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Une mission humanitaire d’étudiants en médecine français au chevet de plusieurs villages togolais

La mission humanitaire des étudiants de la Faculté de médecine Kremlin Bicêtre de l’Université Paris XI en France, se poursuit au Togo. Arrivée au Togo depuis le 13 juillet dernier, cette mission qui s’inscrit dans le cadre d’un partenariat qui unit ladite université à l’ONG Friend international Togo (FIT) a permis à ces étudiants de mener plusieurs actions sur le terrain. Que ce soit à Agoè-Logopé (Lomé), à Dalavé, Tové, Agou-Gadzagan ou Agou-Gadzawupé, Alexandra Revel (chef de délégation) et ses autres camarades à savoir Adèle Nguyer, Naomy Domoison, Pénélope Gaillot, Amaury Ragot et Arthur Ragot, ont mené plusieurs actions sur le terrain.

Partout où ils sont passés et sous la supervision du  responsable  Santé de l’ONG FIT, Dr Mikaila Razak, les futurs  médecins, ont donné des conseils,  orienté vers les centres médicaux, sensibilisé la population des villages visités sur les maladies récurrentes notamment  sur l’hypertension artérielle, le diabète, le cancer du col de l’utérus,  les MST/IST ou encore sur l’alcoolisme et le tabagisme…

Selon la chef de délégation leur mission au Togo a trois volets à savoir la finition du centre d’accueil pour orphelin à Tové, la participation au camp pour enfants des clubs FIT et surtout le volet sensibilisation qui a trait à leur domaine d’activité. « On a choisi le Togo parce qu’on a repris le projet de nos prédécesseurs qui nous a beaucoup plu pour sa diversité. On est étudiant en médecine, aider des gens, donner des conseils fait partie de notre métier et du coup ça fait plaisir d’être utile. C’est une expérience merveilleuse qui nous a permis de découvrir aussi qu’il y a certaines pathologies ici qui ne sont pas soignées de la même façon que chez nous en France », a indiqué Mlle REVEL.

L’enthousiasme et l’accueil réservé par les populations à ces étudiants sont la preuve que ces populations démunies sont avides d’information mais aussi de soins en matière de santé. Ce mercredi 1er Août 2017  à Agou- Gadzawupé, la cour d’une maison, transformée pour la circonstance en centre de santé, a été prise d’assaut par la population.

« Ils m’ont consulté, moi-même je ne m’attendais pas à ça surtout la glycémie. Ils m’ont conseillé de tout fait pour diminuer la consommation du sucre ce que je vais faire. On attendait le messie et il est arrivé. Le messie c’est eux. Parce qu’on  ne s’attendait pas à leur arrivé. Dieu est grand ils sont arrivés et nous sommes certains que leur conseil nous fera du bien », s’enthousiasme Antoine Yao Nutsudjin, un septuagénaire. Dans chaque localité, en moyenne plus d’une centaine de personnes ont été conseillés ou dépistés.

Déjà le sentiment d’avoir été utile se lit sur le visage de ces volontaires comme nous le confie Mlle Naomy Domoison « c’est une façon de laisser une trace concrète au Togo même si notre aide est minime par rapport à ce qui reste à faire je trouve que c’est déjà bon de dire qu’on a pu améliorer certaines choses par la construction de la finition de ce centre d’accueil. C’est un produit social ».

Le chef du village d’Agou-Gadzawupé n’a pas caché sa joie et sa satisfaction.  « Notre population n’a pas des habitudes de se rendre au centre de santé, des occasions pareilles permettent d’éduquer la population pour qu’elle ait un comportement sain. C’est un sentiment de satisfaction qui nous anime », a déclaré Togbui Kouwadan X qui souhaite que ces actions se multiplient au profit de sa communauté.

Tout comme le chef, le Directeur général de l’ONG FIT, M. Paul Bernard Dotsevi se réjoui de ce partenariat qui existe entre son organisation et l’Association des Etudiants volontaires à l’aide et au développement des échanges humains (EVADEH) de l’Université  Paris XI en France  et qui permet à ces  étudiants d’apporter leur savoir-faire en matière de santé aux communautés  togolaises qui, faute de moyens n’ont pas la possibilité de se rendre au centre de santé pour dépister les maladies bénignes.

« Nous envisageons dans les années à venir faire venir les médecins spécialistes français tout comme  américains pour pouvoir appuyer ce début de travail qui a déjà commencé avec ces étudiants en médecine », souligne-t-il.

