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EDITORIAL

EDITORIAL (49)

Enrayer le cercle vicieux des décès évitables !

Deux professeurs agrégés  de médecine, l’un en  histologie,  embryologie,  génétique et  santé de la reproduction, le seul  encore en activité au Togo, et l’autre en  pédiatrie, sont décédés en l’espace de quelques jours, dans des conditions inacceptables.

Selon plusieurs sources concordantes et d’après des avis autorisés, leur décès aurait pu être évité. A condition pour le premier d’avoir  pu accéder  à un transport médicalisé, depuis son domicile où il a  été victime d’un malaise jusqu’au CHU Sylvanus OLYMPIO où il a été admis en urgence. Et pour le second, d’avoir  bénéficié d’une réanimation médicale avec un matériel de monitoring pour surveiller ses fonctions vitales et d’ampoules d’adrénaline pour soutenir sa fonction cardiaque. Autant dire que l’existence d’équipements hospitaliers basiques auxquels les citoyens peuvent légitimement aspirer, aurait pu sauver nos médecins.

Ce tragique évènement en a révolté plus d’uns ; et à raison. Et fondé la sortie pamphlétaire d’un professionnel, publiant sans doute sous le couvert d’un pseudonyme.  Dans sa lettre, il s’en prend au ministre de la Santé. Incarnant le secteur de la Santé et vu l’émotion suscitée par ces douloureuses disparitions, on peut comprendre qu’il  soit désigné presque comme le responsable de la situation. Cependant, sauf à vouloir absolument désigner un bouc émissaire, le Pr MIJIYAWA ne saurait, en tout cas seul, être comptable de l’état désastreux de nos centres de santé et de tout le tissu médical. Fût-il à la tête de ce département depuis 2 ans.

 

C’est davantage le résultat de plusieurs années de démission, d’indifférence et de choix prioritaires douteux des pouvoirs publics au détriment d’un  système de santé de base organisé et doté de moyens, qui est à l’origine de ce sombre  tableau,  de cette situation  révoltante et  plus qu’alarmante, parce qu’ayant dépassé depuis fort longtemps le seuil de l’acceptable. Et il faut avoir mis les pieds dans un des lieux, illégitimement appelés hôpital ou centre de soins, pour comprendre la désolation et le calvaire  quotidiens des patients et de leurs proches.

En effet, et comme décrit dans le pamphlet, « les hôpitaux sont toujours aussi mal équipés, les malades toujours autant démunis devant l’annonce de leur maladie et de tout ce qu’il leur faut débourser avant de se faire soigner, il n’y a pas de transport médicalisé digne de ce nom, les laboratoires sont obsolètes, les appareils de radiologie en panne, les services des urgences démunis, les réanimations n’existent que de nom ». A ceci, il faut nécessairement ajouter l’absence de conscience professionnelle, qui a depuis belle lurette déserté le cœur de certains praticiens.

A l’heure des grands travaux et des investissements sur des chantiers prioritaires de développement, notre pays ne peut plus faire l’économie de la construction de grands centres hospitaliers dignes de ce nom, et véritablement équipés. Les solutions provisoires, les replâtrages ne font que déplacer inutilement le problème de fond. Et pendant ce temps, des familles continuent à être endeuillées. Quasi gratuitement !

OUVRIR LE DEBAT !

Sauf improbable revirement de situation, le Maroc devrait voir officiellement valider son adhésion à la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) en décembre prochain. Ce sera lors de la 52ème session ordinaire des Chefs d’Etat et de Gouvernement qui se tiendra à Lomé. En février dernier, le royaume chérifien en avait fait la demande, quelques semaines après son retour au sein de l’Union Africaine (UA), dont il avait quitté la prédécesseure, l’Organisation de l’Unité Africaine ( OUA), pour protester contre l’admission de la République arabe sahraouie démocratique (RASD). Au cours du sommet de la conférence des dirigeants ouest-africains à Monrovia début juin, le principe de l’acceptation de la candidature avait été alors accepté ; à charge pour la Commission d’examiner les implications d’une telle adhésion au regard des dispositions du Traité révisé de la CEDEAO et d’en soumettre les résultats.

