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Après l’échec de la manifestation du 21 mai, CAP 2015 face à un tournant

Annoncée comme la grande mobilisation qui allait  précipiter le calendrier sur les réformes, la manifestation organisée le 21 mai dernier par le Combat pour l’Alternance Politique en 2015 (CAP 2015) a été un véritable échec. La foule des grands jours n’a pas été au rendez-vous, même si le cortège était bien colorié.

Ils étaient presque tous là. Les leaders de l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) Jean-Pierre FABRE, Patrick LAWSON, Eric DUPUY, Isabelle AMEGANVI ; ceux de la Convention Démocratique des Peuples Africains et Pacte Socialiste des Républicains, notamment Brigitte ADJAMAGBO-JOHNSON et le Pr Komi WOLOU etc. Manquaient tout de même quelques têtes, dont Kao ATCHOLI, secrétaire général de l’ASSVITO (Association des Victimes de Torture) qui a préféré « aller au champ »  alors que son organisation a pourtant appelé à soutenir le mot d’ordre de manifestation. Ont surtout été absents, les militants et sympathisants qui ont laissé des rangs clairsemés de Bè Kodjindji jusqu’au lieu de chute de la marche, à la plage à quelques mètres du Palais de la Présidence. Le millier de manifestants a tout de même fait le parcours pour écouter les responsables de CAP 2015 annoncer leur détermination à la mise en œuvre des réformes et….une nouvelle mobilisation le 04 juin prochain.

PREVISIBLE:

L’échec de la manifestation  du 21 mai était prévisible pour plusieurs raisons. D’abord, la répétition des marches depuis 5 ans a fini par lasser et démobiliser un grand nombre de militants de l’ANC ; d’autant plus qu’aucun résultat sérieux et tangible ne peut être mis au crédit de la stratégie de rue.

Ensuite, la liste des revendications est très longue, parfois contradictoire, donnant l’impression d’un fourre-tout pour finir par semer la confusion sur la lisibilité des actions menées.

Enfin, la plupart des autres leaders et formations politiques se sont très tôt désolidarisés de cette énième manifestation, argumentant chacun les raisons de leur prise de distance, se résumant tous au fond à l’inefficacité de la démarche  ainsi qu’à son caractère inopportun. De fait, CAP 2015 a dû se contenter du renfort du très marginal parti Les Démocrates de Nicodème HABIA et celui pas moins marginal, de l’association des gays et lesbiennes.

ET MAINTENANT?

« Le lendemain de cette manifestation risque d’être le même que d’habitude »avait préditle responsabled’un parti d’opposition qui n’a pas souhaité s’associer à la marche. Les faits lui donneront sans doute raison puisque la seule chose à retenir aujourd’hui, reste l’annonce d’une nouvelle manifestation. En fait, et cela les dirigeants de CAP 2015 le savent très bien, aucune réforme majeure n’est possible sans un large consensus de la classe politique, ainsi que l’a rappelé la Lettre épiscopale des Evêques du Togo. Il s’agit donc, en l’état actuel de la situation, d’engager des discussions formelles et informelles, afin de réunir la majorité qualifiée des 4/5 des parlementaires pour voter les évolutions institutionnelles et constitutionnelles souhaitées. Toute autre démarche n’est que de la poudre aux yeux de l’opinion et se soldera par un fiasco. Comme l’a si justement noté un observateur de la vie publique sur une plate-forme de discussion, le chef de file de l’opposition, député à l’Assemblée nationale, devrait utiliser les prérogatives que lui confère son statut de parlementaire, pour introduire avec ses amis, une nouvelle proposition de loi sur la question, car c’est à l’assemblée que se fera la réforme et ce sont eux les députés qui la réaliseront. Plutôt que d’envoyer des courriers au Président de la République qui lui, ne peut pas décréter ces réformes ; ou encore de battre le pavé. 

 

 

 

Last modified onlundi, 23 mai 2016 15:43