Notons que ce séjour des volontaires français rendre dans le cadre du projet « santé-éducation pour tous » initié par l’ONG FIT depuis 2001 au Togo pour la promotion des droits, la protection des enfants et des femmes contre les violences et l’exploitation.

Grâce à ce projet les membres de l’ONG arrivent à échanger avec ces jeunes français mais également  montent des projets ensemble avec eux et au niveau de leurs facultés ces jeunes apportent leur concours à leur réalisation.

FIT travail dans la promotion des droits et la protection des enfants et des femmes en difficulté dans les communautés. Sur le terrain, l’ONG  a deux axes de travail : l’axe prévention qui fait appel à toute forme d’action à mener pour sensibiliser des populations sur les questions des droits de l’enfant et le changement de mentalité par rapport à la question de l’émergence des femmes et le second axe est la protection, l’accompagnement social et judiciaire des enfants, des femmes et des familles en difficulté, la mise sur des projets d’intérêt communautaire pour pouvoir améliorer les conditions des enfants.

 

 

Interview : Fall Touré styliste et promoteur de la Lomé Fashion Week

« L’objectif premier de Lomé Fashion Week, c’est de faire de notre belle capitale Lomé, une plaque tournante de la mode »

 

A quelques jours du début du plus grand évènement célébrant la mode togolaise et d’ailleurs qui se déroulera du 7 au 13 Aout prochain à Lomé, le porteur dudit évènement, Fall Touré styliste togolais s’est confié pour vous au journal Focus Infos. Lecture !

 

Focus Infos : Qui est Fall Touré ?

Fall Touré : Je suis Fall Touré togolais d’origine, de la famille Katakpaou, donc mon nom de famille est Katakpaou et mon prénom est Fall Touré, je suis kotokoli de père et de mère, résidant en Belgique de nationalité belge, styliste de profession. Voila ce que je peux dire sur mon identité.

 

Focus Infos : Fall Touré et la mode

FT : J’ai étudié le stylisme à l’académie de textile de mode de Gand, Gand c’est une ville flamande en Belgique. Jai obtenu mon diplôme en 1999 et ai été sélectionné pour le Kora en Afrique du sud en 2000. En 2003 Fall Touré a ouvert sa première boutique, son premier showroom au cœur de Bruxelles et  il a habillé plusieurs stars de foot et de la musique. Je suis également propriétaire de plusieurs marques. Dont celle qui porte mon nom, la marque Fall Touré qui est une marque plus féminine plus fluide. Plus tard j’ai lancé la marque Touareg qui est plus sportive et nous avons aujourd’hui pour ambition de devenir équipementier c’est à dire habiller des équipes de foot. Voila donc l’ambition de la marque Touareg aujourd’hui.

 

Focus Infos : Parle-nous de ta dernière marque

FT : Il y a un an j’ai lancé la marque Blacktik qui est une marque que j’ai créée ici à Lomé, une marque qui va travailler que des tissus faits en Afrique des tissus made in Africa. BlacktiK veut dire black batik donc batik noir mais qui veut dire en même temps batik d’Afrique, batik c’est les tissus que nous teignons ici en Afrique. Le but donc de cette marque c’est de valoriser notre tradition notre savoir-faire, revenir à la source et abandonner les tissus faits ailleurs qu’on nous amène ici. Il faut que l’Afrique commence vraiment à s’accaparer de son savoir-faire, il faut que nous proposions notre savoir-faire au monde entier. Aujourd’hui le monde entier attend l’Afrique, ils attendent ce que nous pouvons leur proposer de bon. Et je pense que dans le domaine de la mode il faut qu’on commence à proposer des tenues bien faites  dans du kenté, le kenté c’est le tissu tissé chez nous et dans plusieurs pays en Afrique. Le batik aussi l’indigo, nous avons beaucoup de savoir-faire en Afrique que nous n’exploitons pas. Voila donc la stratégie j’ai voulu montrer l’exemple en créant cette marque qui ne va travailler que sur le batik.

 

Focus Infos : Parle-nous de ton académie

FT : La FAALT qui est la Fashion Art Academie of Lomé Togo, une académie de niveau international, une école de mode dans laquelle j’enseigne à mes étudiants le savoir faire africain, la fierté d’être africain, la fierté d’utiliser nos tissus, de proposer nos tissus au monde entier et ce qui est génial c’est que la première et la deuxième promotions ne travaillent que sur le batik, c’est ce qui est vraiment génial c’est que nous commençons vraiment à abandonner le wax, le wax qui n’a jamais été inventé par nous.

