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FAURE MUST STAY* ! (FAURE DOIT RESTER)

Faure doit rester ! Ce titre, un brin et volontairement provocateur n’est pas une  réponse au slogan en vogue dans les cortèges, de Lomé à Paris, en passant par Bruxelles ou New-York etc, défilant pour « exiger » le départ sans conditions, hic et nunc, du président de la République. Il n’est pas non plus l’expression du désir d’un règne ad vitam aeternam, envers et contre tous. Il se veut  simplement l’opposition à une posture fondée sur un argumentaire dont la vacuité est flagrante, qui  martèle l’idée que le renversement de l’ordre constitutionnel actuel, serait non seulement soutenable juridiquement,  mais en plus  ouvrirait la voie à une stabilité politique dans notre pays, davantage qu’elle ne le fût jusqu’alors.

 

En effet, à peine à mi-mandat, rien ne saurait justifier l’appel à la démission de Faure Gnassingbé, tel que le réclament les leaders de l’opposition, sous le diktat et la cohue de la rue. Car parmi les hérauts de cette ligne, certains se sont confrontés à lui, par deux fois, en 2010 et 2015, sous l’arbitrage du suffrage universel, en ayant  accepté les règles du jeu et cautionné par leur simple participation, les conditions d’organisation de la consultation électorale, et s’en sont trouvés perdants ; largement. Au nom de quoi et  en vertu de quelle légitimité peuvent-ils, deux ans plus tard, réclamer le départ de celui qui les a battus ? Même le nouveau chouchou de la classe politique, de l’opinion et des médias, Tikpi ATCHADAM, quoique mobilisant plusieurs dizaines de milliers de nos compatriotes, et au crédit duquel on peut mettre le réveil aussi bien de l’opposition que du pouvoir sur les questions de réforme, ne peut se prévaloir  uniquement de ce fait et à ce titre, d’une légitimité suffisante pour « exiger » le départ de Faure GNASSINGBE.

 

Si réunir plusieurs dizaines de milliers de concitoyens dans la rue, exprimant leur ras-le-bol social ainsi que leur soif d’alternance et d’une autre gouvernance, était une condition suffisante pour que le pouvoir change de main et de titulaire, l’on ne serait plus en démocratie.  Et quasiment aucun gouvernement dans le monde ne survivrait. La rue est une photographie de l’opinion à un instant donné,  le réceptacle des oppositions, des frustrations et de la soif   d’un changement. Elle ne peut cependant se substituer aux règles  définies de dévolution de pouvoir, surtout lorsque ceux qui l’instrumentalisent, ont échoué par ailleurs.

Les leaders de l’opposition seraient davantage dans leur rôle et plus efficaces s’ils se saisissaient plutôt de  l’opportunité de ce nouveau rapport de force, pour faire avancer et valider les réformes devenues inéluctables parce qu’incontournables, dont les emblématiques limitations de mandat et l’élection à deux tours. D’autant plus que le chœur de ceux qui entonnent le refrain chimérique de « Faure must go »,  ne nous renseigne pas sur le coup d’après.  Sur comment et avec qui, si par extraordinaire, leurs incantations se transformaient en réalité,  ils comptent composer et organiser le fonctionnement des institutions et de la République. Et s’ils en avaient les moyens, en y étant aujourd’hui préparés. Peuvent-ils exercer un pouvoir qu’ils auraient pris à l’issue d’une insurrection ?

De fait, Faure GNASSINGBE devra aller au bout de son mandat, arrivant à terme en 2020.  Au-delà et en fonction de l’état du droit positif, il sera seul maître à décider, si oui ou non, il croit pouvoir encore apporter quelque chose aux Togolais après quinze ans de règne ;  et si la majorité de ceux-ci le souhaitent.  Il lui appartiendra, au moment venu, en son for intérieur, de trancher. Une dynamique interne ou des pressions externes comme celles en cours, peuvent le pousser à  renoncer. D’ici là, Faure must stay !

