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COP 21 : la diplomatie togolaise s’active à Paris

Le président togolais participe depuis le 30 novembre aux travaux de la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP 21). Une rencontre à laquelle le numéro Un togolais a tenu à participer pour faire entendre les doléances des pays en développement lors des négociations qui se poursuivent jusqu’au 11 décembre.

 

« Faure Gnassingbé est allé à l’essentiel », a estimé lundi 30 novembre au Pavillon africain, un diplomate sénégalais qui venait d’assister à l’intervention « improvisée » du président de la République togolaise lors du lancement du business plan de la Banque mondiale pour le climat en Afrique. Cette prise de parole, l’une des rares de Faure Gnassingbé à Paris, a eu le mérite de situer les grands décideurs présents autour de la table d’honneur et dans l’assistance sur les réels problèmes du continent africain en matière de réchauffement climatique. Au moment où des dizaines de dirigeants se succédaient à l’une des deux tribunes  (Seine et Loire, devant parfois un public clairsemé), le « Numéro Un » togolais a préféré le calme des réunions thématiques pour défendre le droit de l’Afrique à disposer de financements pour faire face aux effets du réchauffement climatique.

 

« Le continent pollue moins mais subi de plein fouet les dégâts de la hausse des températures », a expliqué un négociateur nigérien à la COP ; une vérité connue et actée depuis des décennies, sans que des initiatives véritables soient prises pour rééquilibrer les choses.

Au Togo, comme partout ailleurs en Afrique, le cycle normal des saisons est rompu depuis quelques années. Ce qui bouleverse les habituelles prévisions des agriculteurs.

« Les saisons de pluies deviennent des cauchemars pour nos populations », a d’ailleurs indiqué Faure Gnassingbé qui appelait ainsi la Banque mondiale et les partenaires en développement à augmenter les enveloppes destinées aux pays en développement.

 

Stop à la diplomatie des discours 

 

Le président togolais a clairement exprimé ses réticences  initiales à participer à un sommet dédié au climat où les discours se succéderaient sans actions concrètes. Il a été accueilli le 30 novembre à son arrivée sur le site de la COP 21 par la ministre française de l’Ecologie, Madame Ségolène Royal, tout comme le Princes Charles, les présidents ivoiriens, ghanéens et nigériens entre autres. Il faut donc souligner que l’accueil des délégations présidentielles présentes à la COP 21, suit des règles protocolaires qui comme on peut le remarquer, n’obéissent à aucune forme de préséance  d’un chef d’Etat par rapport à un autre.

 

150 dirigeants  au moins, on fait le déplacement de Paris à l’occasion du sommet. Tous quitteront Paris dès le 1er décembre, d’où l’impossibilité pour le Président de la République française de tous les recevoir. François Hollande mène un intense lobbying diplomatique auprès de ses homologues du pays industrialisés, plus gros pollueurs afin de parvenir à un accord historique qui prennent en compte les aspirations des pays en développement notamment africains. Et c’est naturellement que le Premier ministre Manuel Valls a été reçu par Faure Gnassingbé pour évoquer des questions de coopération entre la France et le Togo. Quelques leaders africains dont Alassane Ouattara, ont également conversés avec le chef du gouvernement français.

 

Le Togo au cœur des négociations

 

Une délégation d’experts togolais séjourne depuis le 22 novembre à Paris et est chargée de porter la position du pays dans les discussions. Un petit tour sur le site officiel de la cop 21 permet de constater que le passage du président togolais était prévu avant ceux de grands dirigeants du monde d’Angela Merkel (Chancelière de l’Allemagne) ; Narendra Modi (PM indien) ; Justin Trudeau (PM canadien) ; Benjamin Netanyahu (PM israélien) ; David Cameron (PM britannique)...

 

Faure Gnassingbé a conversé en privé avec de nombreux chef d’Etats présents à la conférence, a accordé de nombreuses interviews à des médias togolais, africains et européens. Il imprimé sa marque à la diplomatie togolaise qui désormais s’évertue à être efficace dans la discrétion.

 

Last modified onmardi, 01 décembre 2015 23:02