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Le HCDH tire le rideau sur sa présence au Togo

Après  neufs années d’appui à la société civile et au gouvernement togolais en matière de promotion et de  protection des droits de l’homme, le bureau du Haut Commissariat des Nations Unies au Droits de l’Homme (HCDH) au Togo n’aura plus de présence effective dans le pays à partir de ce 30 juin. Pour finir en beauté son mandat, une cérémonie de clôture a été organisée en son honneur le 23 juin  dans les locaux de la paroisse universitaire Saint Jean de Lomé.

Placée sous le thème « Evaluation de la situation des droits de l’homme au Togo, huit ans après l’Accord du 10 juillet 2006, portant ouverture du bureau: bilan, défit et perspective du HCDH au Togo », cette cérémonie  présidée par le Premier Ministre, Komi Selom Klassou, a  regroupé des acteurs imminents en matière de droit de l’Homme du Togo.  Cependant, les raisons qui mettent fin à la présence effective du bureau sur le territoire divergent. Selon le représentant du HCDH venu de Genève, des contraintes budgétaires auxquelles l’organisation fait face, sont à la base de la fermeture. Pour le gouvernement togolais, la maturité du pays en matière de Droit de l’homme demeure la cause.  « Aujourd’hui que notre pays est sur une bonne lancée en terme de progrès unanimement reconnus, ce qui justifie d’ailleurs la fin de présence de votre bureau (HCDH) au Togo, je voudrais vous rassurer que l’évolution actuelle de la situation des droits de l’homme dans le pays ne nous fera pas arrêter la dynamique », précise le PM,  Komi Selom Klassou.
Par ailleurs, des défis restent à être relevés pour sauvegarder les acquis lors du passage de l’organisation dans le pays. « Après le HCDH, les togolais seront évalués sur leurs capacités à se prendre en charge en matière de droits de l’homme à la moindre occasion. A l’heure de cette évaluation, les togolais ne devront pas échouer au risque de se faire considérer comme des éternels assistés en matière de droits de l’Homme », révèle Me Hamadou Yakoubou, Ministre des Droits de l’Homme et de la consolidation de la Démocratie. En effet, d’énormes avancées sont enregistrées à l’actif du HCDH-Togo dans différents domaines, trois en particuliers d’après la société civile togolaise. Il s’agit notamment de l’observation des droits de l’Homme dans le contexte électoral, de l’appui à la justice transitionnelle et du renforcement des capacités du personnel judiciaire. A titre illustratif,  le PM cite la contribution à l’apaisement de l’environnement électoral aux cours des récents cycles électoraux, l’organisation et la mise en œuvre de la Commission Vérité-Justice et Réconciliation (CVJR),…. Tout en saluant les actions du HCDH au Togo, la société civile et le gouvernement rassure de prendre le relais des activités laissées en suspens par l’organisation. Quant-à ce qui concerne la mise en œuvre des recommandations de la CVJR, le Haut Commissariat à la Réconciliation et au Renforcement de l’Unité Nationale (HCRRUN) portera son flambeau.

Rappelons que le HCDH s’installe  au Togo en 2006, sous la sollicitation du gouvernement togolais. Les violences multiples et l’instabilité de l’environnement sociopolitique   en a mené l’état togolais et le bureau du Haut Commissariat des Nations Unies au Droits de l’Homme (HCDH) a  signé  l’Accord du 10 juillet 2006. Cet accord marque le début de la coopération entre les deux partenaires pour une meilleure interprétation des questions liées aux Droits de l’homme. Neufs années plus tard, tous les acteurs s’accordent pour dire que le pari est tenu.