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Me Zeus AJAVON : « Je n’ai jamais dit que je connais les auteurs des incendies des marchés. » Et pourtant si !

Lors d’une conférence tenue ce jour en tandem avec Jean-Pierre FABRE le président de l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) pour commenter l’ordonnance du doyen des juges d’instruction dans l’affaire des incendies, Me Zeus AJAVON a comme il fallait s’y attendre, rejeté toutes les accusations portées contre lui. Et mis au défi la justice de prouver son implication dans les faits dont il se déclare totalement étranger.     

Pour le Coordonnateur du Collectif Sauvons le Togo (CST), le dossier est vide. Il s’agirait tout simplement d’une cabale politico-judiciaire destinée à porter un coup fatal à l’ANC, mais également à réduire au silence une personnalité comme lui. Dans son argumentaire, il a déclaré  n’avoir jamais soutenu connaître les auteurs des incendies des marchés de Kara et de Lomé, mais simplement avoir indiqué que le Président de la République en avait les identités. Ce qu’il a d’ailleurs réitéré. Sauf que l’avocat n’a pas bonne mémoire. En effet, il ne s’est pas contenté de dire. Il a en plus  co-rédigé et cosigné  un  « Rapport  d’enquête sur l’incendie criminel des marchés du Togo dans les nuits des 10 au 11 janvier 2013 à Kara et 11 au 12 janvier 2013 à Lomé », publié en novembre 2013. Dans ce document de 19 pages, Me AJAVON et ses cosignataires écrivaient ceci : « Au terme de ces investigations qui lui ont permis de collecter, de recouper et de vérifier de nombreuses informations, le CST rend public ce rapport d’enquête qui permet de confirmer, de manière formelle et indiscutable, que l’incendie criminel des marchés de Kara et de Lomé relève bien d’une machination politique orchestrée par de hautes autorités togolaises, donc membres du régime UNIR/RPT. On compte parmi ses instigateurs :1. Mme Ingrid Nana AWADE,Directrice générale des impôts (DGI) du Togo, principale instigatrice de cette machination ; 2. Le Colonel Félix KADANGA,à l’époque Chef corps de la Force d’intervention rapide (FIR), unité d’élite des Forces Armées Togolaises (FAT), actuel Chef d’Etat-major de l’Armée de terre, exécutant en chef de cette machination ; 3. Le Lieutenant colonel Yotroféi Alex MASSINA,à l’époque Directeur de l’Agence Nationale de Renseignement (ANR) ; 4. Mr Raoul Kpatcha BASSAYI, Directeur général (DG) de l’entreprise de bâtimentsnet travaux publics CENTRO ; 5. Le Général Mohamed Atcha TITIKPINA,Chef d’Etat major général des Forces Armées Togolaises (FAT) ; 6. Le Colonel Bawoubadi Didier BAKALI,Préfet de la Préfecture de la Kozah ; 7. Mr Kogoé Sylvère AKRIMA,Directeur général (DG) de la Société Aéroportuaire de Lomé Tokoin (SALT),  fournisseur du kérosène qui a servi aux incendies et qui a été prélevé sur le stock de la base chasse de l’Aéroport international de Niamtougou ; 8. L’officier de police KPEMISSI,chargé des audiences du Président de la République, Faure Essozimna GNASSINGBE, à Kara, en service au Commissariat de Police de Kara, principal exécutant de l’opération de l’incendie du marché  de Kara.

A l’instar de l’incendie criminel de l’Institut Goethe commis dans la nuit du 28 au 29 avril 2005,  sa planification a été confiée au même exécutant militaire, le Colonel Félix KADANGA, qui a recruté une équipe de 7 artificiers, militaires professionnels spécialement formés à cet effet, et  des miliciens du régime UNIR/RPT dont certains ont été impliqués dans les tueries massives de l’année 2005 pour imposer Faure GNASSINGBE au pouvoir.

 

Cette machination visait, d’une part, à récupérer le site du Grand marché de Lomé au profit des instigateurs de son incendie en vue de la réalisation d’une opération immobilière spéculative et à punir dans ce mouvement les femmes commerçantes de Lomé pour le soutien qu’elles apportent à l’opposition. D’autre part, en faisant accuser faussement les responsables  et militants du CST dont 39 d’entre eux ont été arrêtés et/ou inculpés arbitrairement, cette machination visait délibérément à décapiter le collectif afin de protéger le régime en place contre son combat. Ce qui repose dans toute son acuité la question de l’impunité au Togo ».

 

C’est dire donc que contrairement à ses affirmations, le professeur de droit a bel et bien désigné non seulement les auteurs et commanditaires de ces incendies, mais en plus en a détaillé les supposées motivations. Pour rappel, ce document avait été signé, outre Me Zeus AJAVON, par Etsri Hihédéva CLUMSON-EKLU,président de l’Association togolaise pour les droits de l’Homme (ATDH) ;  Me Jil-Benoît AFANGBEDJI, président d’Ensemble pour les droits de l’Homme (EDH) ; Kao ATCHOLI,secrétaire général de l’Association des victimes de la torture au Togo (ASSVITTO) ; Francis Pédro AMUZUN,conseiller de SOS Journalistes en danger ; Jean-Pierre FABRE, président de l’Alliance nationale pour le changement (ANC) ; Aimé Tchabouré GOGUE, président de l’Alliance des démocrates pour le développement intégral (ADDI) ; Me Abi TCHESSA,président du Pacte socialiste pour le renouveau (PSR) ; Frédéric Abass KABOUA,président du Mouvement des républicains centristes (MRC)  et enfin Claude AMEGANVI, secrétaire chargé de la coordination du Parti des  Travailleurs ; et fait l’objet de plusieurs plaintes pour diffamation et atteinte à l’honneur.

L’ex Premier Ministre  Agbéyomé Gabriel Messan KODJO,  Président de l’Organisation pour bâtir dans l’union un Togo solidaire (OBUTS) présenté dans le document comme l’un des signataires, avait à l’époque vivement réagi et démenti s’être associé à son élaboration.

 

 

 

 

Last modified onjeudi, 19 mai 2016 18:54