 

Pour certains, l’arrivée du Maroc va booster et renforcer cette zone qui est la communauté la plus dynamique dans la région. Pour d’autres, il s’agit d’une mauvaise nouvelle ;  cette adhésion pouvant déstructurer  davantage les économies mal organisées   de la plupart des pays de la communauté et faire repousser aux calendes grecques, certains ambitieux projets relatifs à des convergences macroéconomiques.  De fait, il est difficile de réconcilier les deux positions, et surtout, de présumer de l’impact à moyen et long terme de cet élargissement. C’est un pari qu’ont fait les leaders de la CEDEAO, « en raison des liens forts et multidimensionnels de coopération entre le Maroc et l’Afrique de l’Ouest » ont-ils avancé. S’ouvrir aux autres a toujours été une démarche plus porteuse d’espérance et d’opportunités  que le repli sur soi, même s’il y a lieu de s’interroger sur les vraies motivations, aussi bien du demandeur que de ceux qui ont validé la candidature ; comme sur les conséquences de celle-ci. 

En tout état de cause, il n’est pas normal  que cette adhésion n’ait pas été précédée et suivie d’un débat aussi bien politique que dans l’opinion publique. En effet, l’arrivée de 30 millions de nouveaux membres, bien en  avance sur nous sur le plan économique mais aussi différents de nous sur beaucoup d’autres plans, sera tout sauf neutre pour la communauté. Dans ce contexte, et même s’il  ne devrait pas être sanctionné par un vote, un débat aurait dû être ouvert à l’Assemblée nationale. Les élus du peuple auraient dû être informés de la position du pays sur cette adhésion, de ses raisons, afin qu’ils expriment leur point de vue.

 

Moins grave mais tout  autant dommageable, l’absence de débat public sur la question , qui aurait pu être menée par la société civile, les chefs d’entreprise ainsi que d’autres acteurs non politiques.

 

Malheureusement sur ce sujet comme sur bien d’autres impliquant l’avenir du pays,  les représentants de la nation ne sont pas consultés ; eux-mêmes ne se bousculant pas non plus pour s’en saisir ni protester d’avoir été écartés,  donnant l’impression que pour eux, les seuls combats qui vaillent la peine d’être menés sont ceux liés à la limitation du mandat présidentiel ou aux élections présidentielles à deux tours. Comme si ces deux réformes suffisaient à elles  seules à faire faire au pays, le saut qualitatif dont il a besoin pour se développer.

 

 Oubliant que jusqu’en 2002, ces dispositions avaient existé sans que le Togo fût un pays émergeant. La société non politique n’est pas du reste. Enfermée dans des considérations politiciennes et partisanes, elle reste également à l’écart de ces grands enjeux pour notre pays. La vie publique d’un pays ne peut se résumer à la modification de quelques articles de la Constitution.

LE BAL DES CHAROGNARDS.

Plus de deux semaines après la décision de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC), le retrait des fréquences à la Chaîne du Futur (LCF) ainsi qu’à City FM continue de   susciter la polémique. Si la mesure a fait l’unanimité contre elle en ce qu’elle réduit au silence des organes importants du paysage médiatique togolais et condamne au chômage plusieurs dizaines d’employés, sa dénonciation connaît beaucoup de mesures, au fur et à mesure de l’appropriation de l’essentiel des éléments du dossier. Aujourd’hui, la  question qui suscite encore véritablement débat est de savoir si la HAAC était compétente pour ordonner le retrait des fréquences. Elle est posée par les responsables du groupe  SUD MEDIA et leurs avocats à la chambre administrative de la Cour Suprême.

 

Car sur le fond, tout le monde aura compris qu’au lancement des deux chaînes jusqu’alors, elles ne disposaient pas d’autorisation d’installation ni d’exploitation telle que l’exigent les textes en vigueur. En termes clairs, elles émettaient en toute illégalité et étaient des organes de fait à défaut d’être ceux de droit, profitant de la position privilégiée qu’était celle de leur présumé promoteur.

 

De fait, pour beaucoup dont nous en sommes, la meilleure démarche, au-delà de la question de compétence posée à la plus haute juridiction du pays,  pour sauver cet espace d’expression  et l’emploi,  est celle de la facilitation et des plaidoyers. Ils n’offrent sans doute aucune garantie de succès si ce n’est la conviction d’avoir œuvré, en toute responsabilité et avec les armes que mettaient à disposition  le contexte et la réalité  des faits.

