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ENTREPRENEURIAT :Quel est le profil type de l’entrepreneur Togolais ?

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Le Togo promeut l’entrepreneuriat comme un levier d’insertion sociale, multipliant projets et programmes. Mais à ce jour, il n’existe pas de véritables études sur le sujet. Des chercheurs de la Faculté des Sciences Economiques et de Gestion ( FASEG) de l’Université Lomé viennent de combler cette insuffisance en publiant les résultats d’une enquête financée par Trust-Africa et effectuée auprès de trois cent (300) entreprises à Lomé en juin 2017

Selon les résultats de l’enquête, montrent 83,56% des promoteurs enquêtés sont de nationalité togolaise contre 12,34% de nationalité étrangère. L’enquête révèle que les hommes (82,27%) entreprennent plus que les femmes (17,73%). Il faut aussi remarquer que les créateurs d’entreprise dépasse majoritairement 40 ans, l’âge maximal actuel d’entrée à la fonction publique au Togo, autrement dit les jeunes (39,13%) sont moins entreprenants. La plupart des entrepreneurs n’ont pas une expérience entrepreneuriale avant la création de leur boîte. Le niveau d’instruction des promoteurs est le niveau supérieur (37,25%) et il faut observer que beaucoup n’ont pas reçu de formation professionnelle après leur diplôme. Les marchés locaux leur sont plus accessibles que les marchés nationaux et internationaux. En effet, 70,57% fonctionnent sur le marché local contre seulement 20,07% qui opèrent sur le plan national et 9,36% qui arrivent à accéder au marché international.

Les informations de cette enquête font comprendre qu’ils n’adoptent aucune stratégie pour développer leurs entreprises puisque près de 43% de ces promoteurs estiment qu’ils ne développent aucune démarche stratégique à cet effet. « Etre indépendant » et dans une moindre mesure « perception d’opportunité de marché (ou profiter d’une opportunité d’affaires sur le marché) » sont les raisons principales qui ont motivé les promoteurs à entreprendre.

Quelles entreprises ?

Il ressort de cette enquête que la plupart des entreprises sont des établissements qui représentent 65,89% du total des entreprises enquêtées. Les Sociétés à Responsabilité Limitée (SARL) ou les SARL unipersonnelles (SARLU) constituent près de 28,09% des entreprises enquêtées. Le commerce est la principale branche d’activité dans laquelle ces entreprises opèrent (72,73%). Les branches Communication /Télécommunication et Banques/Institutions financières occupent respectivement seulement 4,04% et 1,69% de ces entreprises. Une analyse bivariée entre ces deux variables montre que la majorité des établissements évoluent dans le commerce ou dans la branche Communication /Télécommunication alors que dans la branche Banque/Institution financière, ce sont les SARL/SARLU et les Sociétés Anonymes (SA) ou Sociétés Anonymes Unipersonnelles (SAU) qui y opèrent.

Le plus souvent, les créateurs eux-mêmes (79,93%) dirigent leurs firmes. D’autres préfèrent faire confiance à un manager externe (9,03%). Les dirigeants familiaux successeurs aux créateurs ou dirigeants à dominance familiale constituent 5,01%. Sur 299 entreprises qui ont répondu, 225 ont leurs fonds propres comme ressources financières, 57 disent avoir emprunté auprès d’une institution financière, 10 ont vendu des actions aux salariés de l’entreprise et 7 ont eu recours à d’autres natures. Il est à noter que beaucoup de firmes ont débuté avec une à deux personnes dans 55,85% des cas. Une proportion de 27,09% a débuté avec 3 à 4 personnes. Celles qui ont commencé avec un effectif au moins égal à 10 sont au nombre de 15. Mais beaucoup de ces entreprises qui ont débuté avec une ou deux personnes se sont vues élargies par après.

Par ailleurs 40 entreprises sont une filiale d’une entreprise étrangère, soit 13,38%. Une forte proportion de firmes déclare qu’elle n’est pas en réseau, 13,71% sont en réseau national et seulement 5,69% sont en réseau international. Beaucoup d’entrepreneurs (85,86%) affirment que les locaux de l’entreprise sont loués.
Pour quelles difficultés ?

De nos jours, même si l’Etat fait des efforts louables pour créer un climat d’affaire propice pour les investisseurs au Togo et accompagner des jeunes diplômés dans leur période de transition de l’école vers la vie active à travers des programmes tels que AIDE et des subventions pour promouvoir l’initiative privée, l’entrepreneuriat reste encore à l’étape embryonnaire au Togo. Il est aussi d’actualité que les structures qui s’occupent de la question de l’emploi et des conditions de travail puissent commencer par faire des analyses et études approfondies pour informer le public sur les opportunités d’affaires et bien d’autres thèmes.

Une faible proportion des répondants, soit 21,02% pensent pouvoir créer leur entreprise en moins d’un an. Ceux qui ne peuvent pas le faire avant un an évoquent en majorité le manque de moyens (82,46%). Pour d’autres, ils ne sont pas encore prêts par manque de temps ou de volonté.(5,85%) ou par manque de nouveau marché à explorer (4,97%) ou encore par manque d’expérience (4,39%). A la question de savoir, quels sont les principaux atouts dont les potentiels créateurs disposent, beaucoup évoquent un climat d’affaires favorable (35,43%) et dans une moindre mesure un capital social favorable (19,69%) ou un nouveau marché (19,42%). Par contre, un accès difficile au crédit (61,45%), une fiscalité défavorable (12,62%) et une concurrence (12,15%) constituent les véritables défis auxquels ils font face.

L’enquête révèle que la plupart des potentiels créateurs n’ont pas travaillé dans une entreprise auparavant ni n’ont aucune expérience ni dans la création, ni dans le management. Ceux qui ont acquis une expérience dans la création ont moins de 5 ans d’expérience, soit 69,57% et ceux qui ont acquis une expérience managériale ont aussi moins de 5 ans d’expérience, soit 75%. Les potentiels créateurs veulent en majorité opérer dans la branche Commerce et dans une moindre mesure, dans la branche Communication/télécommunication.

La branche Agriculture, malgré sa contribution importante au Produit Intérieur Brut, semble être une branche désintéressée puisque seulement moins de 6% s’y intéressent.

En conclusion, les différents résultats de cette enquête montrent que les potentiels créateurs sont jeunes et généralement n’ont pas d’expérience ou ont peu dans la création et dans le management. De plus, il est aussi révélé qu’ils sont confrontés au manque de moyens et que les crédits sont difficiles à obtenir.

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