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Vieilles gloires du sport togolais: Dr Kaolo, un talent, un destin...

Vieilles gloires du sport togolais: Dr Kaolo, un talent, un destin...

Le football togolais eut le mérite d’avoir dans son écurie, des acteurs on ne peut plus exceptionnels et admirés pour leur talent. L’un des maîtres à jouer sur le continent africain dans les années 60 et 70 et incontestablement le porte-flambeau du football togolais à cette époque, fut Apéty Kossivi Edmond. Victime d’un inexplicable accident de la circulation dans la matinée du 2 juillet 1972 à Lomé, celui qui fut surnommé « Opérateur » puis « Docteur Kaolo » succombera le même jour, alors qu’il n’avait que 25 ans et était promis à une belle carrière.   Aujourd’hui, nombreux sont  les acteurs et fanatiques du cuir rond qui méconnaissent encore la vraie histoire de ce légendaire meneur de jeu et buteur . Retour sur la vie de l’homme, sa carrière et sa tragique disparition

 

Il était une fois un docteur du football…

 

Capable à lui tout seul de décider du sort d’un match ou de tout  réaliser avec le ballon rond,  Kaolo a marqué, à jamais, de son empreinte le football togolais. De son vrai nom Kossi Edmond APETY, le surnommé Dr Kaolo est né en 1947 à Dékpo Bokloti dans la préfecture du Zio. Neuvième enfant d’une famille polygame dont le père était Eklou APETY, le fils de dame Afansi BOCCO  développe très tôt l’amour du football qui reste un don pour sa famille. Le jeune APETY va très vite s’illustrer comme un magicien du ballon rond. En 1961, alors qu’il venait juste d’obtenir le Certificat d’Etude Primaire (CEP) son talent l’amènera du  « Roc Invincible » son club formateur à l’Etoile filante, un des plus grands clubs togolais à l’époque.

Passionné du beau jeu, redoutable par ses accélérations et ses tirs soudains, APETY Kossivi Edmond était un homme à tout faire. Sa réputation , telle une traînée de poudre, se répand très vite. Le jeune prodige est alors convoqué précocement en équipe nationale togolaise en juillet 1965. Phénomène imprévisible, discipliné et élégant, tel est le portrait que  plusieurs de ses anciens coéquipiers, nous ont   dressé du joueur. « Par la finesse de son jeu et ses prouesses sur le terrain, Edmond conquiert le public sportif tant local qu’international. Mieux, il est sujet d’admiration de nous qui sommes ses partenaires et même parfois de nos adversaires. En club comme en équipe nationale la seule présence d’APETY dans la composition de son équipe cause  frayeur et inquiétude chez l’adversaire »,  nous confie l’un de ses partenaires  en club. Pour nombre des fans de Kaolo, la finale de la 8e édition de la Coupe d’Afrique des clubs champions (Ligue africaine des champions) perdue en 1969 face au Tout Puissant Englebert de Lubumbashi (RDCongo) restera l’une des plus marquantes œuvres de leur idole. En effet, en réponse à l’humiliation subie  par l’Etoile  Filante battue 5 buts à 0  au match aller, au bout du premier quart d’heure du match retour, Kaolo et ses coéquipiers menaient les Congolais 3 à 0 avec un doublé du talentueux. Le match sera soldé par un score de 4 buts à 1. La même année, la carrière d’Edmond sera plus épanouie.  Il assoie sa notoriété en équipe nationale.

 

L’homme se démarque très rapidement de ses coéquipiers par son génie. Il fut tout d’abord surnommé «Opérateur ou Docteur» en référence à la manière dont il effectue les dribles, tel un chirurgien qui opère plusieurs patients à la fois. L’évolution sans cesse de son style de jeu lui vaudra un second surnom,   «Kaolo »,  nom traduisant la finesse   dans sa nouvelle façon de dribler ses adversaires,  en référence au stylo de marque Kaolo très populaire à l’époque.

 

L’entraîneur allemand du onze national des années 70, Gottlieb Goëller considérait le monument Kaolo comme une main tendue de Dieu sur la sélection togolaise. Le très jeune coéquipier de Franck Fiawoo, d’Alexandre Adékambi, de Galley Félix Tsé-Tsé et Ajavon Raymond permettra pour la première fois de son histoire au Togo  de prendre part à une édition de la CAN. A sa première apparition dans la cour des grands, le Togo ne passera pas hélas, le cap du premier tour. Pourtant, il  fit tache d’huile  avec deux matchs nuls; le premier contre le Mali (3-3) puis le second contre le Kenya (1-1) et une défaite (0-2) devant le Cameroun. De cette participation, l’histoire ne retiendra que le football attractif et les quatre buts du goaleador que fut APETY Kossivi.

 

Bien  qu’il ait été sollicité par d’autres formations de par le monde, c’est uniquement à Viva Filanté qu’ Edmond   exprima son immense talent footballistique .« En 1972, Kaolo avait été proposé par M. De MENTHON, directeur de la Caisse Centrale de Coopération Economique  et fondateur du Crédit du Togo devenu (BTD) pour jouer au sein du Football Club Paris-Saint-Germain en France. Il quitta clandestinement le Togo durant le mois de juin pour rallier la France via Cotonou au Dahomey, actuel Bénin.  Mais fut arrêté et fut renvoyé à Lomé », témoigne son frère Henry APETY. En équipe nationale, Dr Kaolo n’aura joué véritablement que quatre ans durant et onze ans à l’Etoile Filante. Recruté grâce à son statut de joueur, Edmond APETY  fut employé à la CEET (Compagnie Energie Electrique du Togo) où il fit carrière et joua des compétitions corporatives. Au cours de sa brillante et courte carrière Edmond a remporté plusieurs trophées,  certains  individuellement, d’autres en équipe.

 

La tragédie...

 

Né un dimanche, c’est aussi dans la matinée du dimanche 2 juillet 1972 sur le terrain de jeu du Bas-fond du Collège Saint-Joseph de Lomé, sous les couleurs de l’équipe de la CEET où il était employé que les prouesses du Dr Kaolo seront applaudies pour la dernière fois. Quelques heures plus tard, à 13h précisément,  le phénomène Kaolo sera victime d’un accident de la circulation et décédera des suites d’un traumatisme crânien.

Ce joueur hors norme laissera derrière lui deux femmes et deux enfants dont un garçon et une fille. La nouvelle de son décès fut accablante pour tout le peuple togolais et au-delà africain. Aujourd’hui, la dépouille de Kaolo repose au cimetière de la Plage à Lomé. Mis à part l’hommage populaire auquel l’illustre  disparu a eu droit, de l’enceinte du Centre culturel Foyer Pie XII à Wétrivi-Kondji, lieu de la chapelle ardente jusqu’à l’Eglise Saint –Augustin où fut célébrée la messe d’enterrement, seul le stade de Tsévié porte encore aujourd’hui  son nom. Mais est-ce suffisant pour honorer la mémoire de ce grand joueur?

 

Après la tragique mort du phénoménal joueur, le port du casque sera institué pour les motocyclistes sur le territoire Togolais.