Erreur
  • JUser::_load : impossible de charger l'utilisateur ayant l'ID 989
Log in

VRAI OU FAUX : Décryptage des arguments de contestation de CAP 2015

Après avoir perdu les élections selon les résultats provisoires proclamés le 28 avril dernier par la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) et confirmés quelques jours plus tard par la Cour Constitutionnelle, le Combat pour l’Alternance Pacifique en 2015 ( CAP 2015) s’est lancé dans une campagne médiatique, avec des arguments dont certains sont repris par des chaînes internationales et les réseaux sociaux. Pourtant, ils sont pour la plupart approximatifs. Décryptage !

-Le président de la CENI a proclamé les résultats en catimini, sans en avoir informé les autres membres. FAUX.

Cet argument développé à loisir et repris à son compte sans aucune vérification par le confrère de RFI, Jean-Baptiste PLACCA dans sa chronique hebdomadaire est fallacieux. En effet, en fin d’après-midi du 28 avril, après que les présidents ghanéen et ivoirien, John Mahama Dramani et Alassane Ouattara en visite à Lomé aient rencontré l’essentiel des parties prenantes à l’élection, il a été annoncé à la presse (exigence des deux chefs d’état),   que les résultats provisoires seraient proclamés dans la soirée. De fait, des dizaines de journalistes s’étaient précipités au siège de la CENI ; y compris les envoyés spéciaux des médias internationaux (RFI, Le Monde, Africa 24, Reuters, AFP etc.)  C’est d’ailleurs devant leurs micros, caméras etc ; et en présence d’observateurs nationaux et internationaux  que les résultats ont été donnés par le président Taffa TABIOU.  Il faut aussi rappeler que dans une interview diffusée dans le journal de 20 heures sur la télévision nationale TVT mais également sur les radios privées, monsieur TABIOU avait affirmé, en présence de son vice-président et représentant de CAP 2015 Francis Pédro AMUZUN et sans que ce dernier ne le conteste, que les leaders de la CEDEAO leur avaient « intimé l’ordre de proclamer les résultats sans plus attendre .»  Au surplus, la proclamation a été faite en présence des autres membres de la CENI, y compris Monsieur SIBABI, Commissaire chargé des opérations électorales et membre de CAP 2015 , qui a assisté à une partie de la proclamation avant de se retirer également. Seuls quatre membres se sont retirés d’eux-mêmes.

Nul ne sait où le Président de la CENI a trouvé les résultats proclamés. FAUX.

Les résultats proclamés ont reçu signature de douze (12) des (17) membres que compte la CENI où, les décisions selon le code électoral,  sont prises par consensus ou à défaut à la majorité. Les sieurs Taffa TABIOU, Yao DATE, N’Galou PASSOKI, Kdéka BOUTORA-TAKPA, Me Jean-Claude HOMAWOO, Dèdèsiwé ABLY-BIDAMON, Payadowa BOUKPESSI,  Yandja YENTCHABRE, Yao Bloua AGBO, Seigneur Latifou KEGBERO,  Lardja KOLANI et Mme Baloukina NIMON BATCHASSI ont signé le PV établissant le recensement général des votes par la CENI. Le président de l’institution n’a donc pas eu une démarche solitaire.

Les résultats des 42 CELI n’ont pas été compilés avant la proclamation. FAUX.

Les deux rapporteurs ont procédé à l’addition des données figurant sur les pv non encore traités (31) afin de permettre la proclamation des résultats dans la nuit.

Les résultats proclamés par la CENI comportent des erreurs de calculs. VRAI.

Mais il faut tout de même préciser que la CENI ne procède qu’au recensement du vote et n’est pas comptable des erreurs de calculs faites dans les bureaux de vote. En effet,  à la CELI les résultats issus du dépouillement dans les bureaux de vote (BV)  sont transcrits sur une fiche préalablement préparée. Lorsque les résultats des bureaux de vote sont transcrits, le président et le rapporteur du BV signent à la fin de la ligne pour attester que les résultats qui ont été recopiés sont ceux qu’ils ont apportés. On procède ainsi du premier bureau de vote jusqu’au dernier. A la fin la CELI réalise l’addition et donne les résultats partiels concernant sa zone. A la CENI, c’est la même opération puisque celle-ci ne fait que la transcription des résultats ; sans bien évidemment les retoucher.

