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ISRAEL RENFORCE SA PRéSENCE EN AFRIQUE

Du 16 au 20 octobre prochain, aura lieu à Lomé le Sommet Afrique-Irsaël. Cet évènement, le premier du genre, réunira dans un même lieu pendant cinq (5) jours, des officiels israéliens et africains. Le Premier Ministre de l’Etat hébreu,  Benjamin NETANYAHOU a confirmé sa présence, ainsi que de nombreux chefs d’Etat et de gouvernement africains. La conférence portera non seulement sur les thèmes de la sécurité, de la lutte contre le terrorisme, mais également sur les questions relatives au partenariat dans les domaines de l’agriculture, de l’énergie, de l’eau, de la santé. Le sommet sera également consacré à l’utilisation des nouvelles technologies comme levier de développement. A un peu plus de six (6) mois du sommet, quel état peut-on  dresser des relations entre Israël et le continent ?

 

Du 04 au 07 juillet dernier, le Premier ministre israélien a effectué une tournée officielle en Afrique de l’Est qui l’a mené en Ouganda, en Ethiopie, au Kenya et au Rwanda. Première visite d’un dirigeant israélien depuis 30 ans. Lors de ce périple, Netanyahu a déclaré «Israël revient en Afrique et l’Afrique revient en Israël». Il s’agissait surtout pour le dirigeant hébreu de diversifier ses alliances.  Ce momentum diplomatique s’est poursuivi à un rythme accéléré : fin juillet, Jérusalem annonçait le rétablissement des relations diplomatiques avec la Guinée tandis que des pourparlers étaient engagés avec le Tchad, pays musulman situé dans le Sahel, front stratégique contre le Jihadisme.

 

Par ailleurs, des informations sourcées et crédibles font état de canaux officieux de discussions avec le Soudan et la Somalie. Les conditions d’un dialogue étroit entre Israël et l’Afrique sont désormais réunies grâce ou en raison du contexte géostratégique et d’impératifs économiques.

 

«Israël possède les solutions aux problèmes de l’Afrique. Si ce pays n’est pas le seul pays a maitriser les technologies requises par le continent, il est le plus dynamique», avait déclaré en septembre 2016 Faure Gnassingbé lors d’une rencontre de haut-niveau à New York avec Benjamin Netanyahu et d’autres dirigeants africains, dont Paul Kagame du Rwanda.

 

LIENS HISTORIQUES :

 

Les relations avec les pays d’Afrique sub-saharienne datent en réalité du milieu des années 1950 ; les premiers contacts furent établis avant même l’accession de certains d’entre eux à l’indépendance. En 1956, des relations diplomatiques furent instaurées avec le Ghana, puis avec la plupart des pays situés au sud du Sahara (dont la Côte d’Ivoire en 1962). Au début des années 1970, Israël entretenait des relations diplomatiques pleines et entières avec trente-trois Etats d’Afrique noire.

 

Ces relations étaient l’expression d’une affinité avec l’Etat d’Israël, lui-même tout jeune, ayant conquis son indépendance en 1948 et impatient de partager son expérience et son savoir-faire avec les nouveaux Etats africains. Des relations économiques profitables aux deux parties ont également été établies, comprenant de nombreux projets communs.

 

Dans le sillage de la Guerre de Kippour en 1973 et de la crise pétrolière mondiale qui s’ensuivit, la plupart des pays sub-sahariens décidèrent de rompre leurs relations diplomatiques avec Israël, pour deux raisons principales : les promesses de pétrole à bon marché et d’aide financière, ainsi que l’alignement sur une résolution de l’OUA (Organisation de l’unité africaine) adoptée sous l’égide de l’Egypte et appelant à la rupture des relations avec Israël. Seuls le Malawi, le Lesotho et le Swaziland maintinrent des relations diplomatiques à part entière avec Israël, tandis que quelques autres pays gardaient des contacts dans le cadre de bureaux d’intérêts auprès d’ambassades étrangères.