Le wax n’a jamais été inventé par nous et nous ne le fabriquons même pas. 99% des africains pensent que le wax est africain.  Moi mon combat c’est de dire aux africains que le wax n’est pas africain que nous devons nous atteler à promouvoir ce que nous faisons ici ce que nos aïeux ont fait, l’innover surtout, c’est le styliste qui doit proposer de bonnes choses faites dans des matières africaines pour que les gens s’y accapare voilà ma stratégie.

 

Focus Infos : Qu’est-ce-que la Lomé Fashion Week ?

FT : Depuis 2003 j’ai écrit le projet de la Fashion Week, la Lomé Fashion Week. A l’époque je crois qu’on ne parlait même pas d’une Fashion Week en Afrique. Il n’y en avait pas. Ce n’est qu’en 2016 que j’ai lancé la première édition de la Fashion Week. Ce n’est pas que je n’ai pas voulu le faire tout de suite il fallait que tout soit réuni, il fallait que je sois moi-même, que je comprenne l’objectif de la Fashion Week. Je ne voulais pas juste faire un défilé de mode un festival de mode que dont l’Afrique regorge déjà dans tous les pays il y a trois à quatre et même plus d’événements de mode. Je veux que la Fashion Week Lomé se démarque parce que nous avons cinq grands Fashion Week dans le monde Paris fashion, London Fashion Week, New-York Fashion Week, Milan Fashion Week et Tokyo Fashion Week. Par exemple quand Paris fait sa Fashion Week c’est  le monde entier qui se converge vers Paris et donc voila l’objectif. C’est de réunir l’international à la Lomé Fashion Week. Nous voulons que chaque année quand Lomé Fashion Week est annoncée, que le monde entier se converge vers nous. Tout ce qui est styliste, tous ceux qui parlent et s’intéressent à la mode viennent ici à Lomé.

 

Focus Infos : Pourquoi la Lomé Fashion Week

FT : L’objectif premier de Lomé Fashion Week, c’est de faire de notre belle capitale Lomé, et notre pays, une plaque tournante de la mode, la capitale de la mode. Voila l’objectif premier depuis l’année dernière, depuis même que j’ai écrit le projet en 2003, c’est à ça que je pensais, faire de notre pays, notre capitale, la capitale de la mode parce que Lomé était déjà la capitale de la mode du temps des Nana benz dans les années soixante. Toute l’Afrique venait ici se fournir en tissus, en wax que les Nana benz étaient les premières à commercialiser au niveau de l’Afrique.

Les autres pays venaient acheter les tissus ici et même se faisaient les vêtements ici pour aller les revendre dans leur pays. C’est vrai entre temps nous avons perdu ce monopole, Abidjan, Sénégal aujourd’hui sont en avance sur nous et moi j’ai décidé que nous devons récupérer cette place et le moyen pour le faire c’est la Fashion Week, c’est de la faire autrement, c’est de penser autrement, c’est de faire venir l’international à Lomé c’est de promouvoir notre travail, de promouvoir nos tissus, nos fabricants de tissus, nos tisserands, nos batikeurs et tous ceux qui fabriquent tout ce qu’on peut avoir dans la mode, les chaussures, des sacs, tout le reste.

 

Focus Infos : Quel est le bilan de cette édition ?

FT : Déjà à la première édition nous avons réussi cela, de regrouper plusieurs stylistes internationaux, et la deuxième édition nous confirme dans ce que nous avons pensé. Nous avons plus du double des stylistes étrangers comme togolais cette année. L’année dernière nous avons eu au total trente stylistes étrangers comme togolais  et cette année nous avons plus de soixante cinq étrangers et togolais qui seront sur la Lomé Fashion Week.

 

Focus Infos : Nous sommes à quelques jours de la deuxième édition. Comment se passent les préparatifs ?

