sur des grandes chaînes de télévisions etc.

 

C’est-à-dire qu’il y a un gros travail qui se fait et surtout un travail de qualité malgré le peu ou l’inexistence même de moyens. Donc félicitations à nous et appel est lancé aux bailleurs.

 

FI : Quels sont tes projets à court et long terme ?

 

AA : Mon projet à court terme est de continuer l’écriture de mon autre film et de faire un travail de fou sur Cinemania pour que plus de monde connaisse l’existence du cinéma Togolais. A long terme,  je compte faire mon film, participer à des festivals, faire de Cinemania un passage obligé pour les actualités et toutes les infos utiles du cinéma du Togo

 

FI : Votre mot de fin

 

AA :Mon mot de la fin va à l’ endroit des bailleurs, du gouvernement, des commerçants, des médias etc. Que ceux qui ont des fonds,  investissent.  Parce que le train prend une autre allure et il faut qu’on se lance dans la production de masse, que les journalistes se spécialisent dans les questions de cinéma pour nous donner plus de visibilité.

Je  vous invite en novembre au festival Emergence pour découvrir encore de beaux films africains et surtout togolais.

Je vous remercie.

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