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Côte d’Ivoire : Simone Gbagbo, le procès de la « dame de sang »

Côte d’Ivoire : Simone Gbagbo, le procès de la « dame de sang »

C'est un procès historique et important pour la fragile démocratie ivoirienne. Vendredi, en compagnie de 82 dignitaires de l'ancien régime, l'ex-Première dame ivoirienne Simone Gbagbo a comparu pour la première fois devant la justice. Vêtue d'un ensemble de couleur jaune et fleuri, cheveux tressés, qui n'avait pas fait d'apparition publique depuis trois ans, celle que l'on surnomme "la Dame de sang" ou "la Hillary Clinton des tropiques", suivant le camp dans lequel on se situe, a fait son entrée dans la salle du tribunal sous les applaudissements du public, a constaté un journaliste de l'AFP. Comme l'ensemble des accusés, Mme Gbagbo, 65 ans, est poursuivie pour "atteinte à la défense nationale, constitution de bandes armées, participation à un mouvement insurrectionnel, troubles à l'ordre public, coalition de fonctionnaires de rébellion, tribalisme et xénophobie", a énuméré l'avocat général M. Yabo Odi. «Tout le pays attend qu'on puisse tourner la page et solder les comptes de la grave crise de 2011 (...) pour aller à la réconciliation. Si ce procès peut y contribuer tant mieux», a déclaré l'un des co-accusé Michel Gbagbo, fils de Laurent Gbagbo, en liberté provisoire, et qui, pendant l'audience, a joué à des jeux vidéo sur son smartphone.

"Pas très éloignée des escadrons de la mort"

Née en 1949, à Moossou, dans la commune de Grand Bassam, Simone Gbagbo a toujours fait de sa vie un combat d’abord syndical puis politique. Fille de gendarme, militante au sein de la Jeunesse Estudiantine Catholique (JEC), elle rencontre Laurent Gbagbo au sein de la cellule «Lumumba» d’inspiration marxiste. «Adèle», son nom de code, tombe déjà sous le charme de l’homme politique, qui sortait alors toujours de prison et une profonde amitié nait alors. En décembre 1980, ils forment avec trois amis de longue date «le noyau des cinq» et décident de former un parti politique clandestin, qui deviendra en 1988 le Front populaire ivoirien (FPI). En 1989, les deux «révolutionnaires», devenus amants convolent en juste noce. L’année suivante, à la suite des manifestations populaires du 18 février 1990, Simone et Laurent Gbagbo sont emprisonnés à Abidjan. Cela n’altère pas la détermination de la «Dame de sang», bien au contraire. En novembre 1995, elle est élue pour la première fois député de la circonscription électorale d’Abobo, un quartier populaire d’Abidjan et devient ensuite vice-président du Parlement ivoirien puis Première Dame de Côte d’Ivoire, après l’investiture de son mari Laurent Gbagbo le 26 octobre 2000.

Proche de Charles Blé Goudé, le leader de l'Alliance des Jeunes Patriotes, milices soupçonnées d’exaction et même de massacres par l’Onuci, la force de l’ONU en Côte d’Ivoire, Simone Gbagbo n’est pas une personnalité aussi lisse que son site Internet le laisse supposer. Ainsi son proche entourage est accusé par la famille du journaliste français Guy-André Kieffer, d’avoir planifié son enlèvement le 16 avril 2004 – il avait rendez-vous avec Michel Legré, le beau-frère de Simone Gbagbo. Spécialisé dans les matières premières et les affaires économiques et financières, il enquêtait sur les malversations dans la filière cacao, dont la Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial. Lors de l’enquête préliminaire, le ministre de l’Economie et des Finances, Paul-Antoine Bohoun Bouabré, avait été mis nommément en cause par Michel Legré.

