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VERS UNE BROUILLE DIPLOMATIQUE ENTRE LE SENEGAL ET LE TOGO ?

  FAURE GNASSINGBE NE SOUTIENDRA PAS ABDOULAYE BATHILY A LA PRESIDENCE DE LA COMMISSION DE L’UA

Douche froide pour Abdoulaye BATHILY. Alors que le Sénégalais se disait assuré d’avoir le soutien   de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) dans la course à la présidence de la Commission de l’Union africaine (UA) ,  il devra désormais faire avec la défection du Togo, qui lui préfère la candidature de la ministre kényane des Affaires Etrangères, Amina MOHAMED JIBRIL. Le diplomate onusien paierait ainsi la position de son pays qui a refusé de signer la Charte proposée  lors du Sommet extraordinaire de l’UA sur la Sécurité maritime et le développement en Afrique,  tenue  le 15 octobre dernier à Lomé.

C’est Faure GNASSINGBE lui-même qui a annoncé le soutien de son pays à la candidate kenyane pour la présidence de la Commission de l’UA, dont l’élection est prévue fin janvier 2017. En effet, en  visite  d’Etat la semaine dernière au Kenya, le Chef de l’Etat  togolais  a déclaré à l’adresse  de son hôte Uhuru KENYATA : « je connais votre vision et je suis sûr que si la candidate kenyane est à la tête de la commission, ce sera une bonne chose pour l’Afrique».   Ajoutant  qu’il ferait « le maximum pour soutenir » madame MOHAMED JIBRIL. Ce choix, confirmé depuis par la diplomatie togolaise,  dans le délicat scrutin du mois prochain pour lequel,  une véritable bataille d’influences se joue pour la maîtrise de l’organisation, a provoqué  un lever de boucliers au pays de la Teranga. La classe politique et surtout les médias sont vent debout contre ce qu’ils considèrent comme une trahison,  et font aux Togolais des leçons de démocratie et de solidarité régionale.

REPRESAILLES!

De sources crédibles, si la voix du Togo manque à l’ancien ministre et député sénégalais, c’est à cause de l’attitude de Macky SALL lors du sommet d’octobre dernier, qualifiée de « scandaleuse »  par Lomé.  Le successeur d’Abdoulaye WADE serait venu pour tout simplement saboter la signature de la Charte, selon un diplomate togolais. Il évoque le  passe d’armes entre Idriss DEBY, le président Tchadien et monsieur SALL ; le premier reprenant le second lors du huis-clos des Chefs d’Etat, lorsque  celui-ci  a voulu convaincre ses pairs de ne pas adopter le texte. «  Nous, nous sommes venus signer cette Charte et nous la signerons » avait  répondu sèchement le président en exercice de l’UA au Sénégalais.

De fait, Macky SALL avait soutenu que «  l’examen du projet montre qu’il y a encore beaucoup de travail à faire pour harmoniser son contenu avec d’autres instruments juridiques internationaux portant sur le même objet comme par exemple la Convention des Nations-Unies sur le droit à la mer, communément appelée «  la Constitution des océans » et d’autres textes de base. » Pour lui, il convient de faire en sorte que tout ce qui est prévu dans le projet de la Charte ne soit pas contradiction avec les engagements antérieurs des Etats.  Au final, comme 22 autres Etats, le Sénégal ne signera pas la Charte. Au-delà du refus d’adopter  le  projet, Lomé reprocherait à Dakar son activisme auprès de certains Etats, dont par exemple l’Egypte, pour les rallier à   sa position. «  C’est une question de concurrence entre les Etats et de leadership sous-régional. Le Président sénégalais considérait qu’un tel sommet ne devrait pas s’organiser dans un pays comme le Togo qu’il ne voulait pas voir capitaliser sur un tel évènement. Il aurait bien souhaité en être plutôt l’hôte » commente un observateur proche de la présidence togolaise.

Le  soutien du Togo au Kenya s’expliquerait sans doute aussi  par le vote promis par ce pays à la candidature de l’ancien ministre de la Prospective Kako NUBUKPO, que notre pays  vient de déposer pour le  poste  de Commissaire des affaires économiques et financières de l’UA. Nommé en février dernier comme  Directeur de la Francophonie Économique et Numérique de l’OIF (Organisation Internationale de la Francophonie), l’agrégé d’Economie  pourra quitter son poste et affronter notamment  l’actuel Commissaire Anthony MOTHAE ,  candidat à sa propre succession.

 

COMME LA ZAMBIE.

Dans cette course pour remplacer la sud-africaine Nkosazana Dlamini- Zuma, d’autres pays de la CEDEAO en dehors du Togo n’éliront pas BATHILY. D’après la communication du gouvernement kenyan, le Nigéria comme la Sierra-Leone, tous deux également membres de cette organisation, voteraient pour MOHAMED JIBRIL. t les Africains de l’Ouest ne sont pas les seuls à ne pas être unis sur ce scrutin.  Selon Mansour FAYE, ministre de l’Hydraulique (et beau-frère de Macky SALL ), de retour de ce pays, il a annoncé que la Zambie d’Edgar Chagwa LUNGU  avait « promis de soutenir BATHILY  », alors même  que la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) à laquelle appartient cet Etat,  appuie  officiellement la Botswanaise Pelonomi VENSON –MOITOI , qui était déjà candidate lors de l’élection avortée en juillet  dernier à Kigali.

Pour rappel, cinq candidats postulent à la présidence de la commission de l’UA. Il s’agit de la  ministre botswanaise des Affaires étrangères Pelonomi Venson-Moitoi et le ministre équato-guinéen des Affaires étrangères Agapito Mba Mokuy qui ont échoué à se faire élire dans la capitale rwandaise il y a cinq mois.

Et de  trois nouveaux : Amina Mohamed Jibril , Abdoulaye Bathily et   le ministre tchadien  des Affaires étrangères Moussa Faki Mahamat. 

 

 

 

Last modified onjeudi, 22 décembre 2016 11:26