FNFI :Quatre ans après, l’inclusion financière en marche

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Parti de la vision de contribuer de manière significative à repousser les frontières de l’exclusion financière à l’endroit des populations les plus pauvres, le Fonds National de la Finance Inclusive(FNFI) a été lancé en 2014 à Kara par le Président de la République Faure Gnassingbé. La mise en place de ce mécanisme visait aussi à parvenir à éliminer la pauvreté sur la base d’une inclusion financière en apportant une solution durable aux contraintes spécifiques d’accès des populations, surtout pauvres des zones rurales très reculées et souvent exclues des systèmes classiques de financement. Un bilan rendu public le 13 avril dernier, par le Directeur général du Fonds, Yves Manawe Gnaba, témoigne par rapport aux crédits octroyés et aux populations touchées, du chemin parcouru après quatre années d’opérationnalisation.

Au total, 1 448 456 microcrédits ont été octroyés pour un montant total de 72,8 milliards de Francs CFA mobilisés et plus de 800.000 bénéficiaires répartis sur environ 85% des villages togolais. En termes de mobilisation de ressources, le FNFI a reçu de l’Etat de 2014 à 2017 un montant de 32, 118 milliards de FCFA et 10 943 milliards provenant des partenaires techniques et financiers, qui ont permis de faire les opérations de crédit et d’assurer le fonctionnement du fonds. Les remboursements des crédits ont tout de même permis de renouveler une partie du fonds.

A l’analyse, le directeur du fonds affirme qu’en « quatre années d’opérationnalisation, le FNFI est solidement intégré dans le paysage financier, et reconnu au plan national et international ». Avant de préciser que le FNFI peut se prévaloir d’être une « institution par excellence de la promotion de la finance inclusive ».
Sur le terrain, le FNFI à travers son mode opératoire du « faire-faire », a lancé depuis son opérationnalisation six (6) produits de crédits que sont l’APSEF (Accès des Pauvres aux Services Financiers), l’AGRISEF(Accès des Agriculteurs aux Services Financiers), l’AJSEF (Accès des Jeunes aux Services Financiers), le PAIFFV (Projet d’Appui pour l’Inclusion Financière des Femmes Vulnérables), le PAS (Produits d’Accompagnement Spécial), et le PS (Produits Saisonnier) en plus d’un produit transversal dénommée ASSUR- FNFI, tous mis en œuvre sur le terrain par les Prestataires de Services financiers (PSF) par le biais d’une convention de partenariat et de performance.
Ces différents types de crédit variant de 30 000 pour le cas de l’APSEF à la première souscription à 300 000 F FCA pour l’AJSEF, ont permis aux bénéficiaires de démarrer ou de consolider leurs activités génératrices de revenus.

Le bilan des quatre années d’opérationnalisation fait aussi ressortir l’état des remboursements des crédits octroyés et des renouvèlements de crédits.

UN TAUX MOYEN DE REMBOURSEMENT SATISFAISANT MALGRE LES DIFFICULTES

Les crédits octroyés à travers le FNFI ne sont pas des dons comme beaucoup se sont trompés à l’interpréter, mais des fonds à rembourser. Ainsi en termes de remboursements, le bilan du FNFI affiche des taux satisfaisants malgré les difficultés liées parfois à la mauvaise foi de certains bénéficiaires et aux contre-performances liées au produit AGRISEF imputés aux aléas climatiques.

Selon le rapport, le taux de remboursement moyen des PSF vers le FNFI de 2014 à 2017 est passé de 100% en 2014 à 93,7 % en 2015. A la date du 31 mars 2018, ce taux de remboursement est de 92,8% tandis que le taux moyen de remboursement des bénéficiaires vers les PSF est passé de 93 % en 2014 à environ 81,3% en 2016. Ces chiffres sont nuancés avec des taux de remboursement de 100 % enregistrés dans certaines zones notamment dans la région des Savanes.

Le bilan révèle aussi que les remboursements des bénéficiaires ont permis en partie de faire 586 645 renouvellements de crédits témoignant de l’efficacité du mécanisme de la finance incluse porté par le FNFI. En effet, ces statistiques appréciées sont dûes aux stratégies mises en place par l’équipe dirigeante du FNFI.

« Nous sommes parvenus à ces résultats grâce au professionnalisme avec lequel nous avons mené les actions sur le terrain. Et surtout par notre mode opératoire qu’est le faire-faire où le crédit n’est pas fait par nous-même mais par des institutions de micro finances qui sont à proximité des populations… Nous avons aussi mis en place un mécanisme de suivi sur le terrain qui nous permet de réagir dans une rétroactivité permanente à ce qui n’a pas marché », confie monsieur Gnaba.
Le remboursement occupant une place de choix pour garantir la mobilisation des ressources et assurer par ailleurs le renouvellement des crédits, le FNFI s’est engagé à intensifier les sensibilisations et accompagnements des bénéficiaires pour qu’ils cernent mieux le mécanisme et qu’ils remboursent plus facilement les crédits.

DE BONNES PERSPECTIVES EN 2018

Depuis 2014, le FNFI contribue progressivement à lever les barrières invisibles qui empêchaient certaines franges de la population d’accéder aux crédits financiers pour lancer ou relancer leurs activités génératrices de revenus.

Courant l’année 2018, qui est la dernière de la première phase de 5 ans de mise en route de ce fonds à l’initiative du chef de l’Etat, l’accent sera mis selon le dirigeant du FNFI sur la qualité des services dans un contexte de consolidation des actions et de la poursuite de l’inclusion financière.

Un nouveau produit dénommée « Produit d’équipement agricole » pour la région des Savanes en phase pilote sera lancé au cours de cette année. La phase pilote du guichet refinancement dans le cadre du mécanisme de facilitation de l’articulation entre les SFD et les banques, sera opérationnel.
Il sera procédé également à la mise en œuvre de l’étape I de l’Accord de prêt du Projet d’Appui à la micro finance au Togo approuvé en décembre 2017 par la BID et de la mise en œuvre de la composante Financement du Projet National de Promotion de l’Entreprenariat Rural (PNPER) dans le cadre du changement de l’ancrage institutionnel.

Le FNFI envisage aussi la poursuite de la mobilisation de ressources financières, la mise en œuvre des produits en vue de toucher de nouveaux bénéficiaires. Le fonds accompagnera les PSF à travers des mécanismes de facilitation et de sécurisation, sans oublier le suivi et le contrôle des activités. La digitalisation des services financiers sera aussi au cœur des grandes actions à mener courant 2018.

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