DIALOGUE : NANA AKUFO ADDO ne recevra pas la coalition des 14.

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Annoncée par les médias et certains responsables de la coalition des quatorze partis politiques (C14) de l’opposition togolaise, la rencontre entre celle-ci et le président ghanéen Nana Akufo Addo le 22 mai dernier a finalement avorté. Selon nos informations, c’est à la demande des opposants togolais que ce rendez-vous aurait été envisagé. Et sans en avoir la confirmation, la C14 s’est précipitée pour l’annoncer, au mépris des règles protocolaires et alors que l’agenda du numéro 1 ghanéen ne le permettait pas.

Elle serait annonciatrice de la reprise du dialogue inter togolais, au point mort depuis deux (2) mois. Confirmée par Nathaniel Olympio du Parti des Togolais, une rencontre aurait été prévue mardi dernier à Accra, entre Nana Akufo Addo et une délégation de la C14 avant d’être finalement reportée sine die. En réalité, c’est les leaders de l’opposition togolaise qui ont souhaité rencontrer le numéro ghanéen en vue de relancer les discussions. Leur hôte a marqué un accord de principe sans pour autant validé par les procédures habituelles la date et l’heure. Ce qui n’a pas empêché certains membres de la coalition de s’épancher auprès des médias sur la tenue de ce rendez-vous. Finalement, « elle aura bien lieu à une date qu’indiquera dans les prochaines heures ou jours, les services de la présidence ghanéenne » confie notre source. Un couac qui traduit bien la peur panique qui règne dans les rangs de la coalition, face à une démobilisation certaine de ses  militants et la volonté affirmée du pouvoir d’aller vers des consultations électorales, dans les délais constitutionnels.

ENTRE MARTEAU ET ENCLUME.

Pour l’opposition, ça urge. Deux mois que les facilitateurs n’ont plus donné signe de vie. Et depuis le  sommet de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest ( CEDEAO)  tenu à Lomé le 14 avril dernier dont le communiqué leur est plutôt défavorable, la situation semble leur échapper. Complètement : la mobilisation faiblit au point où les leaders en étaient arrivés à suspendre temporairement les appels à manifester, en évoquant des raisons sécuritaires pour masquer la réalité, tandis que le pouvoir semble décidé à organiser les élections législatives et locales. Cette volonté a été confirmée par le Chef de l’Etat Faure Gnassingbé dans son adresse à la nation à l’occasion de la célébration de la fête de l’Indépendance le 27 avril et soutenue par le Groupe des 5, notamment l’ambassadeur d’Allemagne au Togo qui en appelle à l’expression populaire pour trancher la crise actuelle. De fait, la C14 a senti l’urgence et l’absolue nécessité de sortir de l’impasse dans laquelle elle s’est enfermée, avec des revendications et des positions maximalistes comme la démission du Président de la République ou sa non candidature en 2020, qui bloquent l’avancée des discussions. Or sa marge de manœuvre est bien étroite.  Soit elle continue de maintenir sa position actuelle et elle court le risque de voir les élections s’organiser sans elle avec toutes les conséquences politiques qui peuvent en découler ( ne pouvant pas se permettre de n’avoir aucun élu ni dans le futur parlement ni dans les exécutifs et assemblées locaux).  Soit  elle renonce aux postures improductives et consent à s’inscrire dans le processus électoral, donnant ainsi l’impression de se dédire et de capituler, ce que ne manquera pas de relever et de condamner prestement sa franche la plus radicale, issue essentiellement de la diaspora, du  Parti Nationaliste Panafricain de Tikpi Atchadam, et de quelques micro partis  qui ont fait du radicalisme leur fonds de commerce pour exister, à l’instar du parti Les Démocrates de l’éphémère député Habia Nicodème, de Togo Autrement de l’ex-confrère Fulbert Attisso ou encore du Parti des Togolais de Nathaniel Olympio. Ce qui explique donc d’une part l’empressement de la C14 à prendre langue avec le facilitateur ghanéen pour évoquer avec lui un schéma de sortie de crise sans grands dégâts pour son image,  et d’autre part   sans doute les réunions et meetings des partis politiques membres de la C14 sur le terrain,   en rangs dispersés et chacun sous sa propre couleur. Confirmant ainsi que malgré les discours et les cris d’orfraie qu’ils poussent quand on leur pose la question, la participation de certains d’entre eux aux futures compétitions électorales relève d’une forte probabilité. Reste à l’habiller politiquement et médiatiquement. Mais cela est une autre histoire, dans laquelle ils excellent à la raconter.

 

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