Log in

Le Togo se lance dans le « Sukuk »

 Après le Sénégal et la Côte d’ivoire, le Togo vient de lancer son premier « sukuk ». Un appel public à l’épargne d’un montant total de 150 milliards de FCFA  en cours jusqu’aux 10 Août avec une maturité de 10ans et dont le prix d’émission est de 10.000 F. La marge de profit est de 6,5% par an et totalement exonéré d’impôts pour les résidents togolais.

 

La finance islamique tire ses sources du Coran, de la Sunna (tradition prophétique) et du Fiqh (jurisprudence islamique). Elle respecte certains principes qui sont l'interdiction de "riba" (intérêt), le Gharar (incertitude), Maisir (spéculation excessive), l'enrichissement injuste, et la thésaurisation.

Notons que le taux d’intérêt ou plutôt la marge de profit -le terme étant plus conforme à la loi islamique-, est orienté vers la hausse. Ainsi, en novembre 2015, la Côte d’Ivoire levait 150 milliards sur 5 ans pour une marge de profit de 5,75%. D’ici 2020, la première économie de l’UEMOA entend lever 300 milliards par le biais de la finance islamique. Le Niger prévoit mobiliser 150 milliards de FCFA au cours de la même période. Le Nigéria, la Tunisie, le Maroc et le Burkina Faso sont également annoncés sur le terrain de la finance islamique.

En occident, le Royaume-Uni a été le premier pays à lancer  en 2006 un projet de création d'un sukuk. Cette initiative a été particulièrement bien accueillie par les milieux financiers londoniens. En effet, de grandes banques anglaises ont consacré des branches entières de leurs activités à la finance islamique afin de profiter de ressources financières inexploitées au sein des pays musulmans.

De fait, le sukuk se présente comme une opportunité de placement à travers des parts d’un Fonds commun de titrisation de créances (FCTC).Cette opération est l’équivalent islamique des obligations. Le mot a la même racine perse que « chèque ». Cependant, contrairement aux obligations conventionnelles, qui confèrent simplement la propriété d’une dette, les sukuk correspondent à un projet déterminé. Les profits versés annuellement correspondent aux gains que ces projets devraient générer. Juridiquement, ils s'apparentent au titre de propriété (quote-part) d'un actif générateur de flux financiers et des risques maitrisés. Ainsi ces titres respectent les lois islamiques appelées  aussi principes de la Charia, qui interdisent le paiement d’intérêts.

L’arrangeur principal de l’opération est la Société islamique pour le développement du secteur privé (SID), filiale de la Banque islamique de développement (BID). Les co-chefs de file du syndicat de placement sont SGI Africaine Bourse (Attijariwafa Bank), BOA Capital Securities (BMCE Bank of Africa), Coris Bourse (Coris Bank International), Ecobank Development Corporation (ETI) et la Société de gestion et d’intermédiation du Togo (SGI Togo).