 

Education : don de kits scolaires pour des enfants de Agové-Bagbé

Sourire et joie se lisaient ce vendredi 29 Septembre 2017 sur le visage des enfants du village de Agové-Bagbé, localité située à une trentaine de km au nord-ouest de Lomé. Et pour cause. A quelques 48h de la rentrée des classes, ils viennent de bénéficier d’un don en fournitures scolaires. Le généreux donateur n’est rien d’autre que l’ONG Association pour le développement en amitié (ADA Togo) qui n’est pas à son premier geste dans la localité.

Que ce soit à Badja, Adové, Tovégan, Momé-Agou ou Bagbé, la veille, c’est le même geste qu’a eu à mener l’ONG ce vendredi à Bagbé route, Bagbé village, Dokplala, et Agové.  Constitué de stylos, cahiers, sacs,… bref tous les fournitures scolaires, ce don a été remis aux enfants parrainés par l’ONG ADA Togo par le Directeur exécutif  M.  ADJAYI Koffi  Dodji. En tout plus de 200 enfants dont une cinquantaine pour le seul village de Bagbé-Agové ont bénéficié de ce geste philanthropique de l’ONG.

« Il y a pleins d’enfants dans le village mais notre cible ce sont les enfants démunis et du coup, pour pouvoir les toucher, nous faisons une enquête qui nous permet  avec le soutien des autorités locales de les choisir », explique M. Adjayi les critères de choix des enfants. Et de poursuivre « notre souhait est d’avoir plus de moyen pour non seulement encadrer plus d’enfants coté scolaire mais aussi sur le plan de l’alimentation ». Il regrette le manque de moyens qui ne leur permet pas de répondre à toutes les sollicitations. « Ca nous fait mal de servir certains de voir les autres partir bredouille », martèle-t-il.

L’intervention de l’ONG ADA Togo ne se limitera pas seulement à la distribution de fourniture scolaire. A la reprise effective des cours, elle  parcourra  tous les établissements où se trouvent les parrainés pour prendre contact avec leurs enseignants et les directeurs. Ensuite des rencontres sont prévues dans chaque village concernés au profit des parrainés pour les entretenir sur plusieurs thématiques notamment celles liées à l’éducation.

 Malgré tout,  il y a une  source de satisfaction. « C’est quand le visage de ces enfants rayonne de sourire chaque fois qu’ils nous voient. On sent qu’ils savent qu’il y a des personnes derrière eux pour les pousser et ils essaient de ne pas nous décevoir et nous de notre côté  aussi nous faisons de notre mieux pour les encadrer à atteindre nos objectifs », a souligné le directeur exécutif de l’ONG.

Pour mener ces actions, l’ONG ADA Togo reçoit le financement de ses partenaires en France, en Allemagne, en Suisse et en Angleterre et particulièrement de l’Association la « Regio pour le Togo », et l’association ADA France.

L’ONG Association pour le développement en amitié (ADA Togo) est crée en 2004 et intervient dans le domaine de la santé, de l’éducation. Il œuvre aussi pour le parrainage scolaire et des cours de soutien.

DEVELOPEMMENT A LA BASE : Le modèle togolais salué à Genève

 

En marge des travaux de la 36è session du Conseil des droits de l’homme qui se déroule du 11 au 29 septembre à Genève (SUISSE), le Togo a partagé  avec la communauté internationale ses acquis en matière de développement inclusif. Ce fut  au cours d’un évènement parallèle organisé par les officiels togolais  le  14 septembre au Palais des Nations et  placé sous le thème : « ODD : pour ne laisser personne derrière, commençons le développement à la base »

 

 

 

En  septembre 2015, lors de l’adoption des Objectifs de Développement Durable (ODD), les pays membres des Nations Unies ont désigné le Togo comme l’un des deux pays pilotes pour l’expérimentation de la nouvelle approche en matière de planification du développement durable. De fait, avec l’appui du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), le pays a entrepris plusieurs activités en vue de l’intégration, de manière globale et coordonnée, des ODD dans sa stratégie et politique de développement en mettant un accent particulier sur les populations à la base, c’est-à-dire les couches les plus vulnérables. Ceci à travers le Programme national de renforcement des capacités et de modernisation de l’Etat pour la période 2015-2019, ayant pour vocation de s’attaquer aux causes structurelles de la pauvreté et des inégalités. Son approche, fondée sur les concepts de développement à la base et d’inclusion, vise à contribuer significativement à l’atteinte des ODD et ne laisser personne derrière. C’est elle qui a été  mise au débat le 14 septembre dernier en marge du Conseil des Droits de l’Homme.

