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Polémique: Changer des paroles de l’hymne national « Terre de nos aieux » : une proposition de Mgr Kpodzro qui divise l’opinion

Le 2 mai dernier, l’Archevêque émérite de Lomé a proposé aux autorités togolaises quelques amendements aux attributs de la souveraineté nationale, notamment concernant l’hymne et le monument de l’indépendance. Une sortie du prélat diversement apprécié au sein de l’opinion. Analyse et décryptage.

Le nom est intimement lié à l’histoire démocratique du Togo. Mgr Philippe Fanoko Kpdzro a été tour à tour évêque d’Atakpamé de 1976 à 1993 et Archevêque de Lomé de 1993 à 2007. Atteint par la limite d’âge, il est remplacé en août 2007 par Mgr Denis Komivi Amuzu-Dzakpah qui dirige encore aujourd’hui l’archidiocèse de Lomé. Lundi 2 mai 2016, Mgr Philippe Kpodzro célèbre ses quarante ans d’épiscopat. Pour l’occasion, il préside une messe pontificale concélébrée par des dizaines de prêtres et trois de ses « frères dans l’épiscopat ». A la fin de la célébration, l’ancien patron de l’église du Togo désormais âgé de 86 ans prend la parole pour livrer quelques témoignages sur ses années de vie consacrée.

 

Vers la fin de son intervention, le prélat propose des observations à la réflexion des autorités togolaises. « Le monument de l’indépendance est merveilleux. Dans le creux de ce monument, on voit un homme qui lutte. Qui fait des efforts pour s’affranchir de toutes contraintes, de tout obstacle. (…). Cela est bien représenté par un homme dans le creux ainsi. Mais il a devant lui, une femme qui tient un vase presque sur la tête. Ce vase ne peut être que le vase d’une libation », observe l’archevêque. Il propose donc de réaliser « une espèce de colonne à côté de ce monument. Une colonne terminée par un vase creux dans lequel on mettra le carburant pour allumer le feu de l’indépendance ». Le vase tenu par la femme devant recueillir de l’eau. « Les prières que nous ferons à Dieu pour demander la paix, ces prières-là aurons un sens concrètement lorsque toute la Nation se mobilise avec son chef de l’Etat en tête, pour allumer le feu de l’indépendance en respectant l’eau de la libation que nos aïeux ont déposé ».

 

La deuxième proposition du jubilaire qui concerne l’hymne national est celle qui anime le plus le débat ces dernières semaines au Togo. Le vers « Vainquons ou mourrons mais dans la dignité » est quelque peu désuet car il a été composé au moment où le Togo luttait pour son indépendance. Il faudrait l’adapter au présent. « Vainquons et vivons dans la dignité », serait donc plus adapté selon lui.

 

La figure historique de l’Archevêque

Pour mieux analyser les sorties de Mgr Kpodzro, il convient de faire un rapide retour en arrière sur son parcours. Ecclésiastique engagé socialement et surtout politiquement,  l’Archevêque émérite de Lomé a présidé les travaux de la conférence nationale en 1991 et a dirigé le Parlement de transition. Sa reprise de Mirabeau à l’ouverture des travaux de la Conférence le 15 juillet 1991 reste aujourd’hui un classique  souvent repris par les nostalgiques de cette période « difficile » de l’histoire du Togo. « Nous sommes ici par la volonté du peuple, et nous n’en sortirons que par la force des baïonnettes », avait-il donc lancé face à une assistance surexcitée qui ne demandait dans sa majorité que la fin du régime d’Eyadema Gnassingbé.  Les relations de ce dernier avec Mgr Kpodzro pouvaient se résumer à un « Je t’aime moi non plus », une sorte d’entente cordiale Eglise/Etat sans plus. Le prélat ne rate en effet aucune occasion de donner son point de vue sur la vie de la nation, dans ses prêches réputés brillants et à travers des lettres pastorales. En avril 2005, il sera à la tête d’une marche silencieuse organisée par l’ordre des avocats et les principales églises chrétiennes pour réclamer « la paix au Togo ».

