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Le taux de participation au Togo au-dessus de la moyenne des pays de l’UEMOA.

Le scrutin du 25 avril dernier a connu une participation en baisse par rapport à 2010, de l’ordre de 4,06 points, passant de 64,68 % à 60 92%. Si cela a été analysé d’une part comme une victoire de ceux qui avaient appelé au boycott ou à empêcher la tenue de l’élection ; et  d’autre part comme la manifestation d’un désintérêt pour la politique d’une frange des électeurs, il n’en demeure pas moins que ce taux reste au-dessus de la moyenne de la participation dans la zone UEMOA  (Union Economique Monétaire Ouest Africaine) par exemple. Avec cette précision toutefois que chacun des pays a sa propre  histoire et ses règles électorales. Focus Infos vous propose un dossier sur le sujet. 

En matière d’élection on parle généralement de taux de participation pour évoquer le nombre des citoyens inscrits sur les listes électorales qui ont pris part au vote. La participation devient la mesure pour voir le degré d’adhésion des citoyens au processus démocratique et électoral. En effet, dans les vielles démocraties on parle plutôt du taux d’abstention des citoyens aux consultations électorales. C’est le taux de ceux qui sont inscrits et qui ne vont pas voter. Le taux d’abstention est le rapport des citoyens qui s’abstiennent de voter parmi ceux qui sont inscrits sur les listes électorales, à une occasion donnée. Aux États-Unis, l’abstention est calculée par rapport à tous les électeurs potentiels et pas seulement par rapport aux inscrits sur les listes électorales, comme c’est le cas en France.

La  participation est donc le rapport de ceux qui choisissent d’aller voter alors que le taux d’abstention est le rapport de ceux qui sont inscrits mais ne vont pas voter. Il y a une forte corrélation entre le niveau de participation à l’élection et le système électoral choisi. Le constat est que la représentation proportionnelle a tendance à générer une plus importante participation

des électeurs. Il en est de même pour les systèmes à majorité simple, la participation tend à être plus importante si on s’attend à des résultats plus serrés au niveau national que si la victoire de l’un des partis en présence semble acquise, et elle est encore plus élevée dans les plus serrés. D’ailleurs on notera que les pays en crise ou sortie de crise connaissent des élections avec des forts taux de participation. Comme on a pu le constater  récemment en Côte d’Ivoire où le taux a atteint 82% au premier tour et 80 au deuxième tour.

La quête absolue de légitimité des personnalités et institutions sorties des urnes a conduit certains pays, notamment plusieurs des anciennes républiques de l’Union soviétique de l’ère communiste, à imposer un seuil minimal de participation électorale ; ainsi, lorsque la participation dans une circonscription électorale n’atteint pas 50 % des inscrits l’élection est considérée invalide.

 

BAROMETRE !

En réalité, le taux de participation est un véritable baromètre de la vitalité de la société démocratique et du rapport des citoyens avec le système électoral et les élus qui en sont issus.

Un taux véritablement bas est de nature à porter préjudice à la démocratie en décrédibilisant les institutions qui en résultent. Il  affecte la légitimité du régime ; les autorités élues sont l’objet d’une défiance permanente de certaines franges de la société entrainant une instabilité et des menaces à la paix sociales. Or aucun développement n’est possible sans la paix et la sécurité.

Si les élections libres, transparentes et fiables constituent le socle indispensable d’une démocratie, il n’en demeure pas moins que la participation du maximum de citoyens reste le gage d’une adhésion sans faille des citoyens à la chose politique. Une fois de plus, il faut noter clairement que sans l’adhésion massive des citoyens aux élections une démocratie perd de sa légitimité et devient de facto un pouvoir fragilisé. Même si le  niveau de participation n’est pas un indice exclusif de la qualité du système démocratique.

 

DIFFERENTS FACTEURS :

A la proclamation des résultats de l’élection présidentielle du 25 avril, du Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) au Front Tchoboé, en passant par les ODDH (Organisation de Défense des Droits de l’Homme), on s’est glosé de ce que les appels pour ne pas associer au scrutin ou le boycotter ont  été entendus par 40% des électeurs. Ce taux doit être relativisé et en tout état de cause, cette  auto satisfaction considérée comme  un raccourci, loin de la  réalité. En effet, plusieurs facteurs sont à l’origine de cette baisse par rapport à 2010. D’abord le fait que plusieurs personnes, notamment les décédées, qui avaient perdu la qualité d’électeurs, n’ont pas été radiées des listes datées des législatives de 2013  qui ont de nouveau servi à la présidentielle de cette année, après actualisation. Ensuite, plusieurs électeurs se sont déplacés mais n’ont pas pu voter,  faute d’avoir retrouvé leur bureau de vote dont certains ont été délocalisés pour désengorger les centres de vote, malheureusement sans une communication suffisante. Ceux-là peuvent difficilement être considérés comme des abstentionnistes. Pas plus que les électeurs des localités où la saison pluvieuse n’ a pas facilité l’accès aux centres de vote. A cela il faut ajouter également, il est vrai, des considérations purement politiques. Notamment les appels au boycott ( la préfecture de Yoto en a été la plus grande manifestation), l’incohérence dans les discours de CAP 2015 et de Jean-Pierre FABRE qui ont annoncé qu’il n’y aura pas d’élections sans les réformes avant de se raviser. Et promis à leurs militants qu’ils empêcheraient que le président sortant, Faure GNASSINGBE soit de nouveau candidat, sans y parvenir. Enfin, il y a sans doute aussi l’impression pour une partie du corps électoral que le scrutin sera sans suspens ou qu’il ne changerait rien à leur quotidien ; lassé par des années de stériles querelles politiciennes.

 

59,07% DANS L’UEMOA.

Doit-on s’inquiéter du niveau de participation au Togo ? Pas du tout, si l’on regarde le taux moyen de participation aux élections présidentielles dans la zone UEMOA, hors Guinée-Bissau (Bénin, Burkina-Faso, Côte d’Ivoire, Mali, Niger, Sénégal et Togo). 

En effet, en se basant sur les deux dernières élections présidentielles intervenues dans ces pays et en tenant compte du fait que l’élection est à deux tours par endroits, ce taux s’établit  à 59,07 dans la zone. Par pays, la participation moyenne est de 76,05% au Bénin qui occupe la première place, suivi de la Côte d’Ivoire avec 67,40%, du Togo 62,80%, devançant le  Sénégal avec 59,06%, le Burkina 56,28%, le Niger 48,55% et le Mali qui ferme la marche avec 43,36%. 

 

 

 

Last modified onjeudi, 07 mai 2015 17:05