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Caravane littéraire 2017 : Amener les livres et les auteurs vers la population

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Une caravane littéraire organisée conjointement par l’Association des écrivains du Togo, l’association FILBLEU et la délégation de l’Union Européenne au Togo, a sillonné du  27 février au 04 Mars 2017  cinq villes du Togo à savoir Dapaong, Kara, Sokodé, Atakpamé et Lomé. Elle a connu son apothéose à travers une soirée culturelle le samedi 05 Mars à la résidence de l’ambassadeur de l’Union Européenne à Lomé. 

Cette caravane composée  d’une dizaine d’écrivains togolais (Sami Tchak, Sophie Ekoué, Kangni Alem, Germaine Kouméalo Anaté, Koffi Boko, Alexandre Goli, Claude Assiobo Tis, Thérèse Karoué-Atchall, Koffivi Assem) et de la française Annie Ferret,  deux maisons d’édition (Awoudy et Graines de pénsées), du conteur Koffi Bessan ainsi que de la slameuse Wapondi, s’est soumise à la même cérémonie dans chaque ville où elle a posé ses valises à savoir des performances des artistes, des rencontres littéraires avec les élèves dans les écoles et des visites à la prison civile, pour parler de la littérature togolaise et faire découvrir les auteurs togolais à travers  la promotion de leurs oeuvres afin de, non seulement faire ressortir les valeurs de la lecture et de l’art mais aussi de se rapprocher de la population et leur montrer l’importance de l’industrie culturelle.

Cette caravane a permis aux écrivains de parler de leurs expériences aux apprenants, de leurs expériences et surtout de l’importance de la lecture qui est, selon eux, la seule clé du savoir et de la réussite. Et d’apporter un moment de joie aux prisonniers des différentes villes parcourues afin qu’ils s’évadent un tant soit peu de leur monde de détention à travers la lecture de certains extraits à eux faite.

Au cours des moments de partage et d’échanges fructueux avec les élèves qui n’ont pas caché leur joie d’avoir devant eux des écrivains togolais et surtout leur soif d’apprendre d’eux, les questions qui revenaient à chaque fois sont entre autres: Comment devenir écrivain, comment l’inspiration vient, le message et l’importance d’un livre et les difficultés auxquelles les auteurs sont confrontés dans leur vie.

Pour tous les auteurs à l’unanimité, la littérature traite de la condition humaine, et la base pour devenir un bon écrivain est la lecture. Et la lecture est un moyen par excellence pour s’ouvrir à d’autres horizons et se cultiver.

Pour Martin élève en classe de terminale au Lycée Nassablé de la ville de Dapaong « C’est ma première fois de rencontrer des écrivains togolais  et je n’ai jamais lu aucun de leur livre au cours de  mon cursus scolaire jusqu’à ce jour où je suis au lycée. Je me rends compte aujourd’hui qu’on a un grand écrivain comme Sami Tchak, un écrivain voyageur comme il l’a dit et je ferai tout pour lire son livre. Je ne savais pas du tout qu’il y avait des auteurs togolais et ne connaissais que Victor Hugo et André Gide et d’autres auteurs africains. Ce que j’ai appris c’est que pour devenir écrivain il faut d’abord lire beaucoup, chose que j’ignorais. »

Même son de cloche chez Paulin Bimizi élève du Lycée Tomdè à Kara et  1er prix du concours national de nouvelle 2016 : « C’est un grand honneur pour moi de me retrouver devant des auteurs togolais. Ils m’ont appris beaucoup de choses et je crois qu’avec leurs conseils je ferai plus d’effort pour beaucoup lire afin d’améliorer mes écrits et pourquoi pas devenir un jour un grand écrivain comme eux. Ce fut un réel plaisir de rencontrer des auteurs dont nous entendons parler. » Pour le proviseur du Lycée Tomdè  Kpanougou Minsaane : « Nous sommes très contents de cette initiative et nous avons accueilli très favorablement cette caravane car vous n’êtes pas sans savoir qu’aujourd’hui, la lecture est presque délaissée par nos élèves. Je crois que cette caravane en arrivant dans mon établissement avec des auteurs vivants qui parlent de leurs œuvres devant les élèves, ce serait un leit-motiv pour eux de lire. Je crois que si de telles initiatives peuvent se répéter ce serait une bonne chose ».

Tout comme Sami Tchak , Le proviseur Kpanougou ainsi que Claude Assiobo Tis le seul regret de la caravane est qu’on ait pas envoyé au préalable les œuvres qui ont fait objet de la caravane aux élèves afin qu’ils les lisent pour que les rencontres littéraies avec eux soient plus fécondes et auraient permis de mieux jauger leur connaissance en la matière.

