CONSTRUCTION DES MARCHES : VERS L’ECLOSION DU DEVELOPPEMENT DES COMMUNAUTES

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Le Président de la République Faure GNASSINGBE a inauguré le 21 otobre dernier, un nouveau marché à KOUGNOHOU.Au cœur du développement communautaire et jouant un rôle social avéré, l’installation des marchés est devenue une des pièces maîtresses de la politique  du Gouvernement envers les localités de la base. L’Agence nationale d’appui  au développement à la base (ANADEB)   est l’agence qui sert de bras financier dans sa réalisation. 

Kougnohou fait partie des toutes jeunes préfectures de notre pays (érigée en préfecture en 2009), une de ces zones qui ont été longtemps défavorisées en matière d’infrastructures socio-économiques et de développement. Pour une population de près de 62 245 habitants selon le dernier recensement, répartis dans neuf cantons, le seul marché important reste celui de Kougnohou, chef-lieu de la préfecture d’Akébou.

La population marchande a été estimée à 4000 personnes venant des préfectures des autres régions du Togo et même des pays limitrophes. Kougnohou constitue par ailleurs un des greniers du Togo en termes de produits fruitiers et des tubercules.

Le marché réalisé à Kougnowou, selon l’Agence nationale d’appui au développement à la base (ANADEB),  comporte 648 places avec 8 hangars préfectoraux et 6 hangars cantonaux, 3 magasins de stockage, 12 boutiques, un bloc de latrines, un bloc administratif, une boucherie et un dépotoir intermédiaire. Il est également équipé d’un forage d’eau. Le coût total de l’ouvrage s’élève à trois cent quarante et un million huit cent soixante-neuf mille huit cent vingt-six francs (341 869 826) cfa.

Ce marché n’est qu’une infime partie de tout ce dont cette localité, située à 600 m en altitude (hauteur), a besoin pour enclencher un véritable développement. Et au-delà de Kougnohou, les besoins sont les mêmes partout ailleurs dans notre pays selon Mme KATANGA  Eléonore, directrice générale par intérim de l’ANADEB. « ANADDEB a    sur sa table plus de 1068 demandes des communautés du Togo dont 134, rien que pour cette année 2016 », a-t-elle déclaré.

Réponse efficace au développement

A l’instar de Kougnohou, les marchés jouent un rôle non négligeable dans le développement des localités et l’épanouissement de leurs habitants.

Pour Mme Katanga , « le marché en lui seul est un poumon social au sein de nos communautés à la base.  En le modernisant, il devient donc un outil d’éclosion du développement de la contrée qui l’abrite. L’érection d’un marché moderne, comme ceux qu’ANADEB construit depuis 2012, entraine dans sa mise en place l’accès aux services sociaux de base comme l’électricité, l’eau entre autres ».

En construisant un marché, c’est donc tout un kit, une panoplie de services de l’Etat  mobilisés au profit de la communauté bénéficiaire. La construction d’un marché moderne apparaît  donc comme un coup de fouet donné au développement socioéconomique de la localité.

Dans le même sens,  la FAO( organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), dans un manuel de planification des marchés élaboré par le département de l’agriculture, estime que de nombreux projets de construction de marchés se justifient par une réduction des pertes de production, du fait que les produits agricoles sont évacués plus vite et qu’ils sont mieux acheminés vers des lieux de vente améliorés. On parle parfois d’une réduction des pertes de production en valeur de l’ordre de 6 à 10%,

Il est nécessaire toujours selon la FAO de construire des stands couverts, de meilleures installations d’entreposage ou des protections contre l’inondation des lieux de vente durant la saison des pluies (ce qui arrive dans de nombreux pays), car ce sont là des mesures qui peuvent très certainement contribuer à ramener les pertes de l’après-récolte à des niveaux plus acceptables. Le marché de Kougnohou répond bien à ce besoin. Ainsi, selon la directrice de l’ANADEB,  ce   nouveau marché  constitue , de par son architecture,  une réponse efficace aux problèmes d’intempéries, de vétusté et d’exiguïté auxquels étaient confrontés les commerçants  dans l’ancien marché.

Lieu social : 

Au-delà de sa définition économique comme étant un lieu de rencontre et d’échanges de l’offre et de la demande, le marché, dans la réalité africaine, constitue une vaste plateforme de partage communautaire mais également de brassage socioculturel. Le jour du marché est le jour des grandes affluences, c’est également le jour des grands évènements, bref le jour du marché est un jour de fête et le plus long au village. Autour du marché du village, s’organisent diverses activités connexes et parallèles.

A Tsévié, une localité située à 34 Km de Lomé, un marché s’anime deux fois dans la semaine. Il  a presque les mêmes caractéristiques que les nouveaux marchés construits par l’ANADEB.  Un boucher rencontré sur place nous a confié  que sans le marché, la population ne pourrait pas survivre.

Construit depuis l’époque coloniale et rénové par le gouvernement en 2003, il est un cadre par excellence des échanges.  «  Avec le marché, on arrive à échanger nos produits contre de l’argent. Ce qui nous permet d’acheter d’autres biens venus d’ailleurs pour nous-mêmes et pour nos enfants»,  résume-t-il. Une femme revendeuse de haricot  nous confie  également : « dans ce marché, nous trouvons des choses qu’on ne produit pas ici à Tsévié. Si vous voyez des produits transformés, c’est que ça vient de Lomé. En période de haricot par exemple, c’est de Notsé  que Tsévié s’approvisionne. Et de-là, certaines localités viennent  s’en procurer aussi. Ce marché fait de notre localité un carrefour ».

Financement

La construction des marchés  est financée à 95% sur le budget de l’Etat et à 5% par les communautés. La contribution des communautés n’est pas financière mais elle est plus en nature à travers l’exécution des travaux  d’aménagement du site, le convoiement de sables et de l’eau pour la construction etc.  Dans l’exécution des chantiers, ANADEB insiste ,  sur l’utilisation de la main d’œuvre locale. Le  chantier de Kougnohou  a permis, par exemple, de fournir des emplois temporaires à une main d’œuvre locale de plus de deux cents personnes.

Une fois réalisée la gestion des marchés est confiée aux autorités locales avec les organisations évoluant dans le marché.

Pour sa directrice par intérim, la mission fondamentale de l’ANADEB est d’assurer la réussite de la mise en œuvre de la Politique Nationale de Développement à la Base (PNDB) dont l’objectif principal est de contribuer à la lutte contre la pauvreté.

A ce titre, ANADEB est investie de veiller à l’intégration de la dimension développement à la base dans l’ensemble des politiques, plans, programmes et projets de développement ayant cours dans le pays.

Elle ajoute que la  vision de l’Agence est d’assurer durablement à l’horizon 2032, un accès universel de toutes les communautés et organisations à la base du Togo au minimum vital commun.

A ce titre, ANADEB est donc appelée à jouer non seulement un rôle de veille mais aussi d’impulsion des actions dont le déploiement est de nature à préparer le terrain pour une décentralisation réussie telle que voulue par les plus hautes autorités.

Il faut noter que les actions exécutées par ANADEB prennent en compte les différents aspects de l’aménagement du territoire, dans le souci de contribuer à la réduction des déséquilibres inter et intra régionaux.

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