 

Malheureusement, ce dossier et sa dimension politico-médiatique offrent  encore une fois l’occasion à des « professionnels de l’indignation et de la condamnation » de s’offrir de la publicité à moindres frais.  Ainsi qu’aux donneurs de leçons de tous acabits de s’en donner sans mesure à leur sport  favori, jetant allègrement de l’huile sur le feu et compliquant les discussions de couloir, sans  s’interroger à aucun moment sur les retombées de leur inconséquence ; et surtout pas sur l’efficacité de leurs envolées verbales.

 

Dans ce contexte, tous sont sommés d’adhérer sans réserves aux diktats, à l’analyse et aux choix de groupuscules et de grandes gueules, dont la seule vertu est de crier plus fort que les autres et d’invectiver à longueur d’interventions le Président de la République. Au risque de  voir remettre en cause par la prétendue vox populi, la sincérité de l’engagement pour la réouverture des deux chaînes et celle de la compassion envers les confrères désormais sans emploi.

 

Ils considèrent qu’en dehors d’eux et de leur lecture faite à partir de lorgnettes déformées  par le vrai moteur qui les anime, qui est tout sauf celui d’un engagement désintéressé en faveur de deux médias fermés, il n’y a point de salut. Des médias sont mobilisés, des émissions organisées pour dire à l’opinion tout ce qu’elle doit penser de ces « pelés, ces galeux » d’où vient tout le mal de la presse togolaise et ô sacrilège, qui n’osent pas s’aligner sur la pensée vertueuse de ces chevaliers blancs. En dehors des naïfs, tout le monde a compris que le but de toute cette agitation, digne de charognards, est ailleurs.

 

Y compris les salariés qui ne veulent pas que leur malheur soit instrumentalisé de quelque manière que ce soit. En tout état de cause, ceux qui prospèrent en situation de crise et l’alimentent pour exister, en tous points de vue, n’ont aucun intérêt à une issue heureuse de cette situation. Leur ostentatoire agitation  n’en sonne que davantage fausse. 

 

AU NOM DE L’APAISEMENT!

Le 06 février dernier,  la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) a pris la décision de retirer les fréquences à LCF et à City FM au motif que ces organes n’ont obtenu aucune autorisation régulière d’installation et d’exploitation auprès de la Haute Autorité.

 

Pour ceux qui connaissent un tant soit peu le dossier, il est en effet patent que les deux chaînes n’ont pas satisfait aux exigences encadrant l’obtention de fréquences radiophoniques dans notre pays et n’ont dès lors pas signé de conventions avec la HAAC précisant leurs cahiers de charges. Il est aussi un secret de polichinelle que l’arrivée de ces médias s’est faite dans des conditions encore floues, voire opaques, dénoncées en son temps, par la presse. C’est d’ailleurs pour cela que les différentes initiatives prises pour éviter la fermeture des deux stations, l’ont été de façon discrète et les plaidoyers en faveur d’une poursuite des activités, fondés non pas sur le droit mais sur la nécessaire préservation de l’espace de liberté. C’est aussi pour cela que les intervenants dans le dossier, ont suggéré pour la plupart, que les concernés évitent des postures ou déclarations, susceptibles d’être vues comme établissant un rapport de force ou créant les conditions d’un affrontement par médias ou réseaux interposés, avec instrumentalisation de la situation.

 

Cependant, en choisissant de procéder à la fermeture de LCF et de City FM, alors même qu’à notre sens, les discussions multiformes ne sont pas encore épuisées, la HAAC n’a laissé guère de chance à la possibilité d’une solution qui préserve l’espace de libre expression ainsi que l’emploi. Même sans avoir été régulière à sa naissance, LCF s’est installée dans le paysage médiatique togolais depuis bientôt 10 ans, constituant l’une des chaînes les plus regardées. Elle contribuait à la diversité et au pluralisme médiatique et proposait certaines émissions de qualité, qui avaient leurs publics. Au surplus, après avoir laissé presqu’une décennie une situation de fait, exister sans aucun problème, aucune urgence n’imposait que le couperet tombe aussi rapidement. La mesure est d’autant plus amère qu’elle signifie pour plusieurs dizaines de confrères et autres petites mains, la fin d’une belle aventure, pire, l’inscription au chômage.