 

Face aux critiques parfois acerbes contre ses récentes propositions, le prélat s’est expliqué. «… J’ai voulu ajouter moi-même une invitation au peuple togolais. Disant que mes 40 ans d’épiscopat avec toutes les péripéties que j’ai encourues sont un peu comme le symbole des 40 ans de la marche du peuple d’Israël dans le désert depuis l’Egypte jusqu’à la terre promise. Et le peuple togolais aussi dans sa quête de la démocratie a comme marché avec moi-même Archevêque émérite de Lomé, Président de la Conférence Nationale, Président du Haut Conseil de la République avec toutes les implications, toutes les menaces. C’est comme si tout le peuple avec moi a parcouru cette marche pendant 40 ans. Et actuellement, avec cette lettre pastorale si bien écrite des Evêques qui sonne comme invite. Les Togolais sont comme invités à entrer finalement dans la terre promise, c’est-à-dire dans une vraie démocratie... », a-t-il indiqué.

 

Doit-on adapter un hymne national au temps ?

« L’hymne national est très merveilleux parce qu’il a été composé justement par son Excellence Mgr Robert DOSSEH-ANYRON, de vénérée mémoire, notre grand-frère. La musique a été assurée par son frère Alex DOSSEY, une sommité au Togo, de la musique. Par conséquent, ces deux colosses nous ont laissés un hymne national impeccable, très beau, très profond », a d’ailleurs reconnu Mgr Philippe Fanoko Kpodzro. Les deux auteurs de « Terre de nos aïeux », sont, il faut le rappeler nés dans les années 1920, en pleine période coloniale. Mais selon les spécialistes de la question,  l’après première guerre mondiale ne constitue pas la période la plus difficile de la colonisation. Pour rappel, le Togo, tout comme le Cameroun étaient passés sous administration de l’ONU.

 

Le Togo aurait d’ailleurs pu accéder à l’indépendance immédiate dès 1958. Le concours pour la composition de l’hymne a été lancé à la veille de l’indépendance. « Même si les paroles de l’hymne sont difficiles notamment les parties objets des propositions de Mgr Kpodzro, il est clair que les compositeurs n’étaient plus dans une logique de lutte », indique un historien.

Alex Etsri Dosseh dira d’ailleurs de son œuvre qu’elle « ne disparaîtra jamais ». L’hymne mis de côté au profit de celui du RPT pendant la période du parti unique, sera réhabilité au début des années 1990, sans qu’aucune modification y soit  apportée.

Modifier les paroles d’un hymne national n’est pas chose courante dans le monde. Même si dans de nombreux pays, le débat sur des vers de cet attribut essentiel de souveraineté est omniprésent, franchir la limite de la modification reste rarissime. En France le débat autour des paroles parfois jugées guerrières de la Marseillaise est un marronnier.

«Je suis extrêmement énervé que personne ne dise qu’il est temps de changer les paroles de la Marseillaise qui sont d’un autre temps. Quand j’entends ‘Qu’un sang impur abreuve nos sillons’, je suis sidéré qu’on continue à chanter ça. Elles sont épouvantables les paroles de la Marseillaise, elles sont sanguinaires, elles sont d’un autre temps, elles sont racistes, elles sont xénophobes. La musique est fantastique et je pense qu’il y a pas mal de paroles qui passent et certaines qui sont inécoutables», avait indiqué le comédien Lambert Wilson en 2014. Même si cet argument est partagé par une partie de l’opinion française, la majorité reste attachée à un symbole fort d’une histoire qui fait de la France ce qu’elle est aujourd’hui, une nation parmi les plus démocratiques au monde.

Au Togo, le débat suscité par la sortie de l’Archevêque de Lomé semble faire la part belle aux adversaires de l’opinion défendue par le prélat. Ainsi, les Togolais dans leur immense majorité pensent que l’hymne national ne devrait pas être modifié.

 

Timing

Pourquoi avoir attendu le 56e anniversaire de l’indépendance du Togo pour lancer ce pavé dans la mare ? « L’hymne national est comme une prière que nous adressons au Seigneur et aux ancêtres. Et l’hymne national du Togo interpelle Dieu et le remercie. Grand Dieu, toi seul nous a exaltés. Et bien ce Dieu, nous l’invoquons pour que nous vivions désormais dans la dignité. Et les morts, nous pleurons ces morts-là mais nous ne voulons pas que cette expérience continue à travers les fils du même pays. Je dis que c’est une ombre. C’est-à-dire une apparence de mauvais augure que je veux éviter. C’est la grande prière du peuple togolais au Dieu et devant toutes les Nations qu’il fasse en sorte que nous vainquions et que nous vivions dans la dignité. Et non plus vainquons ou mourons », a tenté de répondre l’intéressé.

