Boxe : les excès de pouvoir de Kelani Bayor

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Dans une note adressée le 10 septembre dernier à l’attention des présidents de clubs de boxe et des membres du bureau de la fédération togolaise de boxe, le président du Comité National Olympique du Togo ( CNOT), monsieur Kélani Bayor annonce l’organisation le 17 novembre prochain d’un congrès statutaire et électif de la fédération togolaise de boxe ( FETOBOXE) et en présente le cadre. A tort et illégitimement, au regard des statuts de cette fédération, dont les dirigeants actuels n’entendent pas acquiescer à ce qu’ils considèrent comme un excès de pouvoir.

Dans sa note, KélaniBayor indique que le CNOT assurera l’organisation du congrès statutaire et électif de la FTB.

Il rappelle les dispositions internes auxquelles les candidats doivent se conformer, les pièces devant constituer les dossiers de candidatures, les critères d’éligibilité ainsi que la date limite de dépôt des candidatures fixée au 17 octobre prochain à 17h. Il souligne que l’élection se fera poste par poste. Pour soutenir sa démarche, il évoque une réunion tenue CNOT le 03 juillet dernier « entre les acteurs de la boxe » et « dans le souci d’accélérer le processus devant conduire à l’élection d’un nouveau bureau exécutif de la FETOBOXE, suite à la sanction prise contre monsieur Toto Tesslimi, désormais ex-président de ladite fédération ». Il affirme que le Ministère de la Communication, en charge également des Sports a été concerté.

Violation flagrante des textes :

Aux termes des statuts de la FETOBOXE dont nous nous sommes procurés copie, en cas d’absence, d’empêchement ou de démission, le président est remplacé par les vice-présidents, au nombre de trois, dans l’ordre de présénce, selon les dispositions de l’article 33 alinéa 5. L’empêchement du premier responsable de la fédération n’entraîne donc pas comme l’allègue monsieur Bayor, convocation d’une nouvelle élection. Au demeurant, il y a lieu de s’interroger sur sa légitimité, fût-il président du CNOT, à prétendre organiser le congrès statutaire et électif, d’une fédération dont les instances sont encore en place, y compris la présidence, valablement pourvue sur la base des statuts. Il y a lieu de rappeler par ailleurs que c’est le Comité exécutif ou un nombre qualifié de membres de l’association qui convoquent l’assemblée générale, selon qu’elle soit ordinaire ou extraordinaire et qui seule, a compétence pour élire son instance dirigeante. En outre, en voulant organiser un scrutin poste par poste, monsieur Bayor mésestime l’article 28 des statuts qui stipule que le scrutin de liste est le mode retenu pour l’élection du Comité Exécutif de la FETOBOXE. « Dans ce cas, seule la personne en tête de liste est soumise au vote » précise la disposition. Au surplus, plusieurs dirigeants de la fédération assurent n’avoir pas été invités encore moins informés de la tenue de la prétendue réunion du 03 juillet évoquée dans la note. « Même au ministère, personne n’a assisté à cette fameuse réunion » nous a –t- confié. Dès lors, il y a lieu de s’interroger sur cette initiative polémique de Kélani Bayor qui a dirigé la fédération de boxe pendant presque deux décennies. Est-ce justement là où se trouvent les explications de ses manœuvres : continuer à contrôler une structure qu’il a quittée ? Surtout dans un contexte où il ne cache pas ses ambitions de postuler à la tête de l’AIBA, l’instance faîtière de la boxe mondiale et qu’il a besoin de s’assurer du soutien de sa fédération ?

« Cela fait partie des hypothèses » confie un de ses anciens collaborateurs. Dans tous les cas, beaucoup relèvent « cette obsession à surveiller et à sanctionner le cas échéant la FETOBOXE », y compris au mépris des textes, alors même que d’autres fédérations, dans la même situation, n’ont fait l’objet d’ « aucune démarche inquisitoire ».« Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements des cours vous rendront blanc ou noir » lance presque résigné l’ancien collaborateur, reprenant une célèbre citation de la Fontaine. A la remarque, il répond : « Je connais très bien Kélani( Bayor, ndlr). Je sais de quoi il est capable. C’est un spécialiste des coups de force qui aime récolter là où il n’a pas semé » confie-t-il.

En toute hypothèse, un bras de fer semble être inéluctable, les membres de l’actuel bureau seront nos sources, n’entendant pas « se coucher devant ce coup de force ».

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