Laurent Gbagbo sera jugé pour "crimes contre l'humanité"

Convoquée par la justice française, comme témoin, en juillet 2008, Simone Gbagbo, dont le nom a été cité à plusieurs reprises lors d’interrogatoires, ne s’est jamais déplacée. Elle sera néanmoins entendue par les magistrats français Patrick Ramaël et Nicolas Blot à Abidjan, en avril 2009. Le 2 décembre de la même année, ces derniers saisissaient la Cour pénale internationale pour une demande d’entraide, afin que celle-ci puisse collecter des informations sur des membres présumés d’escadrons de la mort. Joint par Le Figaro.fr, le frère du disparu, Bernard Kieffer, expliquait alors que l’entourage direct de Simone Gbagbo était ciblé par l’enquête français. «On présume que Simone Gbagbo n’est pas très éloignée des escadrons de la mort», avait-il déclaré.

Mais ce n'est pas pour cette affaire que «la Dame de sang» est aujourd'hui sur le banc des accusés. Alors que son mari Laurent Gbagbo sera jugé devant la justice internationale pour «crimes contre l'humanité» à partir de juillet prochain à La Haye, aux Pays-Bas, l'ex-Première dame a obtenu le droit d'être jugée dans son pays pour son rôle lors des cinq mois de violences qui ont suivi la présidentielle de décembre 2010. Simone Gbagbo n'avait pas été la dernière à haranguer les partisans du président sortant qui refusait sa défaite électorale. «Le temps des débats sur les élections entre Gbagbo et le 'chef bandit' est passé. Notre président (Laurent Gbagbo) est vigoureusement installé au pouvoir et il travaille», avait-t-elle proclamé, sous les vivats d’une foule hystérique, en janvier 2011. «Le diable (Nicolas Sarkozy, Ndlr) est persévérant dans la défaite. C'est parce que le diable est persévérant que notre pays est dans la tourmente. Aujourd'hui encore, ce diable persiste», avait-t-elle ajouté. Intimement persuadée que Dieu avait choisi le camp de son mari, elle avait ajouté «Dieu mène notre combat. Dieu nous a déjà donné la victoire», assure-t-elle. «Nous allons retrouver notre indépendance, notre souveraineté totale. Le mouvement de libération de l'Afrique entière est en train de naître en Côte d'Ivoire.» Quatre mois plus tard, elle avait été arrêtée en compagnie de son mari, après une guerre civile qui avait fait plus de 3000 morts. 

Source : Paris Match

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COMPTER SUR SES PROPRES ATOUTS

Après avoir été laissé longtemps à la périphérie des affaires internationales avec en tout cas peu de poids et de considération, les partenaires de l’Afrique lui jettent un nouveau regard. Bien évidemment attirés par les immenses opportunités qu’elle offre et les perspectives qui sont les siennes. Les Etats-Unis, restés à la traîne pour plusieurs raisons, viennent d’emboîter le pas à l’Europe déjà forte présente avec de vieux liens issus en grande partie de la colonisation, à la très offensive et envahissante Chine qui, en quelques années est devenue le principal partenaire commercial du continent, ou encore et dans une moindre mesure au Brésil, à l’Inde etc.

Ceci à travers le sommet USA-Afrique qui s’est tenu les 5 et 6 août derniers sur l’initiative du président américain Barack OBAMA en présence d’une quarantaine de Chefs d’Etat et de gouvernement africains. Cette rencontre qui restera historique dans son principe même ne sera sans doute pas un simple épisode diplomatique comme les autres. Si elle a été l’occasion pour l’administration OBAMA de faire progresser les liens commerciaux et d’affaires, de réaffirmer les engagements américains sur la sécurité, la démocratie et la société civile, la conférence permet aux Africains d’espérer une relation économique plus approfondie avec leur hôte.

Mais les uns et les autres l’ont relevé de façon pertinente à Washington : les solutions aux problèmes dont souffrent le continent ainsi que les clés pour son développement relèvent des Africains eux-mêmes. Ils ne sont à trouver ni dans la capitale fédérale américaine, ni à Tokyo ou à Bruxelles, mais en Afrique. Fort de ce constat somme toute évident, martelé aussi bien par le Rwandais Paul KAGAME qui ne croit pas à des schémas prêts à emploi , que par le Sénégalais Macky Sall qui met en cause l’efficacité des aides au développement ou encore le Sud-Africain qui réclame pour la zone le droit à choisir son modèle, il est curieux qu’aucune grande rencontre de ce type ne réunit quasiment jamais en Afrique, les Africains entre eux.