 

 

 

REPONSES CONCRETES

 

Première à prendre la parole au nom de la délégation togolaise, la ministre Victoire Tomégah-Dogbé a expliqué  à la centaine de participants  qui ont pris d’assaut la salle de conférence archi-omble, le contenu des grands projets exécutés par le Togo en matière de développement à la base et les « lourds investissements » qui y ont été consentis.

 

Le ministère du Développement à la base  apporte  des « réponses concrètes aux besoins » des différents groupes cibles de la population à travers plusieurs programmes  mis en œuvre tels que l’Agence Nationale d’Appui au Développement à la Base (ANADEB), le Fonds National de la Finance Inclusive (FNFI), le Programme d’Appui au Développement à la Base (PRADEB), l’Agence Nationale de Volontariat (ANVT) et le Fonds d’Appui aux Initiatives Economiques des Jeunes (FAIEJ). Toutes ces actions structurantes de développement à la base, a souligné la ministre Victoire Tomégah-Dogbé, sont en train de contribuer directement et indirectement à l’atteinte des ODD par le Togo.

 

Elle  a cité  pour exemple, l’amélioration de l’Indice de Développement Humain (IDH) du Togo qui est passé de 0.44 en 2005 à 0,484 en 2016, la réduction significative de 6,63 points de l’incidence de pauvreté qui est passée de 61,7% à 55,1% entre 2006 et 2015 selon la dernière enquête QUIBB (Questionnaire Union des Indicateurs de Base de Bien Etre), la réduction des inégalités comme en témoigne le coefficient de Gini qui est passé de 0,361 à 0,380 sur la période 2006-2015, l’augmentation du taux d’inclusion financière des personnes vulnérables qui est maintenant de l’ordre de 60% de la population, la baisse du taux de chômage des jeunes (15-35 ans) de 8,5% en 2011 à  3,4% en 2015. 

 

Tous ces efforts ont permis de placer le Togo en tête des huit pays de l’UEMOA, s’est elle réjoui.

 

 

 

Pour accélérer la marche du pays vers l’atteinte des ODD sur lesquels se base le plan de développement durable en cours de finalisation, la ministre du Développement à la Base a promis  que le gouvernement continuera à « renforcer les piliers qui représentent les facteurs de réussite identifiés à ce jour ». Ces piliers, a-t-elle énuméré, sont la paix et la stabilité nationale, la volonté politique et le leadership national, la mise en œuvre de programmes et projets inclusifs, qui assurent une autonomisation effective des bénéficiaires, la  mise en place de mécanismes adéquats de suivi de proximité, la parfaite collaboration et la synergie d’actions entre les acteurs, l’appropriation par les bénéficiaires des diverses initiatives et leur implication lors de la mise en œuvre des activités, l’implication des jeunes (plus de 70% de la population) dans la mise en œuvre des initiatives de développement, l’affectation accrue des ressources nationales pour le soutien aux priorités des populations à la base et des populations vulnérables en lien avec les OMD  et les ODD.

 

Ces résultats positifs, a-t-elle souligné, confortent le Togo dans la poursuite de ses objectifs  qui est d’assurer durablement un accès universel de toutes les communautés au «minimum vital commun» à l’horizon 2032. Le Togo, a- insisté Mme Tomégah-Dogbé, est conscient que la pauvreté extrême accroit l’exposition et la vulnérabilité de populations aux phénomènes d’’instrumentalisation dangereuses tels que l’extrémisme et le radicalisme, le populisme, et aux trafics de tous ordres tels que le trafic des  personnes et des migrants.

 

« Notre pays est déterminé à accélérer la réalisation des ODD en innovant et en capitalisant sur son expérience, et celle d’autres pays, pour renforcer l’implication des populations à la base et l’accompagnement qui leur est apporté » a conclu la ministre.