 

Elle est aussi annonciatrice d’une période de tensions entre la HAAC et les professionnels de médias, à l’heure où justement plusieurs questions cruciales se posent à la corporation qui nécessiteraient une synergie d’actions et d’initiatives, mais dans un climat de sérénité. Le Togo, dans ce contexte, va également devoir s’attendre à être épinglé sur le plan international comme prédateur de la presse,  fondée ou pas que fût la décision sur le plan administratif ou juridique. Le pays devra aussi se résoudre à perdre probablement des points dans le classement annuel de Reporters sans Frontières, tout comme auprès des différents mécanismes d’évaluation de la situation de la liberté de presse dans le monde. Et sans doute  dans le processus pourtant bien engagé du Millenium Challenge Account. C’est dire donc que le coût du retrait des fréquences sera cher payé pour des gains aléatoires. Il est encore temps de récupérer la situation en permettant aux deux chaînes, de régulariser leur dossier. C’est ce que les Sénégalais ont fait au départ d’Abdoulaye WADE, dont le régime avait laissé s’installer des médias  en violation de la législation en vigueur. Ceux-ci ont été invités tout simplement à régulariser leur situation, suite aux interventions des organisations de presse.

Il y a une bonne leçon à tirer de cet évènement. Quel que soit notre niveau de pouvoir et quelle que fut notre influence, ayons l’humilité et le réflexe citoyen de respecter scrupuleusement les textes. Nul en effet ne lit l’avenir. 

 

 

LA FIN DE L’IMPUNITE ?

 

 

 

Parmi les annonces gouvernementales  de ce début d’année, figure la relance de la commission anti-corruption avec la nomination de ses membres. Sur le plan des symboles, cette décision des autorités est un fort signal adressé à l’opinion, dans un contexte de révélations de vrais ou imaginaires dossiers de corruption, de détournements de deniers publics ou encore de mauvaise gestion.

 

Mais elle ne saurait rester dans le symbolisme, tant l’application du principe de la reddition des comptes comme la fin de l’impunité relativement aux crimes économiques, sont aujourd’hui devenus des impératifs catégoriques.

 

Après plus d’une décennie de mise au ban de la communauté internationale et un pays en quasi faillite en tous points de vue, le Togo , au prix de moult efforts et de sacrifices multiformes  consentis par tous, a réussi  à remonter la pente. Notre société est apaisée et poursuit sa marche démocratique, à pas de tortues selon certains, mais résolument sur le chemin pour les plus objectifs qui regardent nécessairement tout le chemin parcouru. L’économie est en pleine relance et plusieurs indicateurs encourageants.

 

Mais le pays traîne comme un boulet,  l’état de sa justice qui continue pour une certaine part, à prendre beaucoup de liberté avec le droit et à rendre des décisions déroutantes pour bon nombre de justiciables.  Et ce malgré les efforts de modernisation et les milliards engloutis, qui malheureusement ne sauraient corriger à eux  seuls la cupidité de certains magistrats.  A cela, il faut ajouter, ceci expliquant peut être cela, le  non respect de l’obligation de rendre des comptes pour tous ceux qui, de manière directe ou indirecte, gèrent des deniers publics. Non seulement ils ne défèrent pas à cette exigence, mais en plus on en trouve presque jamais  à répondre devant la justice  des accusations de délits ou de crimes économiques. Et pourtant, ce n’est pas les scandales qui manquent. A l’heure où l’éducation est dans la revendication permanente,  le secteur de la santé a besoin de plus de moyens,  le soutien aux jeunes entrepreneurs nécessite des incitations financières ou encore les agriculteurs  réclament un meilleur accompagnement, l’Etat doit mobiliser davantage de ressources. Cela passe par la lutte contre la corruption et la chasse aux différents fraudeurs, les « délinquants en col blanc ».

A l’orée de cette nouvelle année, l’un de nos vœux est donc que la mise en place de cette commission soit la manifestation d’un vrai engagement et non un simple effet d’annonce. Nous nous ferons le devoir d’en juger tout au long des prochains mois.

Bonne et heureuse année à tous !

 

 

 

POUR L’EXEMPLE ET POUR LA CREDIBILITE.