Pour des spécialistes de l’histoire de l’église catholique au Togo, la sortie de Mgr Kpodzro le 2 mai 2016, jour du quarantième anniversaire de son ordination sonne comme un testament politique. « A 86 ans, les chances de célébration d’un jubilé d’or sont moins certaines alors Monseigneur commence à livrer des messages réfléchis longuement au peuple de Dieu», explique un prêtre de l’archidiocèse de Lomé. Ce dernier donne l’exemple de la sortie du prélat lors de la messe chrismale. Il avait interpelé dans un langage assez direct les prêtres à s’ancrer plus solidement sur la voie de la sainteté. Entre 2007 et 2015, Mgr Kpodzro a passé une retraite loin des micros et des objectifs dans sa résidence d’Amadanhomé. 

Une question essentielle taraude les esprits des observateurs de la vie de l’Eglise au Togo. « Mgr Kpodzro n’aurait-il pas dû faire ses proposition il y a trois ans, lorsque la parolier de l’hymne était encore vivant ? ».

L’allusion concerne évidemment les rapports parfois tendus que le Prélat entretenait avec son prédécesseur à l’Archevêché de Lomé, Mgr Robert-Casimir DOSSEH-ANYRON, décédé le 15 avril 2014. Ce dernier qui a composé les paroles de l’hymne aurait-il accepté que des modifications y soient apportées ? Mystère. Mgr Kpodzro a-t-il voulu outre sa contribution à l’histoire du Togo moderne, imprimer une marque indélébile sur le très populaire attribut de souveraineté qu’est l’hymne ? Ou est-ce juste une nouvelle étape d’une rivalité entre deux hommes très brillants, mais avec des visions différentes de gouvernement pastoral ?

Les questions soulevées par les propositions de Mgr Philippe Fanoko Kpodzro sont nombreuses. Une certitude, le débat sur la modification à apporter à l’hymne n’est qu’à son début.

Polémique: Changer des paroles de l’hymne national « Terre de nos aieux » : une proposition de Mgr Kpodzro qui divise l’opinion

Le 2 mai dernier, l’Archevêque émérite de Lomé a proposé aux autorités togolaises quelques amendements aux attributs de la souveraineté nationale, notamment concernant l’hymne et le monument de l’indépendance. Une sortie du prélat diversement apprécié au sein de l’opinion. Analyse et décryptage.

Le nom est intimement lié à l’histoire démocratique du Togo. Mgr Philippe Fanoko Kpdzro a été tour à tour évèque d’Atakpamé de 1976 à 1993 et Archevêque de Lomé de 1993 à 2007. Atteint par la limite d’âge, il est remplacé en août 2007 par Mgr Denis Komivi Amuzu-Dzakpah qui dirige encore aujourd’hui l’archidiocèse de Lomé. Lundi 2 mai 2016, Mgr Philippe Kpodzro célèbre ses quarante ans d’épiscopat. Pour l’occasion, il préside une messe pontificale concélébrée par des dizaines de prêtres et trois de ses « frères dans l’épiscopat ». A la fin de la célébration, l’ancien patron de l’église du Togo désormais âgé de 86 ans prend la parole pour livrer quelques témoignages sur ses années de vie consacrée.

 

Vers la fin de son intervention, le prélat propose des observations à la réflexion des autorités togolaises. « Le monument de l’indépendance est merveilleux. Dans le creux de ce monument, on voit un homme qui lutte. Qui fait des efforts pour s’affranchir de toutes contraintes, de tout obstacle. (…). Cela est bien représenté par un homme dans le creux ainsi. Mais il a devant lui, une femme qui tient un vase presque sur la tête. Ce vase ne peut être que le vase d’une libation », observe l’archevêque. Il propose donc de réaliser « une espèce de colonne à côté de ce monument. Une colonne terminée par un vase creux dans lequel on mettra le carburant pour allumer le feu de l’indépendance ». Le vase tenu par la femme devant recueillir de l’eau. « Les prières que nous ferons à Dieu pour demander la paix, ces prières-là aurons un sens concrètement lorsque toute la Nation se mobilise avec son chef de l’Etat en tête, pour allumer le feu de l’indépendance en respectant l’eau de la libation que nos aïeux ont déposé ».