 

 

 

UN MODELE :

 

A la suite de la ministre Victoire Tomégah-Dogbé, monsieur Yves Manawé GNABA, directeur générale du Fonds National de la Finance Inclusive, a partagé les actions du FNFI mis en place pour rendre accessibles les services financiers de base aux pauvres, généralement exclus des systèmes financiers classiques donc de lutter contre l’exclusion financière. «  Ce qui donne la possibilité à ces personnes vulnérables de disposer désormais de ressources financières pour mener une activité génératrice de revenus, ce qui permet donc la création de richesses au niveau de ces populations et donc la lutte contre la pauvreté en lien avec l’ODD N°1 qui vise l’élimination de l’extrême pauvreté et la faim » a-t-il argumenté.  

 

« Les ménages surtout des milieux ruraux et très reculés disposent de beaucoup plus de moyens financiers pour faire face à leurs besoins fondamentaux (alimentation, santé et bien-être, éducation des enfants) et améliorer ainsi, leurs conditions de vie : ils mangent sans difficulté et plus régulièrement et continuent à exercer leurs activités, ils assurent leurs soins de santé et ceux de leurs enfants en lien avec l’ODD N°2 qui vise l’élimination de la faim, et l’ODD N°3 qui vise la bonne santé et la promotion du bien-être à tous » a-t-il expliqué aux participants. 

 

Quant à Mme Mazalo KADHANGA,  directrice générale de l’Agence nationale du développement à la base ( ANADEB), elle a exposé le mécanisme d’’intervention des  Agences d’Appui aux Initiatives de Base (AGAIB), qui s’inspirent   plus spécifiquement de la stratégie du Gouvernement en matière de décentralisation et de développement local en vue  d’améliorer de façon durable les relations entre les Services publics et la Société Civile et partant les Droits de l’Homme, la Secrétaire d’Etat aux droits de l’Homme, Nakpa Polo est intervenue sur la situation des droits de l’Homme au Togo en lien avec les ODD.

 

Les participants à cette rencontre ont  félicité le Togo pour toutes les initiatives mises en oeuvre pour réduire la pauvreté des populations et favoriser le développement inclusif. Rosemary Mc Corney, ambassadrice du Canada aux Nations-Unies, de même que Eloi Laourou, Ambassadeur du Bénin ont souhaité que les expériences togolaises en la matière soient partagées, y compris à travers une visite au Togo pour que les pays de la sous-région s’en inspirent.

 

Le représentant de la Commission Africaine auprès du Conseil des droits de l’Homme, l’Ambassadeur de France, de Chine et plusieurs personnalités du monde diplomatique se sont également dit impressionnés par les initiatives du Togo en matière de développement inclusif et ont souhaité que ses expériences soient davantage partagées avec les autres pays.

 

 

 

HAUT NIVEAU

 

Pour le gouvernement togolais, l’objectif de cette initiative était  de partager avec la communauté internationale l’approche du Togo pour un développement inclusif et durable à travers le concept du développement à la base. Il s’agissait  de mettre en lumière les mécanismes établis par le pays avec le soutien du PNUD dans sa mise en œuvre des ODD tout en montrant que le concept de développement à la base traduit en action sur le terrain de l’ODD de base de « ne laisser personne derrière », tout en renforçant les droits humains. Objectif atteint selon Mme Ndiaye Khardiata Lo, représentante résidente du Programme des Nations Unies ( PNUD) qui a accompagné la délégation et dont l’organisation accompagne les autorités togolaises.

 

 

 

MOBILISATION DE L’OPPOSITION :Comme un air des années 90 et 2012… avec les mêmes erreurs !