Battu lors du scrutin présidentiel organisé le 1er  décembre  dernier,  Yahya JAMMEH  a reconnu contre toute attente sa défaite,  félicitant même  au passage le vainqueur dans une mise en scène télévisée, avant de faire volte-face quelques jours plus tard. Au soutien de ce revirement aussi inattendu que ne l’était la reconnaissance de son échec, le président gambien argue de résultats tronqués et d’une commission partisane, « aux ordres de puissances étrangères. »

 

De fait,  le pays s’installe désormais dans une crise post électorale dont l’issue est incertaine, tant la personnalité du dirigeant de ce petit pays du continent, est imprévisible. Malgré l’optimisme affiché par plusieurs dirigeants africains de voir Adama BARROW s’installer à partir du 19 janvier  au palais de la présidence, et les menaces à peine voilées proférées par le chef de l’Etat sénégalais Macky SALL et le président de la  Commission de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest ( CEDEAO), Marcel de SOUZA sur un éventuel recours à la force, il n’est pas acquis que  monsieur JAMMEH entende raison et rende le tablier si facilement. 

 

Pourtant, il le faudra. Certes, la commission électorale gambienne a en partie favorisé  ce retournement de situation en concédant avoir commis des erreurs dans la compilation  des résultats, qui sont passés d’un écart de plus de 60.000 voix entre les deux principaux challengers  à moins de 20.000. Une brèche dans laquelle s’est opportunément engouffré celui qui a passé déjà 22 ans au pouvoir, et qui n’en demandait pas tant. A cela, il faut ajouter l’imprudence, voire l’irresponsabilité d’Adama BARROW et de ses proches qui n’ont pas eu la sagesse de ne pas menacer de poursuites ou de potences dans leurs premières sorties médiatiques, le président sortant et son entourage. Négligeant ainsi l’instinct de conservation qu’entretient tout dirigeant en fin de règne, conscient d’innombrables casseroles qu’il traîne et des cadavres enfermés dans ses placards.

 

Cependant et quoi qu’il en soit, il faudra que le verdict des urnes soit respecté et le vote des Gambiens pris en compte. Les Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO réunis à Abuja (NIGERIA) lors de sa   cinquantième session ordinaire   l’ont clairement indiqué. Leur position  ne saurait être un  simple  effet d’annonces ou un vœu pieu. Elle devra être suivie d’actes. Pour l’exemple et pour la crédibilité de l’organisation, celle-ci n’a d’autres choix que d’aller au bout de sa fermeté, en obligeant, quel qu’en sera le prix et peu en importe la forme, Yahya JAMMEH à rendre le pouvoir en janvier, au bout d’une transition pacifique et consensuelle. 

 

 

 

 

 

POUR UNE REPUBLIQUE EXEMPLAIRE.

L’Alliance des Démocrates pour un Développement Intégral (ADDI) a déposé le 10 novembre dernier sur la table de l’Assemblée nationale, une proposition de loi « portant déclaration de patrimoine, prévention et répression de l’enrichissement illicite au Togo ».

 Selon l’exposé des motifs, l’exercice de fonctions publiques doit s’accompagner d’un devoir de responsabilité, de probité et d’intégrité, excluant toute velléité d’accaparement des ressources publiques. La formalité de déclaration de patrimoine permettrait , assure le texte,  non seulement de garantir la transparence dans la conduite des affaires publiques mais aussi et surtout de prévenir les conflits d’intérêts et toute forme d’enrichissement illicite.

 

Le parti du Pr Aimé Tchabouré GOGUE déclare fonder sa démarche sur l’article 145 de la Constitution de 1992 qui prescrit que le Président de la République, le Premier Ministre, les membres du Gouvernement, le Président et les membres du bureau de l’Assemblée Nationale et du Sénat et les Directeurs des administrations centrales et des entreprises publiques fassent  devant la Cour Suprême une déclaration de leurs biens et avoirs au début et à la fin de leur mandat ou de leur fonction. Et confie à une loi, qui n’a pas été à ce jour adoptée, de déterminer les conditions de la mise en œuvre de ces dispositions.

Il cite par ailleurs  la Directive n° 01/2009/CM/ UEMOA portant code de transparence dans la gestion des finances publiques au sein de l’UEMOA, transcrite dans l’ordonnancement juridique national par la Loi n° 2014-009 portant code de transparence dans la gestion des finances publiques qui dispose en son article 50  : « les détenteurs de toute autorité publique, élus ou hauts fonctionnaires, font une déclaration de leur patrimoine en début et en fin de mandat ou de fonction. Une loi spécifique précise les conditions et le périmètre de ce principe et définit les infractions et sanctions de tout enrichissement illicite. »

 

