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CONSEIL DES DROITS DE L’HOMME : LE TOGO PARTAGE SON EXPERIENCE DU DEVELOPPEMENT A LA BASE.

En marge des travaux de la 36è session du Conseil des droits de l’homme qui se déroule du 11 au 29 septembre à Genève (SUISSE), le Togo partagera avec la communauté internationale ses acquis en matière de développement inclusif. Ce sera au cours d’un évènement parallèle prévu en fin de matinée de ce 14 septembre, au Palais des Nations.

 

En septembre 2015, lors de l’adoption des objectifs de développement durable (ODD) , les pays membres des Nations Unies ont désigné le Togo comme l’un des deux pays pilotes pour l’expérimentation de la nouvelle approche en matière de planification du développement durable. De fait, avec l’appui du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), le pays a entrepris plusieurs activités en vue de l’intégration, de manière globale et coordonnée, des ODD dans sa stratégie et politique de développement en mettant un accent particulier sur les populations à la base, c’est-à-dire les couches les plus vulnérables. Ceci à travers le Programme national de renforcement des capacités et de modernisation de l’Etat pour la période 2015-2019, ayant pour vocation de s’attaquer aux causes structurelles de la pauvreté et des inégalités. Son approche, fondée sur les concepts de développement à la base et d’inclusion, vise à contribuer significativement à l’atteinte des ODD et ne laisser personne derrière. C’est elle qui sera mise au débat ce 14 septembre en marge du Conseil des Droits de l’Homme. 

HAUT NIVEAU.

Pour le gouvernement togolais, l’objectif de cette initiative est de partager avec la communauté internationale l’approche du Togo pour un développement inclusif et durable à travers le concept du développement à la base. Il s’agit de mettre en lumière les mécanismes établis par le pays avec le soutien du PNUD dans sa mise en œuvre des ODD tout en montrant que le concept de développement à la base traduit en action sur le terrain de l’ODD de base de « ne laisser personne derrière », tout en renforçant les droits humains. Les officiels togolais devront également illustrer la contribution de leur approche à la mise en œuvre des droits humains, y compris le droit au développement pour tous. Et mettre en  évidence les défis ou les obstacles relevés par le panel afin d’établir un dialogue constructif  avec les partenaires. 

Le panel qui animera l’évènement est composé entre autres de Mme Victoire DOGBE, ministre du développement à la base, de l’artisanat, de la jeunesse et de l’emploi des jeunes, Mme Nakpa POLO, secrétaire d’Etat aux droits de l’homme, ou encore de Mme Khardiata Lo NDIAYE, représentante résidente du PNUD au Togo etc. Mme Rosemary McCARNEY, ambassadeur et représentant permanent de la Mission permanente du Canada auprès de l’ONUG et des autres organisations internationales à Genève assurera la modération. 

 

 

LE PNP DEVRA CHANGER D’ITINERAIRE

Les manifestations  auxquelles a appelé le Parti National Panafricain (PNP)  s’annoncent sous  de mauvais auspices.  Lors d’une conférence de presse tenue conjointement en fin de matinée, le ministre de la Sécurité et de la Protection Civile Yark DAMEHAME ainsi que son homologue de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et des Collectivités locales Payadowa BOUKPESSI ,  ont exigé une modification de l’itinéraire envisagé pour la marche à Lomé, au risque sinon de la voir interdite.  Refus du PNP

 

Pour le gouvernement, l’itinéraire choisi par le PNP à Lomé, Echangeur Agoè ( sous-pont)-Stade Agoè-GTA, et s’inscrivant dans le cadre de ses manifestations synchronisées dans 5 villes du pays ainsi qu’à l’étranger ont pour objectif de paralyser le pays, notamment la N°1. «  Il n’est pas recevable qu’un parti politique puisse organiser une marche dans plusieurs villes pour bloquer le pays » a justifie le Colonel Yark DAMEHAME. De fait, il propose un autre itinéraire pour le cortège des militants et sympathisants, comme l’y autorise les dispositions de l’article 12 de la  loi sur les manifestations, soutient l’ancien directeur général de la gendarmerie. Qui met en garde : «  la loi s’imposera. S’ils ne modifient pas leur plan , la manifestation n’aura pas lieu. On les dispersera au point de rassemblement. Ce n’est pas à l’autorité de reculer mais à eux » indique-t-il. Et d’ajouter, presque sur un ton martial : «  s’ils veulent faire de la politique, qu’ils le disent. Si c’est autre chose, ils nous auront en face. Il est hors de question de laisser s’installer ce risque dans notre pays. Nous savons ce qu’ils ont derrière la tête. Et si les éléments essuient des coups de feu, ils riposteront »

MANIFESTATION MAINTENUE :

Quelques heures après la sortie des ministres, le leader du PNP dit maintenir la manifestation. Il conteste aux ministres la prérogative de modifier l’itinéraire d’une manifestation. «  Le ministre se fonde sur l’article 13 de la loi sur les manifestations publiques alors que cet article ne parle nullement de modification d’itinéraire. La loi ne donne pas prérogative à l’autorité d’imposer d’autorité des itinéraires aux organisateurs d’une manifestions. Le motif avancé par le ministre est l’occupation de la N1, alors que nous ne l’avons pas choisi comme point de chute. Il n’y aura  pas d’occupation ; nous ne  ferons  que passer. Donc la marche est maintenue » déclare-t-il.  