En marge de la caravane, trois grands projets de développement à la base ont été lancés par l’ambassadeur de L’Union Européenne Nicolas Berlanga  à savoir 2ASPA à Naki-Est dans la préfecture de Kpendjal, le projet de renforcement de 25 communautés à la base dans leur rôle de maître d’ouvrage local en matière d’eau, d’hygiène et d’assainissement dans les préfectures de la Kozah et de la Binah et le projet ainsi que le programme d’appui au renforcement de la démocratie participative locale pour un développement durable dans le sud-est de la région des Plateaux. Ces lancements selon l’ambassadeur se justifient par : « le constat qui confirme une idée que j’ai depuis que je suis au Togo, à l’intérieur du pays au niveau communautaire, au niveau des groupes de femmes, des préfectures, des conseillers municipaux il y a une activité qui demande à participer dans le processus social de développement du pays. Il y a une potentialité qu’il faut savoir débrider. Et je crois que ce travail de base que l’Union européenne fait à travers les ONG avec l’appui des autorités qui connaissent parfaitement tous ces projets, je pense que ça va aider à renforcer et intensifier cet activisme de la base, de la part des femmes, des groupes communautaires pour apporter leur pierre dans le schéma de l’avenir du Togo. ». Il termine en rappelant qu’à part ces trois projets il y a une vingtaine d’autres du même type toujours financés par l’Union Européenne qui sont en cours actuellement au Togo.

Après avoir salué l’initiative de la caravane  et félicité les organisateurs, le ministre de la communication, de la culture, du sport, des arts  et de la formation civique  Guy Madze Lorenzo a fait remarquer que les techniques de l’information et de la communication prennent le dessus sur la lecture. Toute fois , « On peut combiner les nouvelles technologies et les beaux ouvrages. Lorsque vous arrivez dans une maison où il y a une belle bibliothèque vous voyez tout de suite quelle est l’atmosphère de la maison et les enfants qui réussissent ont des parents qui ont des bibliothèques et à qui on a donné envie de lire. Les parents ont aussi leur rôle à jouer car s’ils passent leur temps devant la télévision les enfants aussi feront la même chose. Mais si les parents prennent le temps de lire à côté de leurs enfants, de discuter avec leurs enfants de ce que l’enfant lit ou de ce que eux-mêmes lisent, et bien je crois que ça resserre les liens familiaux premièrement mais surtout ça édifie les enfants car ça leur amène l’esprit critique. »

Pour ce qui est du bilan de la caravane Claude Assiobo Tis secrétaire général de l’Association des écrivains du Togo (AET) : «Les impressions sont positives nécessairement puisque que c’est une grande première qui laissera des traces et qui va inspirer pour les prochaines années. J’ai été content de remarquer que sur le terrain les élèves ont soif de quelque chose et nous avons pu répondre à leur attente. Le bilan est positif à 90% et à chaque fois que nous sommes retrouvés devant des obstacles nous avons rebondi pour réadapter et ces situations fâcheuses souvent nous poussent dans d’autres directions qui nous permettent de mieux réorganiser parfois. L’objectif est largement atteint puisqu’il s’agit de rendre visible la littérature togolaise. Si c’était à refaire je crois qu’i faudrait une meilleure coordination entre le travail des écrivains et ceux des journalistes »

Quant à l’ambassadeur de l’Union Européenne Nicolas Belranga Martinez, il n’a pas passé sous silence son satisfécit  : « Je suis très  satisfait, nos attentes ont été dépassées largement. Ce qui m’a beaucoup impressionné c’est l’envie qu’on a rencontrée partout au niveau des élèves et des professeurs de parler de la littérature togolaise. L’autre aspect positif que j’ai apprécié est aussi le fait que les journalistes nous ont accompagnés, ça vous a permis de parcourir le pays d’équilibrer l’image que vous avez de Lomé et de l’intérieur du Pays. C’est une grande découverte de visiter les prisons car en effet le monde des détenus au Togo comme dans d’autres pays en Afrique est à découvrir pour se rendre compte que ce sont des gens qui doivent payer les fautes qu’ils ont commises mais ça veut pas dire de perdre leur humanité. A travers les contes, le slam, la littérature et d’autres expressions artistiques je pense qu’on peut soulager énormément la solitude des incarcérés. Je trouve aussi intéressant le fait de mélanger des actions de développement avec la caravane. Tout ça crée un monde, un micro-Togo  que nous avons habité pendant une semaine je pense que ça c’est très positif. Donc bilan exceptionnel et certainement l’Union Européenne sera très contente de participer à la caravane  littéraire 2018 et bravo à ceux qui ont contribué et participé à la caravane littéraire 2017.»

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