FT : Cette année la Lomé Fashion Week va durer sept jours et nous commençons du lundi sept au dimanche treize. Le sommet AGOA  a lieu cette année à Lomé et nous nous mettons ensemble pour que l’AGOA et la Lomé Fashion Week puissent parler du textile africain puisque AGOA promeut le textile africain. C’est les américains qui ont initié cela pour que l’Afrique puisse envoyer les textiles, tout ce qui est fait dans le textile africain  vers l’Amérique  sans taxe. Beaucoup ne le savaient pas, donc nous mettons la Lomé Fashion Week à disposition pour parler de cela, pour sensibiliser les stylistes la dessus. Nous voulons également donner la possibilité à tous les jeunes créateurs à tout le monde de pouvoir améliorer leur travail et aussi sensibiliser tous ces jeunes, tous les créateurs aussi jeunes que confirmés de commencer par travailler sur nos tissus, les tissus made in Africa. Le futur est ici, le futur est en Afrique et c’est maintenant que nous devons l’embrasser, nous devons commencer à travailler ce futur. Les stylistes les couturières les fabricants de tissus africain, les tisserands tous nous devons commencer dès maintenant à travailler dessus. Nous voulons que Lomé Fashion Week devienne le promoteur de cette idée là.

 

Focus Infos : Quelles sont les activités prévues et la particularité de cette deuxième édition ?

FT : Nous pensons que cette année nous allons aller de l’avant puisque l’année dernière nous n’avons fait que deux jours de défilé, la première soirée au Radisson Blue et la deuxième soirée à la plage. Mais cette année nous prenons toute la semaine et c’est vraiment osé c’est un pari que nous faisons de tenir toute la semaine avec des stands. Il y aura des stands pour les stylistes, pour les annonceurs qui veulent, que ce soit des sociétés qui n’ont rien avoir avec la mode peuvent aussi venir demander des stands pour faire la promotion de leurs produits. Cela va durer toute une semaine. Le sept aout les stands seront déjà ouverts, nous aurons des activités, il y aura des stylistes il y aura des mannequins, des exposants, tout le monde sera sur l’esplanade du palais des congrès où aura lieu la Fashion Week toute la semaine avec les stands que nous appelons Lomé Fashion Week village, donc c’est notre village à nous, il y aura donc ce marché. Il y aura des séminaires, des ateliers tous les matins de 9h à midi où on va parler de tous les thèmes qui tournent autour de la mode, donc le tissu, le stylisme, c’est qui le styliste, c’est qui le modéliste, qui est créateur parce qu’il y a tellement d’amalgames. Ceux qui sortent des ateliers, ceux des écoles de stylisme comment est ce qu’on doit les appeler. On va parler de tous ces thèmes, de beaucoup de choses, de fabrication de tissus. Il y aura des ateliers pour aider les  tailleurs les créateur les stylistes à comprendre par exemple comment travailler avec OTR, les impôts, et comment être assujetti à la Caisse nationale de sécurité sociale.

Et dans les après-midis de 15h à 18h il y aura de l’animation les stands seront ouverts, et de 20h à 22h un défilé tous les jours. Le premier défilé d’ouverture que nous appelons AGOA Lomé Fashion Week show sera le huit aout, ce sera le premier grand défilé d’ouverture ou il y aura tous les invités et toutes les délégations venues pour le sommet seront présents, le samedi il y aura un deuxième grand défilé de fermeture. Le dimanche nous allons nous retrouver sur l’esplanade pour fêter. Les stylistes les mannequins, les festivaliers tout le monde sera là. Nous convions toute la population et il y aura un DJ pour faire la fête.

 

Focus Infos : Un regard sur la mode togolaise aujourd’hui

FT : La mode togolaise a beaucoup évolué aujourd’hui, il y a des écoles de mode qui font du très bon travail, les ateliers font du très bon travail aussi nos stylistes nos tailleurs parce que tous ne sont pas des stylistes c’est ça aussi l’amalgame que nous devons lever lors de la Lomé Fashion Week, nos stylistes et tailleurs donc font du bon boulot, et nous devons continuer à travailler la dessus. Nous devons donc amener nos tailleurs, nos couturières nos stylistes à faire de très bon travail, à faire de  très bonnes créations, à arrêter donc de faire n’importe quoi, du travail mal fini si nous voulons vraiment que Lomé devienne la capitale de la mode, nous avons du boulot à faire.