Les grandes messes de l’Union Africaine sont des occasions pour débattre des sujets et d’agendas politiques ; son format même n’étant pas propice aux échanges sur les questions touchant aux grands enjeux de développement. Certes, les différents regroupements sous-régionaux, la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest ( CEDEAO), Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC), la Communauté Est-Africaine ( CEA) ou encore la Communauté de Développement de l’Afrique Australe ( SADC) pour ne citer que ceux-là, définissent des projets communs et élaborent des initiatives touchant à leur zone. Mais aucun sommet de même niveau avec la définition d’objectifs similaires à ceux affichés par Américains, Chinois, Européens etc… réunissant l’ensemble des dirigeants et des décideurs économiques ne s’organise véritablement sur le continent. Si les autres vantent nos atouts, il faudra peut-être commencer à y compter nous-mêmes.

 

 

 

Interview : Myra ou la DIAM’S togolaise

« Le rap m’attendait et il m’a juste fait une place à ses côtés »

Myra est une jeune artiste Togolaise née d’une famille de musiciens qui, depuis toute petite, fut contaminée par la fièvre de la musique et a décidé en grandissant, d’en faire un métier. Elle est actuellement la seule artiste féminine à faire un mélange subtil entre le rap et le chant pour le plus grand bonheur du public. 

Focus Infos : Pourquoi la musique ? 

Myra: Je ne saurais expliquer pourquoi ! Juste que je ressens le besoin de le faire. Et que lutter contre cette envie irrésistible de faire de la musique m’est impossible. Bref, c’est une vocation : je suis née pour raper et chanter 

F.I : Pourquoi le rap ???

Myra : Quand j’étais en primaire et au secondaire, j’étais assez timide et je gardais tout pour moi. Quand j’étais en colère ou déprimée, j’écrivais ce que je ressentais sur une feuille. Après je le lisais à haute voix et ça me soulageait. Je me suis rendu compte un jour en écoutant Diam’s raper, que je pourrais faire pareil. Exprimer ce que je vivais ou ressentais sur un instrumental et tout est parti de là. C’est une sorte de thérapie pour moi : quand je rap rien ne compte plus à part le micro et le bit. 

F.I : Comment arrives-tu à t’imposer dans ce domaine dominé je pense à 99% par les hommes dans notre pays? 

Myra: Je dirais que je suis la touche féminine du Hip Hop Togolais. Le rap m’attendait et m’a juste fait une place à ses côtés. C’est-à-dire que quand j’ai commencé, la plupart des rappeurs m’ont accueilli à bras ouvert et m’ont pris sous leurs ailes. C’est vrai que c’est un milieu macho mais je ne suis pas du genre à me laisser facilement intimider. Je suis déterminée à me battre pour ma musique et à tenir fièrement la chandelle des 1% de femmes dans le milieu HH togolais. 

F.I : Selon toi, lequel de tes morceaux a connu plus de succès ?

Myra : Mon dernier son « Gangsta love» qui est une reprise du son « Forever » des P- Square . Selon moi, c’est parce que dans ce son, j’ai laissé paraitre la femme qui est en moi et que mon public n’avait jamais vu ce côté amoureuse et passionnée de Myra 

F.I : Des projets à court ou long terme ?

MYRA : Je suis actuellement en train de préparer mon prochain clip qui sortira en fin d’année et je suis en studio pour la réalisation de mon premier album qui sortira en 2014 

F.I : Un cœur à prendre ?

Myra : Non j’ai déjà deux amants très jaloux le Rap et le chant 

F.I : Un message à l’endroit de tes fans ?