QUE DISENT LES TEXTES :

C’est le 13 mai 2011 que l’Assemblée nationale  a adopté la loi fixant les conditions d'exercice de la liberté de la réunion et de manifestation pacifique, appelée Loi Bodjona. Aux termes des dispositions de l’article 12 de ladite loi sur lesquelles se fonde le gouvernement, « l’autorité compétente qui reçoit la déclaration ( de manifestation ndlr), peut faire connaître ses observations et ses recommandations en ce qui concerne le lieu, l’itinéraire, la sécurité et les secours d’urgence raisonnables , dans un délai de 72 heures, avant la date prévue pour la réunion ou la manifestation.

L’article poursuit : «  l’autorité administrative compétente peut vérifier le respect des prescriptions visées à l’article 12 avant la tenue de la réunion ou de la manifestation. Pour vérifier le respect de ces prescriptions qu’elle a formulées pour la tenue de la réunion ou de la manifestation, l’autorité administrative compétente peut se déplacer sur le ou les lieux concernés, en présence des organisateurs.

A l’issue de ces constations, l’autorité administrative compétente  peut, par décision motivée, soit différée la manifestation, soit l’interdire, s’il y a des risques sérieux de troubles à l’ordre public.

 

UNIR renonce à marcher le 19 aout.

Annoncée pour faire le contrepoids à la manifestation synchronisée dans plusieurs villes au Togo et à l’étranger du Parti National Panafricain (PNP) le 19 août prochain, la marche de l’Union pour la République (UNIR) vient d’être reportée sine die. La décision a été  prise à l’issue d’une réunion tenue cet après-midi au siège du parti sis à Lomégan. « Ce n’est pas une annulation, mais un simple report » a confié un participant à la rencontre. Même si elles ne sont pas encore officielles, des raisons sécuritaires semblent avoir motivé ce choix ; beaucoup craignant un risque d’affrontement avec les militants et sympathisants du PNP.

Malgré l’ouverture permanente des frontières, les rackets n’ont pas dit leur dernier mot

Annoncée lors de la dernière visite officielle du président ghanéen au Togo en mai dernier, entérinée par les travaux de la 4ème commission mixte Togo-Ghana tenue à Accra du 25 au 27 juillet, l’ouverture permanente de la frontière terrestre entre le Togo et le Ghana est effective à partir de ce 31 juillet. La frontière entre les deux pays qui restait ouverte à durée limitée-de 05h à 22h- le sera désormais  24h/24. Cette mesure prise par les plus hautes autorités des deux Etats frontaliers vise à faciliter la libre circulation des personnes et des biens  et favoriser les échanges entres les deux pays. Quelques jours après l’annonce de la mesure, une équipe de votre journal Focus Infos s’est rendue aux postes frontaliers de Kodjoviakopé-Aflao et Hillah-Condji-Sanvee-Condji. Constat…

 

Mercredi 09 Août 2017, il sonnait presque 23h au poste frontière de Kodjoviakopé, un calme plat règne sur ce lieu faiblement éclairé par la lumière vacillante des lampadaires. Ce calme n’est souvent brisé que par le bruit des vagues qui viennent s’échouer sur la côte située à quelques mètres de là. De part et d’autre de la frontière des camions semi-remorques communément appelés titans sont stationnés le long de la nationale qui longe la côte. Côté togolais, un groupe de cinq ou six conducteurs de taxi-motos attendent des hypothétiques clients. Pas grande affluence à ce poste à cette heure de la nuit, seuls quelques rares véhicules personnels ou engins à deux roues franchissent la frontière à cette heure. C’est dire que la mesure d’ouverture permanente de la frontière n’est pas encore rentrée dans les habitudes.

 

Sans trop de difficulté, la traversée de la frontière côté togolais se fait sans aucun contrôle d’identité. Le schéma est tout autre au niveau des services d’immigration du Ghana. L’un des agents exige la carte nationale d’identité. Sans y jeter un coup d’œil, il réclame ensuite le carnet de vaccination. En l’absence de celle-ci, il réclame  « 1000F ». Nous comprendrons plus tard que la demande de carte nationale d’identité n’est qu’un alibi pour racketter.