Cependant, il est peu probable que cette proposition de loi soit votée en l’état et à court terme, ce pour plusieurs raisons. D’abord, avec 2  députés sur les 91 que compte la représentation nationale, ADDI a peu de chances de voir prospérer son initiative. D’autant plus  qu’au lieu  d’approcher les différents groupes parlementaires, surtout la majorité,  pour un travail de lobbying et, osons le mot, de « marchandage », il a préféré prendre à témoin l’opinion et instrumentaliser la presse. Ensuite, plusieurs réserves sur le fond sont à souligner. Ainsi que l’a relevé l’ancien ministre Christian TRIMUA, les définitions des termes contenus dans la proposition posent de sérieux problèmes et portent atteinte pour certains, à de nombreux droits de tiers. De même que de nombreuses confusions procédurales jonchent le texte, la compétence des autorités administratives et judiciaires n’est  pas clairement établie  ou encore l’annulation de privilège de juridictions etc… sont autant de faiblesses qu’il faudra nécessairement corriger.

 

Il n’empêche  que l’initiative, dans son essence,  est à saluer parce que satisfaisant  dans son esprit à une obligation constitutionnelle jusque-là ignorée. Elle répond  également à une exigence de notre époque moderne, où la transparence et la reddition des comptes doivent être les mamelles de toute action publique. Emprunter  cette voie entrouverte par l’enseignant d’Economie et ses amis aura  d’autres vertus : mettre fin à certains fantasmes à la vie dure et engager résolument la République dans l’exemplarité. Sans négliger par ailleurs son caractère dissuasif : la peur du gendarme étant pour beaucoup, le commencement de la sagesse. C’est pour toutes ces raisons et en dépit de ses imperfections, qu’il faut soutenir la proposition de loi d’ADDI, pour la valeur qu’elle porte. 

 

TRUMP, L’ECHEC D’OBAMA !

 

 

 

L’onde de choc du résultat des dernières élections présidentielles aux Etats-Unis  ne s’est toujours pas  estompée. Encore groggy par la victoire de Donald TRUMP, des milliers d’Américains continuent de  battre le pavé pour contester le nouveau locataire de la Maison Blanche. «  Not my president » scandent les manifestants,  jouant ainsi dans la rue, à l’image des pratiques de bon nombre d’oppositions en Afrique, un deuxième tour infructueux alors que le scrutin est définitivement fermé et l’issue acquise.

Le Républicain a gagné seul.  Envers et contre  l’etablishment,  les anciens présidents en vie qui ont appelé à voter contre lui, les mass medias, les instituts de sondage, la société civile, une grande partie des apparatchiks de son propre camp, l’opinion internationale qui, pour une écrasante majorité, si elle avait eu le droit de vote, aurait porté ses  suffrages sur Hillary CLINTON.

La campagne des organes de presse américains avec un écho très favorable dans le monde, présentant le magnat de l’immobilier au minimum comme un « idiot » ou « indigne » d’être le 45è président des Etats-Unis pour reprendre les mots du sortant, n’aura finalement pas beaucoup pesé. Sa victoire est donc un véritable pied de nez à cette  large « coalition anti-trump ». C’est surtout l’expression de l’échec de Barack OBAMA.

En effet, si après huit années à la présidence, succède à l’ancien sénateur dont l’élection a suscité un élan inédit, un homme à qui tout l’oppose, au-delà de leur appartenance politique et de la nécessaire alternance qui est une donnée fondamentale aux Etats-Unis, c’est la démonstration que la soif d’un changement en profondeur était très forte.  De sa politique et de celle de ses « semblables », les Américains ne voulaient pas en reprendre.  En dépit de son fort engagement personnel et de celui de sa femme dans la campagne à un niveau jamais atteint auparavant, empruntant parfois des termes très durs pour décrire le candidat républicain.  Un véritable camouflet pour le couple présidentiel que soulignent très peu d’analystes.

De fait, après deux mandats le pays est très divisé comme tous l’admettent, y compris les deux finalistes de l’élection. La violence n’a pas baissé, au contraire,  la parole raciste ne s’est jamais autant libérée depuis des décennies, et les agressions basées sur la xénophobie se multiplier. A tout cela, Donald TRUMP n’est pas la cause, mais le symptôme. Prix Nobel de la Paix avant même d’entamer son administration, Barack OBAMA n’a pas ralenti le rythme des guerres que mènent les Américains dans le monde, sous différents prétextes.  La planète n’est pas plus sûre aujourd’hui qu’elle ne l’était sous Georges W. BUSH, pourtant décrié comme un patent va-t-en guerre.