Malgré le projet de loi envoyé sur la table de l’Assemblée nationale par le Gouvernement et portant sur la limitation des mandats présidentiels et l’élection du président de la république par un scrutin uninominal à deux tours, la tension ne semble pas tomber dans notre pays. Cette semaine verra la majorité et l’opposition défiler dans la rue, la première pour « soutenir les institutions de la République et préserver la paix », la seconde pour réclamer le « retour à la Constitution de 92 » ou le « départ immédiat de Faure Gnassingbé ». Autant dire que les positions restent tranchées et maximalistes, surtout du côté de l’opposition qui, galvanisée par ses mobilisations réussies des 06 et 07 septembre, a choisi la surenchère. Comme dans les années 90 ou en 2012, à l’époque du « Collectif Sauvons le Togo » (CST), avec in fine, sans doute, les mêmes désillusions.

 

Il y a encore un peu plus d’un mois, l’opposition togolaise aurait signé pour un projet de loi contenant en substance, la limitation du mandat présidentiel à deux maximum et l’élection présidentielle à un scrutin uninominal à deux tours ;  ses revendications emblématiques. Une proposition de loi initiée par ses parlementaires et portant notamment sur ces deux réformes se trouvait d’ailleurs sur les bureaux de l’Assemblée nationale. Dans un plaidoyer médiatique, le président des Forces Démocratiques pour la République (FDR), Me Dodji APEVON et son homologue de l’Alliance des Démocrates pour un Développement Intégral ( ADDI) , le Pr Aimé GOGUE, avaient même soutenu que l’opérationnalisation de ces deux réformes apaiserait le pays , en attendant une refonte plus globale de la Constitution et des autres textes enfermant le fonctionnement des institutions, réglementant la vie publique et encadrant les élections. Ils plaidaient donc pour des réformes séquentielles, malgré la mise en place de la Commission de réflexion, « pour ne pas perdre encore du temps » et afin d’ « apaiser le climat politique » expliquaient-ils.  

Depuis,  l’eau semble avoir coulé sous les ponts, avec l’irruption inattendue sur la scène publique du Parti National Panafricain (PNP) et ses manifestations synchronisées dans plusieurs villes du pays et à l’étranger,  qui ont visiblement sorti l’opposition de sa léthargie et revigoré plusieurs de ses militants.  Exit donc les deux revendications initiales. 

 

Aujourd’hui, l’opposition oscille entre l’exigence du retour à la Constitution originelle de 1992, modifiée en 2002, et celle de la démission du Chef de l’Etat. Pour justifier  ce revirement extraordinaire quant à ses mots d’ordre, ses principaux leaders mettent en avant le fait selon eux que l’initiative gouvernementale arrive trop tardivement et surtout, qu’ils doivent se soumettre aux desiderata de la rue. «  Le peuple est dans la rue. Il  veut le retour à la Constitution de 1992 et le départ immédiat de Faure GNASSINGBE », martèlent le chef de file de l’opposition Jean-Pierre FABRE et la présidente de CAP 2015, Mme Brigitte ADJAMAGBO-JOHNSON.

 

De fait, l’opposition semble ne pas apprendre  de ses erreurs. Beaucoup  oublient  ou ont passé par pertes et profits le fait que c’est une erreur d’analyse de l’opposition qui a simplifié et facilité la modification de la Constitution de 1992, dont elle réclame aujourd’hui le retour. En effet, malgré les avertissements de plusieurs observateurs, ceux qui surfent tout le temps sur le populisme et la démagogie, ont réussi à imposer le boycott des élections législatives de 2002. Ce boycott a eu pour conséquence la mise en place d’une assemblée nationale monocolore qui a pu réunir la majorité qualifiée des 4/5 pour modifier la Constitution. Or, moins de 20 députés auraient suffi pour bloquer en 2002 ladite modification. En campant cette année encore les jusqu’au-boutistes, elle risque  de laisser la majorité seule à la manœuvre.

 

TOUT OU RIEN :

Se sentant, encore que cela reste à établir,  en position de force, l’opposition semble fermer la porte à toute concession. A l’unisson, des plus traditionnellement modérés aux habituels radicaux, tous font valoir que c’est le rue qui commande. Au point de retirer leur propre proposition de loi introduite quelques semaines auparavant. Au point surtout pour Jean-Pierre FABRE, chez nos confrères de Radio France Internationale (RFI) de demander ni plus ni moins que le départ de Faure GNASSINGBE qu’il qualifie d’ »illégitime ».  Ou encore dans un discours surréaliste prononcé au soir du 07 septembre pendant le sit-in nocturne au carrefour DECKON, d’exiger que le Président de la République vienne négocier avec lui les conditions de son départ , pendant qu’il rassurait les officiers supérieurs des forces armées quant à leur sécurité et celle de leurs familles ;  les enjoignant de se mettre sous ses ordres.

