Bonjour la CHINE

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Dossier réalisé par notre envoyé spécial à Zhejiang, Jean-Paul AGBOH AHOUELETE.

Une importante délégation togolaise conduite par le Chef de l’Etat a séjourné du 01er au 08 septembre dernier en Chine. Au menu de ce road show, la troisième édition du forum de coopération sino-africain, le FOCAC, de retour dans ce paysaprès celle organisée en décembre 2015 à Johannesburg (Afrique du Sud). Elle a été l’occasion du bilan sur la voie du renforcement du partenariat entre le continent et l’Empire du Milieu et débouché sur un Plan d’actions conjoint entre la Chine et l’Afrique sur la période 2019-2021. En marge de cette rencontre de haut niveau, le Forum d’Affaires Chine-Togo (lire par ailleurs) destiné à attirer les investisseurs chinois a été organisé dans la province de Zhejiang. Objectif affiché de ce déplacement: obtenir une mobilisation des investisseurs publics et privésafin de les associer au Programme national de développement (PND).
Comme en 2015 à Johannesburg, le FOCAC organisé à Beijing (Pékin) cette année sous le thème « Construire ensemble une communauté de destin sino-africaine encore plus solide pour arriver à une coopération gagnant-gagnant », a été sanctionné par l’annonce d’une série de nouvelles mesures en faveur du continent pour les trois années à venir, dont 60 milliards de dollars (environ 3 600 milliards FCFA) d’investissement.
Outre cette somme supplémentaire consacrée au développement économique des pays africains, le président chinois Xi Jinping a assuré que la Chine annulerait une partie de la dette des pays les moins développés , enclavés ou insulaires sans toutefois préciser lesquels bénéficierait de cette mesure et selon quel calendrier. L’enveloppe promise comprendra à en croire le numéro 1 chinois, 15 milliards de dollars « d’aide gratuite et de prêts sans intérêt » ainsi que des lignes de crédit de 20 milliards de dollars. Deux fonds, consacrés à la finance du développement et au financement des importations de biens africains, seront également établis, d’un montant cumulé de 15 milliards de dollars.
Coopération diplomatique et commerciale.

A l’issue du sommet, deux documents majeurs ont été adoptés. Il s’agit de la Déclaration de Beijing intitulé : « Construire une Communauté de destin Chine-Afrique encore plus solide » et le Plan triennal d’Action de Beijing 2019-2021 qui ont font la part belle au développement social et couvre huit initiatives phares. Notamment, des soutiens au secteur agricole avec 50 projets structurants y compris dans l’agro-alimentaire et l’envoi de 500 agronomes chinois expérimentés en Afrique pour un transfert de compétences, le développement de liaisons aériennes directes vers l’Afrique, la facilitation du commerce assortie de diverses exemptions pour les pays les moins avancés ( PMA), le renforcement des capacités et la formation dans la planification du développement avec la création de 10 ateliers d’innovation en Afrique et 50.000 bourses d’études ou encore 50.000 bourses de stages, un accompagnement dans le secteur de la santé, un soutien au service de la paix et de la sécurité avec la création d’un prochaine d’un fonds en faveur de la sécurité , l’aide militaire sans exigence de contrepartie nationale, l’instauration d’un forum Chine Afrique sur la paix et la sécurité, la mise en œuvre de 50 projets en matière d’aide militaire.
Le Forum de cette année a par ailleurs réaffirmé l’attachement et l’appui du partenariat Chine/Afrique à l’Organisation des Nations Unies et lancé un appel à la communauté internationale à œuvrer à l’application de l’Accord de Paris sur le climat. Le sommet a marqué son appréciation sur le dialogue promoteur entre les états africains et les pays émergents regroupés au sein des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), dont le dernier rendez-vous s’est tenu au mois de juillet dernier à Johannesburg. Les Etats africains et la Chine ont en outre salué l’ouverture à Beijing d’une Délégation Permanente de l’Union africaine au sein du corps diplomatique accrédité en Chine.

