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Le soutien (inespéré) de HOLLANDE à N’GUESSO !

La petite phrase prononcée par le président français François HOLLANDE sur le referendum de dimanche prochain au Congo en marge d’une conférence de presse organisée avec son homologue malien en visite d’Etat en France, ne passe toujours pas dans beaucoup de milieux africains. Considérée comme un soutien explicite à l’initiative du Chef de l’Etat congolais Denis Sassou N’GUESSOU, elle semble avoir permis de « gonfler à bloc » le  camp de ce dernier,  à quelques jours de la consultation populaire.

« Le président Sassou peut consulter son peuple, ça fait partie de son droit, et le peuple doit répondre ».  Ce sont les mots qui provoquent l’ire des opposants congolais et qui indéniablement permettent à N’GUESSO de boire du petit lait, au moment où le referendum du 25 octobre cristallise les tensions dans son pays. Pour François HOLLANDE qui les a prononcés à l’Elysée, le président congolais devra veiller à « rassembler, à respecter et à apaiser ».  « Une fois que le peuple aura été consulté. Cela vaut d’ailleurs pour tous les Chefs d’Etat de la planète » a-t-il ajouté. 

Bien évidemment, les partisans du changement constitutionnel se sont réjouis de ce soutien inespéré, à priori en contradiction avec le discours du président français à Dakar dans lequel il dénonçait les présidences à vie et les modifications intéressées des lois fondamentales. Le ministre des Affaires étrangères congolais, Jean-Claude Gakoso a par exemple salué des « propos pleins de responsabilité » du dirigeant hexagonal.

A l’opposé, Paul-Marie MPOUELE , l’une des figures anti-referendum a  vivement critiqué les propos du président HOLLANDE. « C'est en totale contradiction avec sa première déclaration au sommet de la francophonie à Dakar. Nous pensons que c'est une totale méconnaissance de la Constitution congolaise actuelle parce que le président français devrait savoir en réalité, que le président de la République, au regard de notre Constitution, n'a pas le droit de convoquer un référendum surtout lorsque celui-ci ne concerne, en réalité, que le changement de Constitution », a-t-il expliqué. Comme l’association Survie qui a estimé que par ces déclarations, l’ancien secrétaire national du Parti Socialiste a «  réaffirme son soutien à Denis Sassou-Nguesso en vertu de la préservation d’autres intérêts, des intérêts économiques, stratégiques, alors même qu’en ce moment des Congolais meurent sous les balles du régime »

De fait, malgré les morts et les manifestations, le gouvernement compte aller au bout et organiser le referendum,  comptant sur la démobilisation qui a commencé dans plusieurs villes du pays dont surtout la capitale Brazzaville, où la vie reprend peu à peu : « la férocité de la répression ajoutée probablement au fait que l’opinion a l’impression que les grandes puissances soutiennent SASSOU après la déclaration de HOLLANDE,  explique en partie cette baisse de tensions » analyse un confrère congolais.

RAPPEL :

En réalité, les déclarations de François HOLLANDE ne sont que le rappel de principes gouvernant un Etat. La consultation du peuple, des citoyens sur des questions majeures ne peut être considérée comme anti démocratique ; bien au contraire. Et c’est sur ce terrain qu’ a voulu aller le président français en concédant à monsieur N’GUESSO, son droit de donner la parole à ses concitoyens et ensuite de les rassembler, quelque soit le résultat du vote.

Sauf qu’après 30 ans de pouvoir cumulés, l’initiative du président congolais apparaît à juste titre pour bon nombre de ses opposants, comme une tentative de maintien au pouvoir. Ils sont convaincus que c’est un referendum dont le oui sortira nécessairement vainqueur ; le président congolais ne pouvant introduire un tel projet  sans s’être assuré, y compris par des moyens frauduleux, de l’emporter. C’est donc la crise de confiance entre les acteurs politiques,  le doute sur la sincérité et la transparence du scrutin à venir qui expliquent la mobilisation de Congolais contre la tenue du scrutin.  Et non l’idée même d’une consultation populaire qui par essence, est la voie la plus démocratique par excellence.

Pour rappel, Sassou N’GUESSOU, 71 ans est en l’état actuel de la Constitution congolaise insusceptible de se représenter de nouveau à l’issue de son deuxième mandat qui court jusqu’en 2016. Il est  atteint par une double limite. D’abord celle du mandat présidentiel fixé à deux maximum ; ensuite celle de l’âge plafonné à 70 ans. Le projet constitutionnel soumis dimanche au référendum fait sauter ces deux verrous et introduit également par exemple l’impunité et l’interdiction de poursuite contre les anciens responsables du Congo à la fin de leurs fonctions, notamment en son article 96.