Accueil A la une ‘‘GAYMAN’’:Psychose et crise de nerfs entre Togolais et Béninois

‘‘GAYMAN’’:Psychose et crise de nerfs entre Togolais et Béninois

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On est réellement sur la corde raide. Depuis la confirmation par les autorités togolaises de l’arrestation d’un groupe de jeunes béninois soupçonnés d’appartenir au réseau des « gay man » et en fuite sur notre territoire, une psychose s’est emparée de la population, alimentée quotidiennement par les réseaux sociaux. On est de plus en plus proche de l’incident malheureux avec de fortes chances que cela dégénére en un conflit entre citoyens Béninois et Togolais, tellement les rumeurs et les fake news, de chaque côté de la frontière mettent à rude épreuve, la coexistence jusque-là pacifique.

C’est d’abord la presse béninoise, relayée ensuite par les réseaux sociaux et les médias togolais qui s’est émue de la fuite au Togo de jeunes, soupçonnés par les autorités de leur pays, d’appartenir au réseau des « gay man ». Ceux-ci sont des cybercriminels qui auraient fait allégeance à des fétiches, notamment l’entité dénommée « Kinissi », ( femme du lion) qui réclamerait du sang humain en sacrifice pour exaucer les vœux que lui adressent ses adeptes. Ces « gay man » ont semé la terreur pendant plusieurs semaines dans les villes béninoises avant selon les rumeurs, de trouver refuge au Togo, poursuivis par la police de leur pays.
De fait, le 05 avril dernier, une opération des forces de l’ordre et de sécurité togolaises, en collaboration avec leurs homologues béninoises, conduit à l’arrestation dans plusieurs quartiers de Lomé, de treize individus dont trois femmes, tous ressortissants du Bénin. Ils ont été rapidement extradés vers leur pays, « en application des accords de coopération en matière de police criminelle » a précisé le directeur de la police nationale, Mawuli Têko Koudouovoh.

RITUEL ET SACRIFICES HUMAINS.

Quelques heures seulement après cette extradition, deux jeunes étaient lynchés et brûlés vifs par des zémdijans, qui les soupçonnaient d’avoir tenté d’enlever une maraîchère dans un jardin potager près de l’école de Kpogan Agbétiko à quelques mètres de la route, sans que cette accusation ait été confirmée de source officielle à ce jour. Depuis, alors que les autorités de police n’ont pas soutenu que des rituels fétichistes à base de sacrifices humains aient été pratiqués par les jeunes béninois extradés, ( le commissaire Koudouovoh indiquant même que l’enquête à ce jour n’a jamais prouvé qu’ils aient commis des crimes de sang ou crimes de tout ordre sur le territoire togolais), les rumeurs vont aller bon train. Les fake news aussi. Ça et là, on annonce la découverte de corps, victimes de sacrifices, tous attribués aux « gay man » venus du Bénin. Bien évidemment, sans preuves. A tel point que le Mouvement Martin Luther King s’est indigné à travers un communiqué le 06 avril dernier, mettant en garde les auteurs de ces fake news. L’association du pasteur Edoh Komi dénonçait ainsi des informations mises en audio sur les réseaux sociaux et suivies de corps macabres et inanimés, présentés comme ceux d’enfants, victimes de tueries massives de gay man, qui auraient organisé une soirée festive dans la ville. Après recoupement et vérification, il s’est avéré que les images relevaient d’un montage grossier et grotesque. Malgré tout, une psychose s’est installée au sein de la population, et tout Béninois devient dès lors un « présumé gay man » et un «lynché en sursis ».

INDIGNATION BENINOISE :

Bien évidemment de l’autre côté de la frontière, on s’émeut de la situation. Surtout après la diffusion de l’ insoutenable vidéo de la scène du lynchage des deux individus présentés comme des Béninois. De fait, révoltés par les images, certains menacent de s’en prendre aux Togolais vivant sur leur sol, en guise de représailles. Une vidéo a d’ailleurs circulé en début de semaine sur les réseaux sociaux, présentée comme la vendetta des zémidjans béninois sur un Togolais. Heureusement, il n’en était rien.

Reçu le 08 avril dernier sur la chaîne de télévision CANAL 3 -Bénin, le directeur de la police républicaine, le général Nazaire Hounnonkpè a été formel. « l’ information du lynchage de deux Béninois au Togo est une vraie fausse information; une intoxication, rien de plus ». A l’ en croire, aucun béninois n’est menacé sur le territoire togolais. « …Je crois que j’ai suffisamment échangé avec les autorités togolaises et les autorités de la police togolaise; il n’en est rien, il n’en est absolument rien« , a martelé Nazaire Hounnonkpè. Selon lui, cette information est la récupération d’une situation de fragrant de vol à Lomé.

Une situation de fragrant de vol au cours de laquelle la population togolaise en colère a brûlé les deux malfrats.. « …ces personnes ne sont pas des Béninois; rien ne prouve qu’ils sont des Béninois et ceux qui publient ces intoxications sont les seuls à savoir pourquoi ils cherchent à diviser deux pays frères » a rassuré le général. Pas sûr pour autant que la psychose s’estompe avec cette sortie ou que la guerre des nerfs s’arrête.

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