Mais surtout, les électeurs qui ont porté en triomphe un anti-système et qui ne sont pas tous de vilains racistes misogynes, ont voulu sanctionner une politique socio-économique qui les laisse au bord de la route. Leur vote est avant tout le cri de cœur de simples gens qui se sentent abandonnées,  voient leurs conditions de vie se dégrader tous les jours malgré les promesses, n’ont plus ou peu d’emplois, sont angoissés par la mondialisation et appréhendent l’avenir de leurs enfants.  Etc, etc…

C’est connu : l’échec des politiques classiques et de la « caste » des dirigeants contribue à la montée du populisme et de l’extrémisme. On opposera à ceci l’ « obamacare » ; quoique important pour 20 millions d’Américains mais visiblement insuffisant comme bilan après 8 ans. Ou encore le niveau de popularité d’OBAMA. Encore faut-il que les sondages puissent encore être considérés comme crédibles, après leur dernier fiasco !

 

 

 

LA CPI DOIT REVOIR SA COPIE !

Depuis quelques semaines, la polémique autour de la Cour pénale internationale (CPI)  a pris une nouvelle tournure avec l’annonce faite par trois pays, de se retirer du Traité de Rome qu’ils avaient ratifié des années auparavant. Si les cas de la Gambie et du Burundi ont été considérés par beaucoup comme anecdotique voire logique, ces Etats  étant régulièrement cités comme de patents violateurs massifs des droits de l’homme et leurs dirigeants comme de potentiels candidats à la Haye, celui de l’Afrique du Sud devrait en revanche interpeller. Ne pouvant,  d’aucun point de vue,    être assimilé au  caprice d’un « obscur dictateur sanguinaire ».

Ces différentes  positions doivent définitivement convaincre, au minimum, du malaise que crée le fonctionnement de la CPI. Elles constituent les réponses peut-être brutales, aux questions que se posent bon nombre de pays africains qui ont valu lors d’un sommet des Chefs d’Etat de l’Union africaine (UA), une proposition de sortie collective du Traité de Rome.

L’idée d’une justice internationale, qui viendrait pallier les insuffisances ou le manque de volonté délibérée de celle locale pour écouter, panser les plaies et faire rentrer dans leurs droits,  des citoyens victimes de la folie meurtrière et des comportements hautement répréhensibles de leurs compatriotes, souvent dirigeants, ne peut qu’être partagée. L’impunité favorise et encourage certains fléaux et crimes, dont les auteurs s’abritent  justement derrière la protection du principe de  la souveraineté des Etats.

Cependant, lorsque la quasi-totalité des affaires ouvertes par la CPI ne concerne que des Africains, un continent il est vrai en proie à de terribles conflits dévastateurs,  alors même qu’au Moyen et en Extrême-Orient, en Asie, en Amérique Latine et un peu partout dans le monde, d’autres plus sanglants et plus vieux ont lieu sans qu’elle n’en connaisse, difficile de balayer le reproche d’un tribunal contre les Africains.

Qui peut véritablement convaincre que le conflit post électoral ivoirien méritait davantage  l’intervention de la CPI, que les guerres en Irak, au Yémen ou encore en Syrie qui ne semblent pas faire partie des priorités des juges de la CPI, qui ont jeté leur dévolu sur la Côte d’Ivoire, le Soudan, la Centrafrique, la Répubique Démocratique du Congo….

Et  prétendent lorgner du côté du Gabon, comme si les évènements douloureux qui s’y sont déroulés et son lot insupportable de morts, quoique inacceptables, avaient quelque commune mesure avec les sauvageries quotidiennes que vivent les populations syriennes et yéménites. Pourtant, le curseur de la priorité n’est pas ( encore ?)  arrivé à ces conflits.

Ajouté à cela  le fait que certaines puissances, promptes à brandir la menace de la Haye, à l’instrumentaliser pour faire passer leur position, à l’instar des  Etats-Unis, n’ont même ratifié le traité. Bien plus, elles  ont signé des conventions avec des  pays pour qu’en contrepartie d’un soutien financier, ils ne soient jamais amenés à livrer leurs  ressortissants  à la CPI. Voilà une autre réalité qui fonde les critiques d’une justice à deux vitesses, de deux poids deux mesures.

