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Changements climatiques : 7, 20 milliards de FCFA de perte pour l’agriculture togolaise d’ici 2025

 

 

 

Ces dernières années, le phénomène du changement climatique inflige de lourdes pertes financières à l’économie togolaise. Une étude, effectuée par le ministère de l’environnement, estime qu’à l’horizon 2025, le pays perdra dans les 6, 16 milliards de FCFA de recettes agricoles en ce qui concerne la production du maïs et plus de 1,4 milliard de FCFA pour celle du riz. De nouvelles initiatives sont d’ores et déjà prises par  gouvernement togolais  pour éviter au pays une telle perte.

De 1961 à 2005, on a noté une élévation de  température de 0,5°C à 1,1°C  et une diminution de la pluviométrie au Togo. Le nombre de jours de pluie a diminué de 15 jours en moyenne dans la même période, rendant ainsi  le secteur agricole de plus en plus vulnérable. La non-constance de l’alternance entre les périodes sèche et humide affecte énormément le rythme saisonnier. D’après le secrétaire exécutif par intérim de l’Organisation paysanne et des producteurs agricoles,  la conjugaison de tous ces facteurs accroît les difficultés du secteur agricole. « Nos saisons ont changé, la sécheresse dure plus longtemps et détruit nos semences. De ce fait, on ne se fie plus tellement aux prévisions atmosphériques puisqu’ils ne sont pas actualisés. Toutefois, cela a de l’impact sur  nos rendements. Les raisons qui ont contribué à la hausse du prix du maïs cette année sont entre autre la sécheresse, les vivotes du marché extérieur et le système de l’avantage », explique t-il.

Les conséquences les plus visibles restes l’inflation des prix des produits alimentaires locaux sur le marché, la non-compétitivité des produits agricoles togolais sur l’échiquier national et international, l’abandon du secteur agricole par les paysans, l’extension de l’exode rural… En l’espace de cinq ans, de 250F- 350F CFA le prix du bol de maïs, il est passé à un prix d’au moins  500F, soit une augmentation d’au moins 25%. Quant au kg du riz, il a enregistré une hausse de 25%. Selon les chiffres officiels, les pertes des recettes agricoles seront comptées à plus de milliards avec les années, plus précisément,  23 milliards FCFA dans 35 ans et  87 milliards FCFA d’ici 2100.  En outre, l’impact des changements climatiques sur le secteur agricole est important. Il réduit la production alimentaire, fragilise la sécurité alimentaire tout affectant la croissance économique.

Par ailleurs, les changements climatiques sont intimement liés à la production du gaz à effet de serre (CO2, méthane,…). Ce gaz absorbe le rayonnement infrarouge émis sur la surface de la terre. Tout en  permettant la rentrée du rayonnement solaire, le gaz à effet de serre l’empêche d’en ressortir. La pollution, principal producteur dudit gaz, accentue le réchauffement de  la planète. Malgré la faible émission de gaz à effet de serre par  les pays sous développés à l’instar du Togo, ils sont tout autant victimes du réchauffement climatique que les pays du Nord. Le taux d’émission est de 3,8% du total des émissions mondiales pour les pays du sud. De ce fait, des approches de solution sont envisagées pour limiter les dégâts sur le plan national et international.

De nouvelles perspectives….

Pour faire face à la sécheresse, l’Etat togolais avec l’aide de ses partenaires envisage « de grands projets d’aménagement hydro-agricole dans les bassins de Zio, Mono et Mô pour le développement de l’agriculture et des retenues d’eau au bénéfice des populations rurales », révèle M. André Johnson, ministre de l’environnement. Outre ce projet, 1000 ha de bas-fonds  sont retenus à des fins agro-Sylvio-pastorales dans le cadre de la mise en œuvre du Projet de l’Adaptation de la Production Agricole au Togo (ADAPT). Ce système s’articule autours de trois grandes idées. La  production de masse qui respecte des normes qualité, le dispositif technique et technologique adapté et un système de vente structuré. L’agriculture togolaise grâce à ses différentes initiatives  pourrait en fin de compte  avoir un meilleur avenir.

Sur le plan international, la 21e Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), ou COP21, qui va se tenir du 30 novembre au 11 décembre 2015 à Paris est un évènement très attendu par le continent Africain. La signature d’un instrument juridique universellement contraignant, en vertu duquel tous les États s’engageraient à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, afin de stabiliser la concentration du gaz dans l’atmosphère au dessous de 2°, serait une garantie pour le succès des différentes initiatives que prend chaque pays.

Par conséquent, le Togo est en marche vers  une croissance agricole intelligente, durable et inclusive allant de paire avec une économie propre, compétitive et sans carbone. Rappelons que l’agriculture contribue à 52% de la richesse nationale.