Mais j’apprécie déjà que beaucoup de choses ont évolué, il y a beaucoup d’événements de mode et ça a permis donc maintenant à beaucoup d’avoir une autre idée sur les défilés de mode et Lomé Fashion Week est le sceau pour démocratiser et c’est pour cela que nous demandons aux stylistes aux créateurs aux couturières de nous demander l’invitation. Nous n’invitons personne on n’appelle pas parce qu’on le connait nous avons ouvert le truc sur un site et nous avons demandé à toute personne intéressée de nous contacter et de nous demander l’invitation. Merci en tout cas à tous les organisateurs de mode au Togo parce que ça contribue donc à limage positive de la mode dans le pays.

 

Focus Infos : Un mot de fin

FT : Pour finir j’aimerai remercier les autorités togolaises, le ministre de la culture qui nous permet donc d’avancer dans nos démarches dans nos festivals dans nos organisations, monsieur le ministre Guy Lorenzo qui travaille sans relâche pour nous aider dans nos démarches. Je remercie également tout le gouvernement, le président de la république grâce à qui la culture aujourd’hui a son oreille attentif.  Ce qui nous permet donc de bien évoluer dans ce que nous faisons. Mes remerciements également à tous les stylistes tous les promoteurs d’événement dans le pays, surtout aussi aux journalistes qui aujourd’hui commencent réellement à parler de la culture et non de la politique, merci à la population togolaise qui nous suit attentivement et je les convie, je convie tout le monde à venir du sept au treize août sur l’esplanade du palais des congrès de Lomé pour vivre cette fête de la mode qui va durer toute la semaine. Parce que sans eux il n y aura pas de fête donc la population doit sortir les loméens doivent sortir .

ROUTE LOME-VOGAN-ANFOIN : La voie de la crise

Près de 20% des commerces en quasi- faillite

Jamais la construction  d’un ouvrage  n’aura fait couler autant d’encre. Lancés en 2014, les travaux de réhabilitation et de renforcement de la nationale N° 34 Lomé-Vogan-Anfoin n’ont toujours pas été réalisés. Entre fausses promesses, engagements irréalistes et  accusations de détournements, le feuilleton continue de meubler la polémique en dépit d’une reprise annoncée du chantier. Pendant ce temps, le petit commerce installé au bord de la voie meurt à petit feu, dans une quasi-indifférence.

 

Boulevard Jean-Paul II, un vendredi. Il est 11h. Le gérant d’une boutique de pneus, écouteurs vissés sur les oreilles, savoure ses morceaux préférés. « Pour tuer l’ennui et surtout noyer son chagrin », confie-t-il. Celui de la dégringolade de son chiffre d’affaires depuis le début des travaux de réhabilitation de la voie. Les bonnes semaines, il arrive à céder un pneu, contre plusieurs par jour avant le début du chantier. «  Il n’y a plus de circulation, donc pas de clients. C’est une zone quasi morte. Ceux qui s’aventurent encore vers mon magasin, ce sont des anciens clients »  se désole-t-il.

 

Olivier, tenancier d’une boutique de vente de motos neuves et de pièces détachées est dans la même situation. Son patron vient de lui confier la redynamisation de la boutique du fait des piètres résultats de l’ancien gérant. Mais ceux-ci ne changent guère : la voie n’est plus fréquentée comme avant. Et la poussière vient s’y mêler. Sa voisine qui tient une boutique de commerce général évalue ses pertes à 50.000 FCFA par mois ; un grand manque à gagner pour cette petite commerçante.

Du réparateur de portables en face de la pharmacie la Providence au menuisier installé à 50 mètres de là à côté  de l’agence ECOBANK de Nukafu, c’est la même désolation. Un des menuisiers confie : «avant le début des travaux, les meubles exposés partaient en moins de deux semaines. Nous sommes en crise mais nous tenons grâce à nos anciens clients et à ceux à qui ils nous recommandent ». Même les «vendeuses de charme » qui squattaient le site situé derrière la paroisse Sacré Cœur Junior ont déserté les lieux.

Les chauffeurs de taxi qui chargent les passagers sous le contournement à Kégué en direction de Vogan ne sont pas du reste et se plaignent de la rareté des clients tout comme les membres de  l’association des conducteurs de taxi-moto

 

FAILLITE :

De fait, on a vu apparaître sur le boulevard Jean-Paul II sur plusieurs boutiques,  l’écriteau : « A louer » «  Fermé » A cause de la baisse quasi insurmontable des chiffres d’affaires et de la situation de presque faillite de beaucoup de commerces. Ils seraient près de 20% dont la situation financière est irrémédiablement compromise. Beaucoup ne peuvent plus faire face à leurs charges, notamment les loyers qu’ils continuent à payer. Ceux qui s’en sortent un peu, seraient propriétaires eux-mêmes de leurs locaux ou disposent d’autres magasins ailleurs.  Le seul espoir de tous ces commerçants est que la reprise promise soit effective et surtout, que l’entreprise chinoise nouvelle adjudicataire, tienne dans les délais de 24 mois que sont sensés durer les travaux.

