Gerry Taama relativise les sondages d’Afrobaromètre.

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Dans une tribune rendue publique ce jour, le leader du Nouvel Engagement Togolais ( NET) Gerry Taama, a livré son analyse sur les résultats du sondage Afrobaromètre, réalisé par le Center for Research and Opinions Polls (CROP), qui fait couler beaucoup d’encre depuis plusieurs jours.

Pour l’ancien le président du NET, il faut savoir raison gardée par rapport à ce qui est considéré comme l’expression de l’opinion car souligne t-il, « la confrontation des sondages à la réalité n’est pas toujours heureuse. » Pour étayer sa position, il cite l’année 2014 où les mêmes sondeurs avaient assuré que les Togolais voulaient une limitation à deux du mandat. « Nous sommes allés à des élections présidentielles en 2015. Logiquement, ce peuple devrait sanctionner celui qui briguait un troisième mandat. Mais étant donné que les 4 candidats de l’opposition (moi y compris) n’ont toujours pas prouvé qu’on les a volé, nous sommes obligés bien malgré nous de convenir que ce même peuple a voté à 60% de taux de participation. Et que 55% de ces votants ont choisi Faure Gnassingbé. Ça, c’est un fait » relève t-il.
Se fondant sur son expérience à la tête de l’agence Moffi, ses connaissances en sociologie et sa maîtrise de l’informatique et de la gestion des données, il fait trois observations par rapport aux résultats Afro baromètre.
– Les Togolais sont moins prolixes quand il s’agit de se confier sur des sujets politiques. Les plus spontanés sont , notamment dans les milieux ruraux, des personnes plutôt frondeuses. Les sondeurs devraient donc tenir compte de cette réalité sociologique.
– Les membres et sympathisants du parti au pouvoir
parlent peu, par discipline. « Si vous arrivez dans mon village à Siou, et vous commencez à vouloir poser des questions qui abordent les sujets politiques, les militants d’Unir vont partir. Ils sont prévenus depuis fort longtemps à ne pas parler aux étrangers et aux journalistes. Ceux qui vont répondre à vos questions sont soit des indépendants, ou des frondeurs (donc plus proches de l’opposition). Et suivant le milieu où ils vivent, ils vous diront qu’ils sont soit du pouvoir ou de l’opposition. Dans beaucoup de villages de l’intérieur, il est bien vu de dire qu’on est proche du pouvoir. C’est souvent une garantie de tranquillité. Après, c’est la nature des réponses qui traduit la proximité avec Unir ou non. Aucun vrai militant d’Unir n’ira se prononcer sur la non-candidature de Faure en 2020: trop dangereux. L’erreur que l’interprétation de ses résultats peut avoir est de penser que les Togolais votent de façon objective, selon leur conscience, alors que dans beaucoup de cas, c’est selon les consignes du chef canton, du préfet, du ministre, du directeur, des cadres du villages et du frère ou sœur qui a réussi et qui paie l’écolage des petits frères et les ordonnances médicales. Point » détaille –t-il.

– La technicité des questions. L’ancien lieutenant des Forces Armées Togolaises ( FAT) pense que la question du retour à la constitution de 1992 ou de la non candidature de Faure Gnassingbé sont relativement complexes pour bon nombre de compatriotes à l’intérieur du pays, pour qu’ils en saisissent la portée.

In fine, selon lui, bien que « ces sondages soient réalisés avec un professionnalisme à toute épreuve, les résultats ne sont pas toujours exploitables sans y ajouter une grosse dose de pondération ».

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