Faure Gnassingbé plaide pour un Mécanisme de suivi :
Intervenant à la table ronde des Chefs d’état et de gouvernement en marge du sommet, le président de la République a plaidé pour un mécanisme de suivi des objectifs et des résultats du FOCAC. Il a souhaité que les différents états travaillent à mettre en cohésion les cadres dont ils disposent pour stimuler le développement économique et social sur le continent. Notamment, l’Initiative « Ceinture et route », les Objectifs de Développement des Nations-Unies, l’Agenda 2063 de l’Union africaine ainsi que les stratégies nationales de développement.Et pour cause ! En 2015 à Johannesburg déjà, une série de mesures avaient été annoncées à travers un plan triennal avec la promesse du même montant qu’en 2018 : 60 milliards de dollars d’aide (environ 36.000 milliards de FCFA). Ils Ils se présentaient principalement sous forme de prêts, incluant 5 milliards de prêts à taux zéro et 35 milliards de prêts à taux préférentiels et étaient destinés à financer dix programmes de coopération sur trois ans dans plusieurs domaines notamment de l’agriculture, de l’industrialisation, de la réduction de la pauvreté, de la santé, de la culture, de la sécurité, de la protection de la nature ou encore du développement vert. Aucun mécanisme institutionnel n’existe aujourd’hui pour faire le bilan de la réalisation de cet important engagement, y compris pays par pays, secteur par secteur. Pour Faure Gnassingbé, il s’agit donc de corriger cette faiblesse.

Grande messe :
Le rendez-vous triennal pour consacrer la coopération économique entre le géant asiatique et l’Afrique qui a clôt ses travaux le 04 septembre dernier a réuni une cinquantaine de délégations africaines dont une quarantaine de dirigeants. Il a également vu la participation du Secrétaire Général de l’ONU, Antonio Guterres, de l’Union Africaine (UA) et de 26 organisations africaines et internationales. 27 sideevents dont la 6e Conférence sino-africaine des chefs d’entreprise ont été au total organisés Le point de départ s’est fait sous forme d’un panel de haut niveau entre les dirigeants chinois et africains et les représentants des milieux d’affaires et des bailleurs de fonds. Au cœur des échanges, l’initiative chinoise baptisée «la Nouvelle route de la soie ». Une coordination a été par ailleurs établie lors du Forum entre cette initiative chinoise, l’Agenda 2030 du développement durable de l’ONU et l’Agenda 2063 de l’Union africaine.

Que représente la Chine en Afrique ?

En deux décennies,la Chine est devenue le premier partenaire commercial du continent. Le volume du commerce entre les deux s’est établi à 170 milliards de dollars en 2017, progressant de 14% par rapport à l’année précédente. Non seulement le commerce sino-africain a été multiplié par 20, mais les investissements chinois ont passé la surmultipliée en 10 ans, selon un rapport publié en 2017 par McKinsey Africa.
Les relations Chine-Afrique se sont accélérées au cours des dix dernières années, avec une croissance des échanges d’environ 20 % par an, tandis que les investissements directs étrangers progressent encore plus vite, à un rythme annuel de 40 %. Derrière ces chiffres, une réalité du terrain qui traduit une forte présence des entreprises chinoises. Elles opèrent dans de nombreux secteurs de l’économie africaine. Près d’un tiers sont impliqués dans la production, un quart dans les services et environ un cinquième dans le commerce, la construction et l’immobilier. Dans le secteur manufacturier, 12 % de la production industrielle de l’Afrique, soit environ 500 milliards de dollars par an, sont déjà gérés par des entreprises chinoises. Dans les infrastructures, la domination des entreprises chinoises est encore plus prononcée et elles revendiquent près de 50 % du marché de la construction sur le continent, indique le cabinet américain.
Les investissements issus des entreprises privées connaissent donc une croissance rapide et deviennent progressivement une nouvelle force. De fait, le nombre d’entreprises à capitaux chinois en Afrique a dépassé les 10.000 et 80% d’entre elles appartiennent au secteur privé.

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