APRES LA CRISE, SAUVER LE SECTEUR PRIVE

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Entre 80 et 100 milliards, c’est l’estimation basse  et haute  de  ce qu’aurait déjà coûté à l’économie togolaise, les six (6) mois de crise. Trop importante pour un pays en pleine relance de ses activités,  qui renaissait de plusieurs années de tensions et d’une décennie de mise au ban de la communauté internationale, avec son corollaire de sanctions économiques.

Insupportables pour ces petites mains, ces bonnes femmes qui se lèvent le matin et ne demandent rien à personne, si ce n’est pouvoir en toute sécurité, ramener suffisamment à la maison de quoi nourrir leurs famille et payer les dépenses les plus élémentaires. Insupportables également pour ces patrons de TPE, PME/PMI, les plus nombreux d’ailleurs et souvent dans l’informel,  qui doivent se battre au quotidien comme des forcenés pour faire (sur)vivre leurs affaires. Insupportables aussi  pour les plus grosses entreprises qui ne peuvent se permettre un trop long ralentissement de leurs activités et une baisse de leurs commandes. Que ce soit le Fonds Monétaire International ( FMI)  ou la Banque Africaine de Développement (BAD), l’avertissement est clair et inquiétant : la persistance de la crise risque de plomber durablement les performances économiques du pays et de porter préjudice à son image.

De fait, les acteurs politiques devront trouver le compromis nécessaire pour arrêter l’hémorragie. Nul doute qu’ils y parviendront puisque depuis 1990, le Togo a connu moult soubresauts et ceux qui animent la vie publique ont toujours réussis  à signer un accord, même s’ils n’engagent que leurs signataires ou encore fût-il à durée limitée. L’impasse dans laquelle s’est enfermée l’opposition et l’obligation pour le pouvoir d’opérer tout de même les réformes, confortent cette conviction.

Mais une fois que « le  politique » aura trouvé son compte, qui fera ceux du « privé » ? Qui aura entre-temps vu sa clientèle hésitante à consommer ou à investir, son chiffres d’affaires baisser ou son activité s’écrouler ? Alors qu’il ne sera  pas au cœur du dialogue annoncé, favorisé ou non par un médiateur ou un facilitateur, ce « privé » est pourtant le principal créateur  de richesses et d’emplois. Dans ce contexte, il importe que sa condition fasse partie des suites à considérer par la période post-crise. Il n’est pas dans sa démarche de battre le pavé comme les militants politiques ni de manifester son humeur à travers des grèves ou des débrayages comme les fonctionnaires. Mais il a tout autant, sinon plus qu’eux, besoin d’être écouté. Le gouvernement devra donc, après avoir soldé la question politique avec l’opposition, se retrouver avec les principaux acteurs du secteur privé pour envisager toutes mesures, fiscales ou non,  pouvant l’aider à repartir, à rebondir. Ce n’est pas uniquement dans l’intérêt des entreprises. Mais d’abord aussi dans  celui du gouvernement qui, politiquement,  peut mettre à son crédit une économie performante, un taux de croissance élevé et un chômage en baisse, toutes choses dont les entrepreneurs  sont les principaux instrumentaires. Car à l’inverse, une économie morose entraînera des conséquences sociales fâcheuses dont saura profiter d’ailleurs et de bonne guerre, les  adversaires avec lesquels le gouvernement  aura  quelques instants plutôt, conclu un accord.

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