 

Toutes choses qui ailleurs, tomberaient sous le coup des dispositions réprimant  les tentatives de renversement de l’ordre constitutionnellement établies et punies  au Togo par l’article 148 de la Constitution qui dispose que « toute tentative de renversement du régime constitutionnel par le personnel des forces armées ou de sécurité publique, par tout individu ou groupe d’individus, est considérée comme un crime imprescriptible contre la nation et sanctionnée conformément aux lois de la République.

Cette posture du tout ou rien, n’est pas sans rappeler les années 90 et plus près de nous, 2012 avec le Collectif Sauvons le Togo, au faîte de sa popularité avec des mobilisations monstres. A l’époque, alors que le pays était sous tensions, que plusieurs dizaines de milliers de personnes battaient régulièrement le pavé dans une ambiance insurrectionnelle, ses leaders avaient refusé le dialogue proposé par le pouvoir, convaincu de leur force et sûrs de leur fait. En lieu et place des réformes qui constituaient le fondement du mouvement, les responsables du CST ont migré vers un autre mot d’ordre : celui du départ sans conditions de Faure GNASSINGBE. Exactement comme aujourd’hui.

 

Les appels à la raison, à la real politik et surtout au dialogue sont restés vains. Aux ambassadeurs et diplomates accrédités au Togo qui ont tenté d’ouvrir des couloirs et des initiatives de discussion, il a été opposé une fin de non recevoir au nom d’un principe moult fois éprouvé par l’opposition togolaise depuis les années 90 et qui malgré qu’il se soit toujours soldé par un échec, continue à être appliqué : ce que la rue veut, le peuple le veut et donc est non négociable.

La faiblesse de cette posture est qu’elle ne tient que le temps de la forte mobilisation et ne résiste pas au temps. Si l’objectif de la démission n’est pas atteint rapidement, (ce qui ne fut pas le cas dans les années 90 comme en 2012), le mouvement tend à s’essouffler et le rapport de force balancé de nouveau largement en faveur du pouvoir. Au final, l’opposition perd tout, y compris la plus minime de ses revendications de départ.

HARO :

 

 Une autre erreur qui s’inscrit à chaque époque sur la liste des postures improductives de l’opposition, est les attaques contre la communauté internationale. Le scénario est toujours le même. En période creuse, tous les discours des leaders de l’opposition convergent vers l’appel à un soutien de la communauté internationale à leur cause. Ils plaident pour une pression diplomatique plus accrue sur le pouvoir togolais afin qu’il opère les réformes et démocratise davantage le jeu politique. De fait, plusieurs d’entre eux font le tour de la sous-région et des Chefs d’Etat de la zone, ou encore des capitales occidentales pour porter leurs messages.

Et à chaque fois, à l’instant où la mobilisation dans la rue semble être un succès, les discours évoluent du tout au tout : on crie haro sur la communauté internationale, dont on estime finalement le soutien tardif, superfétatoire ou encore inutile. Ou pire, elle est considérée comme complice de la situation. C’est ce à quoi l’on assiste de nouveau : la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et le président de sa Commission Marcel de SOUZA, moqués et presque récusés, de même que l’Organisation des Nations Unies (ONU)  à travers le  représentant spécial du Secrétaire général  chef du bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, Mohamed Ibn CHAMBAS. Ils sont presque présentés comme des suppôts du pouvoir, oscillant entre complicité et duplicité et dont l’opposition n’a en toutes hypothèses pas besoin : « la lutte populaire étant invincible » aiment-ils à répéter. «  Le peuple a pris son destin en mains. Nous n’avons pas besoin de ces gens » indique, presque méprisant, le chef de file de l’opposition. Qui est encore loin d’avoir pris le pouvoir à Lomé et qui se prive ainsi de potentielles oreilles attentives, voire favorables dans sa quête.