 

La deuxième proposition du jubilaire qui concerne l’hymne national est celle qui anime le plus le débat ces dernières semaines au Togo. Le vers « Vainquons ou mourrons mais dans la dignité » est quelque peu désuet car il a été composé au moment où le Togo luttait pour son indépendance. Il faudrait l’adapter au présent. « Vainquons et vivons dans la dignité », serait donc plus adapté selon lui.

 

La figure historique de l’Archevêque

 

Pour mieux analyser les sorties de Mgr Kpodzro, il convient de faire un rapide retour en arrière sur son parcours. Ecclésiastique engagé socialement et surtout politiquement,  l’Archevêque émérite de Lomé a présidé les travaux de la conférence nationale en 1991 et a dirigé le Parlement de transition. Sa reprise de Mirabeau à l’ouverture des travaux de la Conférence le 15 juillet 1991 reste aujourd’hui un classique  souvent repris par les nostalgiques de cette période « difficile » de l’histoire du Togo. « Nous sommes ici par la volonté du peuple, et nous n’en sortirons que par la force des baïonnettes », avait-il donc lancé face à une assistance surexcitée qui ne demandait dans sa majorité que la fin du régime d’Eyadema Gnassingbé.  Les relations de ce dernier avec Mgr Kpodzro pouvaient se résumer à un « Je t’aime moi non plus », une sorte d’entente cordiale Eglise/Etat sans plus. Le prélat ne rate en effet aucune occasion de donner son point de vue sur la vie de la nation, dans ses prêches réputés brillants et à travers des lettres pastorales. En avril 2005, il sera à la tête d’une marche silencieuse organisée par l’ordre des avocats et les principales églises chrétiennes pour réclamer « la paix au Togo ».

 

Face aux critiques parfois acerbes contre ses récentes propositions, le prélat s’est expliqué. «… J’ai voulu ajouter moi-même une invitation au peuple togolais. Disant que mes 40 ans d’épiscopat avec toutes les péripéties que j’ai encourues sont un peu comme le symbole des 40 ans de la marche du peuple d’Israël dans le désert depuis l’Egypte jusqu’à la terre promise. Et le peuple togolais aussi dans sa quête de la démocratie a comme marché avec moi-même Archevêque émérite de Lomé, Président de la Conférence Nationale, Président du Haut Conseil de la République avec toutes les implications, toutes les menaces. C’est comme si tout le peuple avec moi a parcouru cette marche pendant 40 ans. Et actuellement, avec cette lettre pastorale si bien écrite des Evêques qui sonne comme invite. Les Togolais sont comme invités à entrer finalement dans la terre promise, c’est-à-dire dans une vraie démocratie... », a-t-il indiqué.

 

Doit-on adapter un hymne national au temps ?

 

« L’hymne national est très merveilleux parce qu’il a été composé justement par son Excellence Mgr Robert DOSSEH-ANYRON, de vénérée mémoire, notre grand-frère. La musique a été assurée par son frère Alex DOSSEY, une sommité au Togo, de la musique. Par conséquent, ces deux colosses nous ont laissés un hymne national impeccable, très beau, très profond », a d’ailleurs reconnu Mgr Philippe Fanoko Kpodzro. Les deux auteurs de « Terre de nos aïeux », sont, il faut le rappeler nés dans les années 1920, en pleine période coloniale. Mais selon les spécialistes de la question,  l’après première guerre mondiale ne constitue pas la période la plus difficile de la colonisation. Pour rappel, le Togo, tout comme le Cameroun étaient passés sous administration de l’ONU.

 

Le Togo aurait d’ailleurs pu accéder à l’indépendance immédiate dès 1958. Le concours pour la composition de l’hymne a été lancé à la veille de l’indépendance. « Même si les paroles de l’hymne sont difficiles notamment les parties objets des propositions de Mgr Kpodzro, il est clair que les compositeurs n’étaient plus dans une logique de lutte », indique un historien.

 

Alex Etsri Dosseh dira d’ailleurs de son œuvre qu’elle « ne disparaîtra jamais ». L’hymne mis de côté au profit de celui du RPT pendant la période du parti unique, sera réhabilité au début des années 1990, sans qu’aucune modification y soit  apportée.