En tout état de cause, ces images d’Africains menottés, escortés par des Occidentaux, amenés dans des tribunaux dont les juges sont à une écrasante majorité des Blancs, ne sont plus supportables pour une partie de l’opinion publique africaine. Sans pour autant que ceux qui la composent, soient des buveurs de sang, des accrocs à la guerre ou des défenseurs de vilains autocrates. Elles renvoient à d’autres images, que l’actuelle génération n’a pas certes vécues, mais qu’elle devine aisément.

La CPI doit donc revoir sa copie, pour poursuivre dans tous les conflits où les crimes les plus abjects sont commis ; démontrant ainsi qu’elle n’est pas aux ordres des puissances occidentales.  C’est à ce seul prix qu’elle fera taire les critiques, bien fondées et légitimes quoi qu’en disent les « droits de l’hommiste» qui sont dans leur rôle. La justice internationale quoique constituant un idéal intéressant et utile, doit par ailleurs composer avec la politique.

Si les premiers responsables des FARC avaient été à la Haye, l’accord aujourd’hui conclu avec le gouvernement colombien n’aurait peut-être pas existé ou s’en serait trouvé plus difficile à conclure.

C’est pour dire que l’on devrait parfois laisser aux peuples, aux nations voire à des régions, la possibilité de trouver les dynamiques pour trouver des solutions à leurs problèmes, le temps qu’il faudra, sans les handicaper par de grands principes moralisants, contre-productifs. Moussa TRAORE au Mali, Hissène HABRE au Tchad, Augusto PINOCHET  au Chili en sont les parfaites illustrations.

 

 

 

DIPLOMATIE DE RESULTATS !

 

 

 

Le Sommet extraordinaire de l’Union Africaine (UA)  sur la sécurité et la sûreté maritimes et le développement en Afrique s’est achevé le 15 octobre dernier sur une note de satisfaction.

Qualifiée  par le président en exercice de l’UA, le Tchadien Idriss Déby Itno d’un des « sommets les plus réussis » de l’organisation, la rencontre de Lomé est aussi  historique en  ce qu’une Charte sur la sécurité maritime a été adoptée, la première du genre dans le monde.

Même si la capitale togolaise ne fut qu’une étape dans le combat contre les fléaux des mers et océans, celle-ci était nécessaire dans la volonté des Etats africains de faire de ces derniers, de véritables opportunités et leviers de développement. 

« Un jour, les générations futures diront que vous avez été de grands visionnaires » , avaient lancé à juste titre quatre enfants aux dirigeants du continent  dans une saynète, jouée en préambule de la cérémonie d’ouverture du sommet.

Comme pour les encourager à franchir le pas d’une synergie d’actions et de concordance de moyens.  Certes, toutes les délégations présentes n’ont pas paraphé le document. Mais l’histoire retiendra que la Charte de Lomé a concrétisé la volonté de  rassembler l’Afrique autour d’engagements contraignants contre la piraterie, la pêche illégale, ou encore pour la promotion de l’«économie bleue ».

Avec 38 pays sur 54 ayant une frontière maritime, les enjeux maritimes sont une priorité pour le continent, et plus particulièrement dans le golfe de Guinée, où 40 % du poisson pêché l’est de façon illégale et où la piraterie est devenue, depuis quelques années, la plus importante au monde.

La diplomatie togolaise qui se veut celle des résultats, doit pouvoir capitaliser sur cette victoire d’étape et continuer à faire le plaidoyer.  

D’abord  pour que l’enthousiasme ne retombe pas ;  ensuite afin   que les instruments nécessaires à l’effectivité de la Charte soient dans les meilleurs délais,  déposés par les différents Etats. 

En attendant, le Togo retourne à son quotidien. La rentrée est là avec déjà les premières grèves. Le Gouvernement devra rapidement la page du sommet et faire aux défis sur lesquels il est pour l’essentiel,  jugé par les concitoyens. L’opposition politique n’a pas eu la courtoisie républicaine de décréter une trêve durant sommet. Bien au contraire ! 

Elle a tenté sans succès d’en brouiller le message en créant des évènements parallèles.

Pas sûr qu’elle attende longtemps pour embrayer sur ses revendications favorites relatives aux réformes ainsi qu’aux élections locales. 

Bref, le « terre-à-terre » et l’ »habituel » reprennent force et vigueur après la séquence « historique ». 

 

 

 

 

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