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Dialogue politique : La méthode du CAR

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On peut considérer que ses propositions soient régulièrement parmi les meilleures sur l’échiquier politique et relativement à de multiples sujets. Mais le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR), empêtré souvent dans des contradictions et hanté par le populisme qu’exalte la rue, les assume peu jusqu’au bout. L’idée avancée par son président Me Yawovi Agboyibo , relevant au minimum du simple bon sens , mais pourtant fraîchement accueillie par ses pairs, en est la parfaite illustration.

Le 02 juin dernier, au sortir de la séance de travail qui a réuni autour d’une délégation de la Commission de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest ( CEDEAO) tour à tour les leaders de la Coalition des 14 partis de l’opposition ( C14), les membres de l’Union pour la République ( UNIR) et des représentants du gouvernement, Me Yawovi Agboyibo s’est confié à nos confrères d’Afreepresse. Selon lui, au-delà des difficultés à rapprocher les points de vues des protagonistes de la crise sur des questions essentielles, la cadence ralentie des rounds de discussions tient aussi à la configuration même du cadre du dialogue. Qui repose principalement sur les épaules du facilitateur ghanéen, Nana Akufo Addo qui doit parallèlement, assumer et assurer les lourdes tâches de chef d’état du Ghana.

De fait, le président du CAR a-t-il révélé que dans un courrier adressé le 21 mai aux autres partis de la coalition, il a proposé que le format du dialogue soit revu de telle sorte que les points inscrits à l’ordre du jour soient discutés dans un premier temps, en présence des représentants des facilitateurs, entre les protagonistes sous la direction d’un bureau constitué d’un commun accord par les deux parties et qu’en cas de désaccord persistant sur un ou plusieurs points discutés, il soit fait appel au facilitateur. Cette proposition somme toute logique et qui, en terme de méthodologie aura pour vertu d’accélérer le rythme d’un dialogue dont la qualité première n’a pas été jusque-là la rapidité alors qu’il était prévu pour ne durer initialement que quelques jours, a été rejetée par plusieurs membres de la C14, à la tête desquels l’Alliance Nationale pour le Changement ( ANC). «
«A croire que certains ne sont pas pressés d’en finir avec cette crise qui n’a que trop duré » se désole –t-on du côté du CAR. Où on relève que cette méthodologie n’enlève en rien aux positions ou aux revendications posées depuis le début sur la table. De fait, la proposition n’a pas pu être présentée à la Commission de la CEDEAO ni à UNIR ou au gouvernement. Toutes les parties sont désormais suspendues aux décisions et recommandations que fera la CEDEAO dans les prochains jours et qui seront dit-on contraignantes car comme l’a relevé à juste titre l’ancien Premier ministre, contrairement au dialogue national de 2006, celui ouvert le 19 février échappe entièrement désormais à la maîtrise des Togolais. La faute à l’absence d’un minimum de consensus et à la persistance d’une situation dont nos voisins ne peuvent plus s’accommoder.

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