APC, la nouvelle méthodologie qui fait grincer les dents chez les enseignants

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Une nouvelle méthodologie d’enseignement est entrée en vigueur au Togo au cours de cette année académique. Il s’agit de l’approche par compétence (APC) qui remplace l’ancienne , l’approche par contenue. Axée sur les actions et les reflexes de l’apprenant, cette nouvelle approche vise d’une part, à mettre l’apprenant au centre du processus éducatif pour lutter contre son échec et d’autre part, à perfectionner les compétences du personnel enseignant et à améliorer sa productivité. Même si la méthode elle-même n’est pas décriée par les enseignants, le fait qu’elle soit mise en œuvre au cours de l’année n’est pas de leur goût.

En octobre 2018, soit environ un mois après la rentrée, le ministère des enseignements primaire et secondaire lance une nouvelle méthodologie d’enseignement. Elle prend en compte tous les programmes d’enseignement de la sixième jusqu’en troisième. Mais pour ce début ne sont concernées que les classes de sixième avec six matières à savoir : Français, Mathématiques, Physiques, SVT, Anglais, Histoire et Géographique.

L’objectif visé par cette nouvelle approche est de mettre l’apprenant au centre de l’apprentissage. « Selon la nouvelle approche, on suppose que l’élève ne vient pas la tête vide, il connait quelque chose, il a une compétence, un talent à faire valoir. C’est ainsi qu’on lui demandera de produire quelque chose, sortir ce qu’il sait sur ce qu’on veut apprendre de la leçon du jour. Et avec ce que toute la classe connait déjà, l’enseignant
ne viendra que compléter. C’est ça, la nouvelle approche, l’approche par compétence », nous a expliqué AYISSA Komi Wola, Inspecteur de l’Education nationale.

Vu que cette nouvelle méthodologie n’a été lancée qu’en cours d’année et pour ne pas bouleverser tout le programme, les responsables du ministère des enseignements ont
préféré commencer par la classe de sixième en progressant chaque année pour couvrir toutes les classes du secondaire. Ce retard dans le démarrage de ce programme n’est pas sans désagrément pour les personnes censées dispenser ces cours, les enseignants. « Nous profitons le plus souvent des vacances pour faire des retouches sinon des
mises à jour de nos fiches de cours. Voilà qu’après avoir consacré le peu de temps que nous avons eu cette année pour les vacances pour faire ce travail et juste un mois après la rentrée, on change la donne, c’est un peu dur à admettre mais nous n’avons pas le choix », nous a confié Dénis Eklou, un enseignant du secondaire. « Depuis fort longtemps et dans tous domaines, tout changement créé des mutations mentales pour ne pas parler de trouble psychologique », reconnait pour sa part Komlanvi Faustin Adegnon, un autre enseignant. La façon de dispenser qui est notre manière habituelle diffère de celle nouvellement mise à notre portée et la pire des choses, elle est arrivée après un mois voire dans le deuxième mois.

Ce qui fait que certains élèves sont réticents et jusqu’alors ne se retrouvent même pas. Pour faire face aux difficultés dans la préparation des fiches de cours conformément à la nouvelle méthode, beaucoup d’enseignants se constituent en groupes pour échanger et préparer des fiches de cours afin qu’elles soient un peu plus acceptables pour éviter des risques de bâcler le cours. Cependant, ils sont d’avis que la méthodologie soit uniquement appliquée cette année aux élèves de la sixième. Cela permet à l’enseignant, soulignent-ils, de continuer avec les fiches déjà préparées pour les autres classes en attendant que la méthode ne soit étendue à ces classes. « Mon appréciation est que cette Approche Par Compétence (APC) est bien mais nous risquons de former des leaders moins cultivés », relativise Eklou.

Aux critiques d’avoir débuté le programme au cours de l’année académique, l’inspecteur répond que « mieux vaut tard que jamais car si on attend, quand nos élèves voyagent dans d’autres pays, ils tombent dans un autre système et ce qu’on leur demande les désoriente ». Etant donné que c’est une nouvelle méthodologie, les enseignants déplorent le manque de matériels didactiques pour les accompagner. Mais pour AYISSA, dans chaque matière, des pages ont été mises à la disposition de chaque établissement et le programme à l’intention des enseignants. « Maintenant si tu es un privé et tu crées ton établissement , attends-toi à acheter les outils didactiques au personnel », conclut-il.

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