 

La coopération, cependant, se poursuivit dans une certaine mesure ; des étudiants africains participaient à des stages de formation en Israël ; et des experts israéliens étaient actifs dans l’ensemble du continent.

 

Depuis les années 1980, les relations diplomatiques ont progressivement été renouées avec les pays sub-sahariens (Côte d’Ivoire et Cameroun en 1980, Zaïre en 1982, Liberia en 1983, Togo en 1987) mouvement qui s’est accéléré avec les négociations de paix engagées entre Israël et ses voisins arabes. A la fin des années 1990, des relations officielles étaient rétablies avec 39 pays sub-sahariens.

 

Israël et les pays sub-sahariens sont actuellement engagés dans un dialogue politique se traduisant par des visites réciproques de chefs d’Etat et de ministres. Entres autres activités, citons les relations économiques et commerciales, les contacts culturels et universitaires, divers projets conjoints dans les domaines de l’agriculture et de l’assistance médicale, des programmes de formation professionnelle et, en cas de besoin, de l’aide humanitaire.

 

Israël suit avec intérêt le processus d’intégration économique et politique en Afrique, et la création de l’Union africaine. En témoignage d’amitié et de solidarité, Israël a renouvelé son engagement à œuvrer de concert avec les nouvelles institutions et organisations africaines, ajoutant un autre chapitre aux relations uniques en leur genre entretenues avec ce continent.

 

LES PARTENAIRES COMMERCIAUX :

 

Le continent est  une terre d’expansion pour Israël, qui y vend son expertise dans l’ingénierie, l’agronomie, l’irrigation et la sécurité.  Parmi les plus gros projets en cours, figure la centrale thermique au gaz naturel de Songon-Dagbé, qui sera construite dans la banlieue d’Abidjan par le groupe israélien Telemania pour 500 millions d’euros.

L’Afrique est classée avec la Turquie, le Canada et le Brésil dans la section « reste du monde » des statistiques de l’Institut israélien des exportations et de la coopération internationale (IEICI). Une vaste zone qui représente tout de même 24 % des ventes d’Israël à l’étranger…

 

LE TOGO BIEN PLACé.

 

En 2013, l’Afrique du Sud, le Togo, le Nigeria, l’Egypte et le Kenya ont été les principaux partenaires commerciaux d’Israël en Afrique. Le Togo, d’habitude moins important, ne se retrouve classé second qu’en raison d’une forte variation annuelle, avec 191 millions d’importations en provenance d’Israël, contre 64 millions en 2012 selon les statistiques israéliennes.

Le pays de Mandela draine l’essentiel des échanges, dans une relation qui repose en grande partie sur l’industrie diamantaire et s’avère favorable à l’Afrique du Sud. Les produits et biens d’équipement importés d’Israël ont atteint 425 millions de dollars en 2013 (dont 147 millions de diamant). Les ventes de minerais et métaux précieux de l’Afrique du Sud à Israël se sont élevées à 721 millions de dollars (dont 283 millions de diamant).

 

Un flux constant de gemmes va et vient entre les deux pays. Les diamantaires de Tel-Aviv s’approvisionnent en Afrique du Sud auprès du groupe De Beers en gemmes bruts, pour y réexporter ensuite des pierres taillées. « Pour le reste, les sociétés israéliennes s’intéressent surtout aux marchés de l’agro-technologie, des technologies de l’information, de l’énergie renouvelable et du traitement des eaux », note Itaï Melchior, l’attaché économique de l’ambassade d’Israël à Johannesburg.

 

Le Nigeria, de son côté, a importé pour 155 millions de biens israéliens en 2013 (contre 368 millions en 2012) alors que ses ventes à Israël ne dépassent pas 10 millions de dollars. Quant à l’Egypte, elle a acheté pour 120 millions de biens à Israël en 2013 (contre 97 millions en 2012) et lui en a vendu pour 108 millions de dollars. Le Kenya, de son côté, s’est approvisionné à hauteur de 91 millions auprès d’Israël (contre 120 millions en 2012), mais n’y a écoulé des produits qu’à hauteur de 27 millions de dollars.

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