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BCEAO : faire de l’inclusion financière, sa bataille

BCEAO : faire de l’inclusion financière, sa bataille

Le taux de bancarisation dans la zone Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) est passé de 7% en 2007 à 15% en 2014. Durant la même période, on a remarqué une évolution du taux global d’utilisation des services financiers (intégrant la monnaie électronique) qui est passé de 16% à 61%. Malgré ces relatives progrès, la zone UEMOA reste l’une des régions où les proportions d’adultes possédant un compte bancaire auprès d’une institution financière formelle est la plus faible au monde. Cette zone ne veut plus être à la traîne dans ce domaine car il admise que plus une économie est financièrement inclusive, plus elle a de chance de croître rapidement.

C’est qui justifie la conférence de haut niveau organisé à Dakar ce 20 Septembre 2016 par la BCEAO et le FMI. Des décideurs, des Ministres et Gouverneurs de banques centrales ainsi que les principaux acteurs de la société civile, du secteur privé et des ONG de l’espace CEDEAO ont pris part à cette rencontre dont le but est d’échanger sur les voies et moyens de promouvoir l’inclusion financière dans l’espace UEMOA.

A l’ouverture des travaux, le Président du conseil des ministres de l’UMOA, le Ministre sénégalais de l’Economie, des finances et du plan, M. A         madou Bâ,  reconnaissant les enjeux de l’inclusion financière sur le développement de la sous région, n’a pas manqué d’énumérer les réformes que les autorités monétaires de l’UEMOA ont mis en œuvre ces dernières années dans ce sens. Ces mesures visent, selon lui, à instaurer un cadre propice à l’exercice de l’activité bancaire et financière et à la promotion de l’inclusion financière.

M. Bâ a indiqué que  les stratégies nationales financières qui existent ou qui sont en cours d’élaboration dans les pays membres de l’UEMOA, doivent être complémentaires au niveau régional afin d’assurer une articulation entre la stratégie régionale et les stratégies nationales.

Pour sa part M. Mitsuhiro Furusawa, le directeur général adjoint du Fonds monétaire international (FMI), la question de l’inclusion financière est d’une importance capitale. Il s’est réjoui des progrès accompli par bon nombre de pays en ce qui concerne l’accès aux services financiers ces dernières années. Mais dans la zone UEMOA, beaucoup de chemin reste à parcourir, note-t-il. Pour preuve moins de 18% de la population adulte ont accès à des services bancaires contre 34% à l’échelle continentale.

L’inclusion financière jette un pont entre les opportunités économiques et les résultats. A cet effet, M. Mitsuhiro a souligné le rôle que les banques centrales et la technologie peuvent jouer dans ce sens.

« L’inclusion financière ne concerne pas seulement l’Etat. Bien d’autres acteurs sont requis, en particulier le secteur privé, mais aussi la société civile », a-t-il insisté.

Le représentant du FMI a donné l’exemple du Kenya et de la Côte d’Ivoire. Pour le premier pays, l’intégration du paiement mobile dans l’économie de marché au cours des 10 dernières années, a fait chuté e 41 à 17% la proportion des Kenyans qui n’ont pas accès aux services financiers alors que dans le deuxième pays, le nombre de compte mobile dépasse des comptes traditionnels.

Pour le Gouverneur de la BCEAO, M.Tiémoko Meyliet Koné, la problématique de l’inclusion financière revêt, un enjeu majeur de développement à l’échelle mondiale et plus particulièrement pour les pays africains puisqu’elle est devenue un catalyseur de croissance économique.

« Il est donc normal que la stratégie d’inclusion financière soit placée au centre de toute politique de développement visant à accélérer la croissance, lutter contre la pauvreté et réduire les inégalités sociales », a conclut M. Koné.

Notons qu’actuellement dans le monde, environ 2 milliards de personnes n’ont pas accès à des services financiers de base. La plupart sont pauvres et une grande proportion, africaine.