 

Modifier les paroles d’un hymne national n’est pas chose courante dans le monde. Même si dans de nombreux pays, le débat sur des vers de cet attribut essentiel de souveraineté est omniprésent, franchir la limite de la modification reste rarissime. En France le débat autour des paroles parfois jugées guerrières de la Marseillaise est un marronnier.

 

«Je suis extrêmement énervé que personne ne dise qu’il est temps de changer les paroles de la Marseillaise qui sont d’un autre temps. Quand j’entends ‘Qu’un sang impur abreuve nos sillons’, je suis sidéré qu’on continue à chanter ça. Elles sont épouvantables les paroles de la Marseillaise, elles sont sanguinaires, elles sont d’un autre temps, elles sont racistes, elles sont xénophobes. La musique est fantastique et je pense qu’il y a pas mal de paroles qui passent et certaines qui sont inécoutables», avait indiqué le comédien Lambert Wilson en 2014. Même si cet argument est partagé par une partie de l’opinion française, la majorité reste attachée à un symbole fort d’une histoire qui fait de la France ce qu’elle est aujourd’hui, une nation parmi les plus démocratiques au monde.

Au Togo, le débat suscité par la sortie de l’Archevêque de Lomé semble faire la part belle aux adversaires de l’opinion défendue par le prélat. Ainsi, les Togolais dans leur immense majorité pensent que l’hymne national ne devrait pas être modifié.

 

Timing

 

Pourquoi avoir attendu le 56e anniversaire de l’indépendance du Togo pour lancer ce pavé dans la mare ? « L’hymne national est comme une prière que nous adressons au Seigneur et aux ancêtres. Et l’hymne national du Togo interpelle Dieu et le remercie. Grand Dieu, toi seul nous a exaltés. Et bien ce Dieu, nous l’invoquons pour que nous vivions désormais dans la dignité. Et les morts, nous pleurons ces morts-là mais nous ne voulons pas que cette expérience continue à travers les fils du même pays. Je dis que c’est une ombre. C’est-à-dire une apparence de mauvais augure que je veux éviter. C’est la grande prière du peuple togolais au Dieu et devant toutes les Nations qu’il fasse en sorte que nous vainquions et que nous vivions dans la dignité. Et non plus vainquons ou mourons », a tenté de répondre l’intéressé.

 

Pour des spécialistes de l’histoire de l’église catholique au Togo, la sortie de Mgr Kpodzro le 2 mai 2016, jour du quarantième anniversaire de son ordination sonne comme un testament politique. « A 86 ans, les chances de célébration d’un jubilé d’or sont moins certaines alors Monseigneur commence à livrer des messages réfléchis longuement au peuple de Dieu», explique un prêtre de l’archidiocèse de Lomé. Ce dernier donne l’exemple de la sortie du prélat lors de la messe chrismale. Il avait interpelé dans un langage assez direct les prêtres à s’ancrer plus solidement sur la voie de la sainteté. Entre 2007 et 2015, Mgr Kpodzro a passé une retraite loin des micros et des objectifs dans sa résidence d’Amadanhomé.

 

Une question essentielle taraude les esprits des observateurs de la vie de l’Eglise au Togo. « Mgr Kpodzro n’aurait-il pas dû faire ses proposition il y a trois ans, lorsque la parolier de l’hymne était encore vivant ? ».

 

L’allusion concerne évidemment les rapports parfois tendus que le Prélat entretenait avec son prédécesseur à l’Archevêché de Lomé, Mgr Robert-Casimir DOSSEH-ANYRON, décédé le 15 avril 2014. Ce dernier qui a composé les paroles de l’hymne aurait-il accepté que des modifications y soient apportées ? Mystère. Mgr Kpodzro a-t-il voulu outre sa contribution à l’histoire du Togo moderne, imprimer une marque indélébile sur le très populaire attribut de souveraineté qu’est l’hymne ? Ou est-ce juste une nouvelle étape d’une rivalité entre deux hommes très brillants, mais avec des visions différentes de gouvernement pastoral ?

 

Les questions soulevées par les propositions de Mgr Philippe Fanoko Kpodzro sont nombreuses. Une certitude, le débat sur la modification à apporter à l’hymne n’est qu’à son début.

 

 

 

 

 

Last modified onjeudi, 19 mai 2016 16:31