-      La CENI a refusé d’aller dans certains bureaux de vote pour recompter les bulletins ou encore  y annuler les votes. VRAI.

En réalité, aux termes de l’article 103 du code électoral, il ne relève pas de la compétence de la CENI de procéder au redressement des résultats, au recomptage ni à l’annulation. Ces compétences sont dévolues uniquement à la Cour Constitutionnelle, juge du contentieux et de la régularité des élections.

-      Plusieurs anomalies ont  été relevées. VRAI.

Par exemple, dans  la préfecture de la Binah, des écarts ont été constatés entre le nombre de votants, soit 41432, les suffrages exprimés, soit 39528 voix et  les  bulletins nuls et blancs  soit 829.

Dans la préfecture de Zio, le procès-verbal  de centralisation des résultats provisoires a fait apparaitre 460 bureaux de vote au lieu de 457 ouverts le jour du scrutin.  

Dans la préfecture de Dankpen,  dix-sept (17) spécimens de bulletin de vote  ont été retrouvés  dans l’urne  du bureau de vote EPP  KPETAB.

-      Ces anomalies démontrent la fraude à grande échelle. FAUX.

Dans la Binah, les écarts s’expliquent par le mauvais comptage des votants et ne concernent pas les suffrages exprimés.   Ceux-ci sont de 39525 et correspondent au total des voix réparties entre les candidats en lice. Au demeurant, avec 39 525 voix pour Faure GNASSINGBE et 2060 pour Jean-Pierre FABRE, il est difficile de spéculer sur les 1200 électeurs qui auraient été de trop et en demander l’annulation du vote.

Dans la préfecture de Zio, la Cour Constitutionnelle a relevé que les trois bureaux de vote ont été enregistrés deux fois par erreur. Ces dédoublements se sont traduits  par un apport supplémentaire de voix réparties entre les cinq (05) candidats à raison de 409 pour Monsieur Jean Pierre FABRE, de 10 pour Monsieur TCHASSONA TRAORE Mouhamed, 08 pour Monsieur TAAMA Komandega ,08 pour Monsieur GOGUE  Tchabouré  et 192 pour Monsieur GNASSINGBE Faure Essozimna. Après avoir retranché ces voix indûment attribuées aux candidats, leurs suffrages obtenus dans la préfecture de Zio ont donc été redressés.

-      Les résultats proclamés par CAP 2015 et donnant Jean-Pierre FABRE vainqueur après avoir exclu 40% du corps électoral, soit plus de 870.000 électeurs presque exclusivement du nord pays, ne tiennent pas compte des préfectures considérées par cette coalition comme litigieuses. FAUX.

Dans le mémorandum que CAP 2015 a publié au soutien de la proclamation de ses résultats, la CELI de Doufelgou a été citée comme litigieuse. Pourtant, elle a fait partie des calculs ayant consacré selon CAP 2015, la victoire de monsieur FABRE.

-      Le général SANGARE s’est opposé à la proclamation des résultats et a démissionné. FAUX.

Avec la proclamation des résultats, le général a estimé être arrivé au bout de sa mission à la tête du Comité d’accompagnement. Si lui-même n’était pas présent dans la salle pour des soucis de santé, ses collègues du comité y étaient. Dans tous les cas, il est resté plusieurs jours à Lomé et a été reçu en audience par le Chef de l’Etat avant son départ. Surtout, l’OIF qu’il a représentée au cours de l’élection a, par la voix de sa secrétaire générale, déclaré que l’élection fut crédible et transparent ; et en a félicité Faure GNASSINGBE pour sa réélection.

-      Les présidents ivoirien et ghanéen ont demandé à la CENI de continuer à discuter CELI par CELI et à vider les contentieux qui en naîtraient. FAUX.

Les deux Chefs d’Etat ont été clairs dans leurs échanges avec la presse , dont les images et les bandes sont toujours disponibles : la CENI doit proclamer les résultats en sa possession et c’est à la Cour Constitutionnelle qu’il revient, le cas échéant, de connaître du contentieux. Chaque institution doit jouer son rôle, avaient-ils insisté.

 

 

 

 

Last modified onjeudi, 07 mai 2015 17:59