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POUR L’EXEMPLE ET POUR LA CREDIBILITE.

Battu lors du scrutin présidentiel organisé le 1er  décembre  dernier,  Yahya JAMMEH  a reconnu contre toute attente sa défaite,  félicitant même  au passage le vainqueur dans une mise en scène télévisée, avant de faire volte-face quelques jours plus tard. Au soutien de ce revirement aussi inattendu que ne l’était la reconnaissance de son échec, le président gambien argue de résultats tronqués et d’une commission partisane, « aux ordres de puissances étrangères. »

 

De fait,  le pays s’installe désormais dans une crise post électorale dont l’issue est incertaine, tant la personnalité du dirigeant de ce petit pays du continent, est imprévisible. Malgré l’optimisme affiché par plusieurs dirigeants africains de voir Adama BARROW s’installer à partir du 19 janvier  au palais de la présidence, et les menaces à peine voilées proférées par le chef de l’Etat sénégalais Macky SALL et le président de la  Commission de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest ( CEDEAO), Marcel de SOUZA sur un éventuel recours à la force, il n’est pas acquis que  monsieur JAMMEH entende raison et rende le tablier si facilement. 

 

Pourtant, il le faudra. Certes, la commission électorale gambienne a en partie favorisé  ce retournement de situation en concédant avoir commis des erreurs dans la compilation  des résultats, qui sont passés d’un écart de plus de 60.000 voix entre les deux principaux challengers  à moins de 20.000. Une brèche dans laquelle s’est opportunément engouffré celui qui a passé déjà 22 ans au pouvoir, et qui n’en demandait pas tant. A cela, il faut ajouter l’imprudence, voire l’irresponsabilité d’Adama BARROW et de ses proches qui n’ont pas eu la sagesse de ne pas menacer de poursuites ou de potences dans leurs premières sorties médiatiques, le président sortant et son entourage. Négligeant ainsi l’instinct de conservation qu’entretient tout dirigeant en fin de règne, conscient d’innombrables casseroles qu’il traîne et des cadavres enfermés dans ses placards.

 

Cependant et quoi qu’il en soit, il faudra que le verdict des urnes soit respecté et le vote des Gambiens pris en compte. Les Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO réunis à Abuja (NIGERIA) lors de sa   cinquantième session ordinaire   l’ont clairement indiqué. Leur position  ne saurait être un  simple  effet d’annonces ou un vœu pieu. Elle devra être suivie d’actes. Pour l’exemple et pour la crédibilité de l’organisation, celle-ci n’a d’autres choix que d’aller au bout de sa fermeté, en obligeant, quel qu’en sera le prix et peu en importe la forme, Yahya JAMMEH à rendre le pouvoir en janvier, au bout d’une transition pacifique et consensuelle.