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CELEBRATION DU 27 AVRIL: Jean-Pierre FABRE ou la conception sectaire de la République.

Beaucoup, y compris parmi  ses amis politiques, ont souvent  remis en cause sa stature d’homme d’état. Il vient une fois encore  de leur donner sans doute raison. Devant la presse qu’il a convoquée cette matinée  au siège de son parti l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC), Jean-Pierre FABRE a rejeté toute idée de participation aux cérémonies officielles du 27 avril prochain. Evoquant des raisons spécieuses !

 

Pour expliquer son refus de s’associer au programme officiel qui constituerait selon lui une instrumentalisation, le chef de file de l’opposition allègue que « les autorités togolaises se refusent à accomplir leur part d’obligations républicaines qui les appelle à mettre diligemment en œuvre les réformes politiques et électorales prescrites par les 22 engagements et l’Accord Politique Global (APG)».  Il dénonce l’ « attitude irrespectueuse » des ministres à son endroit, notamment celui de la Sécurité et de la Protection Civile  pour n’avoir pas donné suite à son courrier exigeant des informations relatives à l’arrestation du Dr Ati RANDOLPH en février dernier.   Mais également  celui de l’Administration Territoriale pour son refus de communiquer le rapport du Comité Technique mis en place pour connaître des questions de la décentralisation et des élections locales. L’ancien lieutenant de Gilchrist OLYMPIO fait un inventaire à la Prévert de ses revendications :  des  réponses à ses courriers au Président de la République, le rétablissement dans leurs droits des représentants du CAP 2015 exclus de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), la libération des détenus dans l’affaire des incendies des marchés de Lomé et de Kara…  Il  conclue en indiquant que les conditions ne sont pas réunies pour qu’il prenne part aux manifestations officielles aux côtés des autorités.  

CURIEUSE CONCEPTION.

L’invitation que refuse d’honorer monsieur FABRE et qui entre dans le cadre  des festivités marquant le 56è anniversaire de l’Indépendance du Togo…. ne lui est même pas encore adressée. C’est donc par anticipation, au cas où elle lui parviendrait, que le député de Lomé a cru devoir convoquer une conférence de presse. Son attitude renseigne sur sa  méconnaissance totale des pratiques  républicaines et protocolaires, mais également sur sa conception sectaire de la vie politique.

En effet, aux termes de la loi portant Statut du Chef de file de l’opposition, celui-ci a rang de président d’une institution, au même titre que  le Président de la République, le Premier Ministre, le Président de l’Assemblée Nationale, celui de la Cour Constitutionnelle, de la Cour des Comptes, de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication. De fait, les avantages, privilèges, droits et obligations  sont  d’abord attachés à l’institution  elle-même, ensuite  et seulement par ricochet à celui qui l’incarne. Leur mise en œuvre ne saurait donc être réalisée de façon sélective, ni en fonction de l’humeur du chef de file, ni en  considération  ou en vertu de l’appréciation  des actions menées par une ou d’autres  institutions. En clair, ce n’est pas parce qu’il est en désaccord avec la politique menée par Faure GNASSINGBE,   que Jean-Pierre FABRE peut valablement refuser de satisfaire aux obligations attachées à son titre. Il n’y a aucun lien à faire. C’est comme si demain, le Président de la Cour des Comptes arguait de sa couleur politique différente et de son opposition aux choix du Chef de l’Etat pour ne pas honorer de sa présence aux cérémonies officielles.  Ou  qu’en France par exemple, Laurent FABIUS actuel Président du Conseil  Constitutionnel,  se mettait à rejeter toute invitation d’un Président de droite qui serait  issu de la présidentielle de 2017.

Au surplus, être chef de file de l’opposition, n’est pas une faveur accordée par le pouvoir en place mais un statut conféré par les lois de la République. De ce point de vue, les obligations protocolaires doivent être respectées, peu importe qui est à la manette de l’action gouvernementale et quelque désaccord qu’on puisse avoir avec les choix politiques opérés. En refusant de participer par avance aux cérémonies officielles, monsieur FABRE se comporte comme s’il était dans une position de négociation, de donnant-donnant ; le pouvoir devant répondre à ses revendications, lui ensuite satisfaisant à ses obligations républicaines.

Au demeurant, de la part de l’héraut de la bonne gouvernance et du respect des textes, il y a lieu de s’étonner  de l’argument qui consiste à dire que « puisque les autres mésestiment leurs obligations républicaines, je leur emboîte aussi le pas ». Et  qu’après avoir commandé des messes pour que Dieu l’aide à accomplir sa mission de chef de file de l’opposition (sic),  sillonné le pays pour l’arborer fièrement, croisé le fer d’une rare virulence avec tous ceux qui lui contestaient ce statut, Jean-Pierre FABRE  n’envisageât  ses obligations que dans la boulimie  de courriers au Chef de l’Etat et aux ministres, ainsi que  dans la jouissance des avantages et privilèges matériels qui y sont attachés.

Comme à son accoutumée et ce depuis qu’il fût à l’UFC, le candidat malheureux à la dernière élection présidentielle organisera donc pour la énième fois, une célébration privée et sectaire du 27 avril et s’accordera même quelques minutes de gloire, en prononçant un discours à la Nation (resic).

 

 

 

Last modified onmercredi, 20 avril 2016 18:16