Devant nous, un groupe de femmes visiblement des ghanéennes n’ont pas non plus échappé à ce racket qui se fait à ciel ouvert à cette heure de la nuit. Seuls les habitués, à l’instar de Mlle Princesse résidente à Aflao et qui revenait à cette heure chez son copain habitant au quartier MIVIP de Kodjoviakopé a échappé au racket.

 

LES SERVICES ADMINISTRATIFS NE SUIVENT PAS LA CADENCE DE L’OUVERTURE …MAIS LES RACKETS DEMEURENT

L’ouverture de la frontière de façon permanente ne booste pas pour l’instant « le commerce et le tourisme entre les deux pays » comme l’a souhaité le président Nana Akufo-Addo lors de son séjour à Lomé. Puisque les services administratifs qui devraient accompagner cette mesure ferment leur porte à 18h ce qui n’arrange pas les transporteurs obligés d’attendre le lendemain. « Ça fait plus de 48h que nous sommes ici attendant que le transitaire nous apporte les papiers nous permettant de traverser la frontière. Supposons que c’est une denrée périssable que nous transportons, les pertes seront énormes », se plaint M. Agnidozan transporteur de la société béninoise Yalau qui fait transiter des tuyaux métalliques depuis le port de Téma vers Cotonou.

La méconnaissance des textes de la CEDEAO par les citoyens, parfois par les administrations, et la faiblesse de ces administrations constituent des obstacles pour la libre circulation des personnes et des biens entre les Etats membres. Bien que le Protocole sur la libre circulation dans l’espace communautaire dispose qu’un citoyen muni d’« un passeport ou tout autre document de voyage en cours de validité, établissant l’identité de son titulaire, avec sa photographie, délivré par ou au nom de l’Etat membre dont il est citoyen et sur lequel figurent les cachets de contrôle des services » peut circuler librement dans l’espace, sur le terrain le constat est tout autre. Les obstacles à cette disposition sont légions.

Preuve, un couple nigérian qui rentrait à Lomé cette nuit-là, fera les frais du racket érigé en règle. Bien que présentant leur carte d’identité et de vaccination, le policier togolais leur demande de payer chacun 1000F. Finalement, ils ne seront autorisés à partir qu’après avoir donné la moitié de la somme. Approchés quelques minutes plus tard pour savoir s’ils savent qu’ils doivent passer sans aucun payement comme le dit le Protocole de la libre circulation des personnes et des biens dans l’espace communautaire, ce couple avoue son ignorance de ces textes. « Même si nous le savons, ce n’est pas à cause de 1000F que nous allons rester dans  la nuit-là et perdre notre temps », nous a confié la dame.

 Il est surprenant que cette forme de corruption perdure moins de trois mois après la visite du président en exercice de la CEDEAO, Faure Gnassingbé, à la frontière de Kodjoviakopé et sa question à l’officier de police « qu’est-ce que vous faites lorsque les voyageurs n’ont pas de papier ?» et la réponse de ce dernier « Nous sensibilisons nos agents. Nous les sanctionnons lorsque les gens nous informent qu’ils ont été victimes de racket ».

 

24h après la frontière ouest du Togo, nous prenons la direction de celle de l’Est avec le même objectif.  Hillah-Condji, le point de jonction entre le Togo et le Bénin, a une expérience vieille de l’ouverture  24h/24 sur Kodjoviakopé. D’ailleurs et contrairement à Kodjoviakopé, il se développe une activité commerciale de part et d’autre de la frontière à toute heure de la journée. « Ici on ne ferme pas la frontière, à moins qu’il y ait vote ou grève », confie Akpédjé, revendeuse de pain.

Les rackets à Hillah-Condji sont plus huilés et tous ceux qui passent par ce poste savent ce qu’il faut payer : 1000F pour absence de carte d’identité et 300 F pour le carnet de vaccination. De jour comme de nuit, des milliers de personnes qui traversent cette frontière sont rackettés sans qu’on sache où va tout ces fonds collectés.

 

LE RACKET INSTITUTIONNALISE…

Il sonnait 23h dépassé quand nous décidions d’aller de l’autre côté de la frontière Bénin. Une fois dépassé le premier poste de police togolais, nous constatons que deux jeunes postés au dernier poste donnant droit au territoire togolais, prenaient chez tous les voyageurs systématiquement 1000F. La scène est presque banale puisque personne ne s’en offusque. Ces jeunes sont ce qu’on appelle ici des intermédiaires. Ils sont plusieurs dizaines et aident les forces de sécurité dans le racket.  Ils sont également positionnés devant  la « corde ». Cette dernière étant   le passage des riverains et des motocyclistes. Parfois, d’autres jeunes  en complicité avec les intermédiaires profitant du manque d’attention des policiers font passer certains voyageurs contre demi tarif c’est-à-dire 500F au lieu des 1000F « réglementairement » payés.