 

DEMISSION:

La rue togolaise en est convaincue : elle est en train de chasser Faure GNASSINGBE du pouvoir. Cela devrait être déjà le cas au soir du 07 septembre, avec les manifestations que l’opposition avait dénommées «  l’assaut final ».  Jean-Pierre FABRE a d’ailleurs prononcé son fameux discours en ce sens à DECKON. Plusieurs chaînes internationales ont ainsi dépêché à Lomé des envoyés spéciaux. Même AL JAZEERA, qui jusque-là n’a cité le Togo que grâce aux performances sportives de Sheyi ADEBAYOR, la star du football. Cependant, le chef de l’Etat trône toujours au palais de Kégué. Mais assurent-ils ce n’est que partie remise et plus qu’une question de temps pour qu’il s’enfuie ; à la manière d’un Blaise COMPAORE.  Le pari est cette fois pris pour les 20 et 21. Comme il avait été pris et annoncé en juin 2012.

 

Comme tout au long de la crise et des manifestations monstres qui ont jalonné le processus démocratique dans les années 90. A chaque fois qu’une vraie opportunité, grâce à la mobilisation populaire, s’offre pour faire faire au pays, souvent au corps défendant du régime, des sauts institutionnels qualitatifs, les leaders de l’opposition commettent l’erreur de mépriser l’adage selon lequel « un tiens vaut mieux que deux tu l’auras ». Enivrés par la réussite de leurs manifestations, ils promettent la démission du Président de la République, sans s’en donner jamais les moyens et en font juste un slogan, qui connaîtra le destin d’une feuille morte. Au bout, non seulement ils n’obtiennent pas de démission, mais en plus l’échec a le don de démobiliser les militants qui naïvement croient à chaque fois, que le grand jour est arrivé. Au-delà du caractère curieux d’une telle revendication concernant un Chef d’état élu dont le mandat court jusqu’en 2020, se pose la question de la cohérence et de la lisibilité de la ligne des leaders durant la séquence politique actuelle. Ici prennent encore tout leur sens les accusations d’une « ligne selon l’horoscope du jour », au petit bonheur la chance donc. Insuffisant pour espérer obtenir cette exigence maximaliste et surtout, constituer une alternative crédible et sérieuse pour conduire une nouvelle politique pendant les temps post-insurrection, qui seront indubitablement troubles et à hauts risques.

Au surplus, il y a de quoi être interpellé de voir que le candidat battu deux fois, en 2010 et 2015 soit celui qui appelle à la démission de son vainqueur, fondant sa légitimité à lancer un tel appel, uniquement sur la base des dizaines de milliers de personnes qu’il (il n’est d’ailleurs pas le seul) a fait sortir dans la rue. Comme si mobiliser la rue permettait de renverser les résultats d’une élection.  En oubliant tout de même que la démission du Président de la République n’entraîne pas la prestation de serment du Chef de file de l’opposition, mais la mise en œuvre d’un intérim assuré par le président de l’Assemblée nationale, un des caciques du parti au pouvoir.

 

MENACES ET INTIMIDATIONS: 

Avant même que le pouvoir ne change de camp, circule une liste de personnalités non grata, « wanted » et à abattre. Ils sont d’ores et déjà convoqués devant l’échafaud et leurs noms sont placardisés et relayés sur les réseaux sociaux, amplificateurs de ce genre de phénomènes. L’enfer est également promis à leurs familles et des appels sont lancés, en plusieurs langues, pour qu’ils soient égorgés, brûlés vifs, assassinés, où qu’ils se trouvent.

Moins horribles et pas moins inquiétants, les invectives, insultes, stigmatisations et menaces quotidiennes dont font l’objet des proches ou présumés proches du pouvoir… Comme dans les années 90, comme en 2012. Tous ces phénomènes qui constituent autant d’erreurs  dans la construction d’une aspiration à l’alternance, ne sont pas de nature à en faciliter la réalisation.

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