 

Malgré son interdiction à cause du risque de cancer, le croupion de dinde reste commercialisé au Togo

Depuis 2004, un décret  interdit l’importation, l’entreposage et la distribution des croupions de dinde sous toutes ses formes sur le territoire togolais. Malgré cette interdiction, des centaines de tonnes de cette viande traversent les frontières du pays et y sont écoulées chaque semaine,  parfois au vu et au su  des agents chargés du contrôle.

Officiellement, plus personne ne commercialise des croupions de dinde au Togo. Au ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de l’hydrolique, on tient à le rappeler avec insistance. Chez les distributeurs habituels de viandes et de poissons, on confirme également l’interdiction. Un gérant de frigo à Kodjoviakopé s’est même offusqué qu’on puisse lui demander où trouver cette viande. Et pourtant, il s’en vend sur beaucoup d’étalages dans presque toutes les zones de  Lomé. 

Qui approvisionne donc les revendeuses installées au bord des ruelles ? Au marché d’Adawlato, une ambulante nous confie s’approvisionner à Aflao (Ghana) où le croupion n’est pas interdit et vendu par des grossistes qui ont pignon sur rue.  « 20.000 FCFA le carton de dix kilos » renseigne-t-elle. Pour faire passer les produits, elle fait comme tout le monde : elle le dissimule parmi d’autres marchandises. Au besoin, elle glisse quelques pièces ou billets, c’est selon, aux douaniers et policiers pour les corrompre. Un business juteux qui profite donc à tous.

 

NIVAQUINE, CD :

 

Si Aflao est un grand carrefour d’approvisionnement de croupions de dinde pour certaines commerçantes, nul n’a besoin cependant de traverser la frontière pour se procurer cette viande si prisée des Togolais. Il suffit de se rendre dans certains frigos situés à Amoutivé, Totsi et, muni tout de même d’un mot de passe. En effet, la viande n’est vendue qu’aux initiés, présentant un code. Dans un frigo situé à Totsi, demandez de la « nivaquine » pour être servi. Ailleurs, cherchez des CD.

 

Ces frigos sont approvisionnés à travers la contrebande, depuis le Ghana ou le Bénin. Par camions entiers où sont dissimulés des cartons anonymes, sans étiquettes, indiquant leurs contenus ou leur provenance. « De toutes façons, l’exportateur sait bien que le produit est impropre à la consommation et interdit. Il ne va donc pas mettre sur les paquets ses coordonnées et prendre ainsi le risque d’être poursuivi le cas échéant »  explique un contrôleur du ministère. Mais les croupions n’arrivent pas que par la route. Malgré le scanner installé au port de Lomé, les plus téméraires les font passer par voie maritime. « Bien dissimulés parmi plusieurs tonnes d’autres produits carnés » soutient un professionnel du secteur. Qui explique tout le monde est au courant de ce trafic, y compris les autorités du ministère de tutelle qui prendraient au passage leurs commissions.

 

CANCER :

 

L’interdiction de l’importation et de la commercialisation des croupions de dinde est due à sa composition hautement cancérigène et au risque que leur consommation  représente pour la santé.   En effet, pour élever les dindons, on leur injecte des hormones de croissance pour qu’ils croissent vite.   Les   résidus de ces hormones s’accumulent dans les croupions. A l’abattage, ils sont donc coupés parce que les hormones ne se dégradent pas facilement. La consommation peut donc entraîner le cancer et des malformations génétiques. En  outre, le croupion est composé à 80% de matière grasse, et se trouve ainsi à l’origine de plusieurs maladies dont la tension artérielle. Par ailleurs, sur le plan purement hygiénique, la position du croupion à côté de l’anus, peut être source de  contamination par  des gènes pathogènes, provoquant des maux qui  ne sont pas détectables  à court terme.

 

 Ce qui explique que dans leurs pays de provenance, les croupions ne sont pas consommés, mais  utilisés dans l’alimentation des bétails.

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