A la fin de la journée, une partie du butin est partagée avec les intermédiaires. Selon certains habitués des lieux, il arrive que ces intermédiaires rentrent avec pas moins de 25 000 F CFA par jour.

Selon le protocole de la CEDEAO sur la libre circulation des personnes et des biens, « les véhicules à usage commercial immatriculés sur le territoire d’un Etat membre et transportant des passagers pourront entrer sur le territoire d’un autre Etat membre, y demeurer pendant une période de quinze (15) jours, sur présentation aux autorités compétentes de l’Etat membre d’accueil, des documents suivants en cours de validité :  permis de conduire ;  certificat d’immatriculation ; police d’assurance reconnue par les Etats membres ;  carnet international de passage en douanes reconnu à l’intérieur de la Communauté.

 

Toutefois, au cours de la période de quinze (15) jours, ces véhicules à usage commercial ne pourront pas être utilisés à une fin commerciale sur le territoire de l’Etat membre de séjour.

De retour de l’autre côté de la frontière du Bénin, nous croisons dans le no man’s land, Ibrahim, chauffeur de la  compagnie de transport « Bonne route » qui relie Lomé à Niamey.    (Suite à la page 6)

Il laisse éclater son amertume : « les douanes de Hillah-Condji et de Comé nous font trop dépenser », déclare-t-il estimant ne pas comprendre pourquoi pour une marchandise  dédouanée au port de Lomé, ils doivent subir des rackets des  policiers et des douaniers le long du corridor togolais, soit environ 32 000F. En plus de ceux sur le territoire  de transit qu’est le Bénin.

Cette nuit-là, sur les six bus en convoi en direction du Niger, les autres sont partis laissant le dernier au niveau des policiers béninois. Raison : un mineur aurait été confié à quelqu’un dans le bus pour passer ces vacances à Niamey or l’enfant n’a ni carte nationale ni le carnet de vaccination. Les policiers exigent qu’il paie mais la personne à qui il est confié n’a pas les moyens. Conséquence plus de deux heures d’attente.  

 

« Pour une seule personne, nous sommes obligés de perdre notre temps ici. Je comprends que les policiers ne doivent pas transiger sur l’absence de carnet de voyage mais prendre l’argent et laisser passer est-ce que cela résout le problème pour lequel le carnet est exigé », se demande Moussa pour qui ces difficultés de traversée des frontières africaines fait qu’on ne peut pas honorer des rendez-vous.

« J’ai un passeport de la CEDEAO mais je ne l’utilise pas car si tu l’as ça te reviens plus cher. Puisque les agents pour mettre le cachet réclame 2000 F autant payer 1000 F comme tout le monde et partir », relate Mme Passah Azonko.

 

Vendredi matin, le bus du Club des amis de la solidarité, une association burkinabè, arrive à la frontière. A bord une quarantaine de personnes, la plupart des élèves. Partis de Ouagadougou, ils sillonnent les capitales de la sous région (Accra-Lomé-Cotonou) dans le cadre de la 15ème édition de la Caravane internationale d’intégration et de solidarité. Une belle initiative d’intégration ouest africaine.

Mais quand ils arrivent au poste frontière, l’intermédiaire, demande 10 000 F avant de soulever la barrière.  Refus catégorique de M. Jean Paul Sawadogo, le financier de l’association qui toutefois consent à les payer que s’ils lui délivrent un reçu. « Nous avons tous nos papiers en règle et même dans le pays anglophone quand nous montrons nos papiers on nous laisse passer ». La témérité de Sawadogo a payé puisqu’il sera conduit au poste de police où ils ne payeront plus rien après contrôle de leur pièce.

La traversée de la frontière est aussi faite quotidiennement par les camions Dangote, du nom du richissime homme d’affaires nigérian, qui desserrent le Togo et le Ghana en ciment. Selon un des chauffeurs, ils sont des fois 100, 50 ou 25 à traverser la frontière tous les jours. Mais eux ils ne paient pas les taxes. Leur société a tout négocié et c’est elle qui paie.

 Malgré la volonté clairement affichée par les chefs d’Etat de faire de la libre circulation des personnes et des biens une réalité dans l’espace ouest-africain, traverser la frontière relève d’une gageur ceci par le fait de la corruption érigée en règle par les forces de l’ordre. Sans des mesures pragmatiques comme par exemple l’installation des cameras de surveillance, l’ouverture des frontières 24h/24 quoique effective,  la libre circulation des personnes et des biens dans l’espace communautaire ouest africain ne sera qu’un vœu pieux.

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