Myra : Merci pour tout l’amour et le soutien que vous me témoignez chaque jour. Je vous aime moi aussi et ce n’est que la première page de notre histoire que nous venons d’écrire ensemble avec le single Gangsta love…

 

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Hip Hop : Dove’nd, artiste de la chanson

« Le Rap, surtout parce que c’est une musique qui revendique et qui interpelle. Je suis tombé dedans comme Obélix dans la potion magique. »

Dove’nd : « Dove’ND The Venom » est le genre d’artiste qui ne pourrait réduire la musique en général, et le Hip Hop en particulier, à une simple locution d’art. Reconnu pour son flow « rugissant », pour lui être artiste, c’est toute une culture, le choix d’un mode de vie. Né DJEMI Nyawa Christian à Yaoundé, Dove’nD se décrit lui-même comme un Africain d’origine Camerounaise. Son parcours artistique débute une dizaine d’années plus tôt dans sa ville natale. Ses premières armes dans la musique, il les fait avec ses compères du « Roots Divine Squad », Da Boss Cappuccino et Godys Da Lionna. Ils n’auront besoin que de deux singles (New School, et We rock you) pour rapidement se faire une place sur une scène Hip Hop Camerounaise à peine éclose. Fortement inspiré par le Rap US, le jeune Dove’nD ne tardera pas à faire remarquer sa dextérité lyricale. Il fait découvrir au public son concept du « MICwendo ». Comparant le micro à la discipline et la rigueur du Taekwondo, il réunit styles, techniques et manières pour proposer une nouvelle façon d’aborder la musique. « Yes yes Yor, Check it check it Yor » et « the way you feel it, the way you do it » deviendront ses credos. 

Focus Infos : Pourquoi le Rap ?

Dove'nd: Plus jeune, j’étais plutôt R’n’B, D-Funk et Soul music. Il faut dire que c’est comme cela que suis rentré dans la musique, au lycée avec les récitals, c’était les Boys II Men, Coolio, Black Street Boys et du Smurf (Michael Jackson). Je découvre le Rap avec les artistes comme le Wu Tang Clan, Nas, A-Z, Killah Priest, Jay-Z que me faisait écouter mon cousin Georges. Les paroles, la musicalité, le punch et l’énergie dégagées de ces chansons m’interpellaient directement. Alors je me suis dit pourquoi ne pas essayer. C’est ainsi que j’écris mes premiers textes, mon premier freestyle. Voilà c’est parti. Le Rap, surtout parce que c’est une musique qui revendique et qui interpelle. Je suis tombé dedans comme Obélix dans la potion magique. 

F .I : Quelles sont les scènes qui t’ont connu? 

D : Il faut dire que depuis que je suis au Togo, j’ai fait pas mal de scènes, des mûres et des pas mûres. Je citerai en passant le Ghetto Festival (2010) avec DJ AWADI, AFRICA RYTHMES (2012) avec XUMAN GUNMAN, DEKONU RAP (2012), les ARCTIVISM avec ELOM 20ce pour ne citer que ceux-là. Mais il faut aussi dire que j’ai été invité sur plusieurs concerts à Lomé et à l’intérieur du pays (Kpalimé, Tsévié, Aneho, Dapaong) 

F .I : Etant un étranger au Togo quels sont tes rapports avec les autres artistes ? Comment s’est passé l’adaptation ? 

D : (Soupirs) Mes rapports avec les artistes togolais c’est Peace and Love, Hate and War. Je suis Peace and Love avec qui le veut et en mode Hate and War avec qui le souhaite. Je ne vous apprends rien mais vous savez tous qu’il y a trop d’hypocrisie dans ce game. Comme je le dis dans “Où sont mes gars ?, « I see niggaz in the dark side. Tell me why you lookin at me with your juda eye ». Néanmoins, je fais des efforts pour être en bon rapport avec tout le monde mais comme le dit Kerry James « On ne peut pas plaire à tout le monde, sauf en étant hypocrite ». 

Etant un étranger (même si je ne me considère pas comme tel), j’essaye de m’adapter. Ce n’est pas facile et comme je l’ai dit je fais de mon mieux. Elayi (ça ira). Je mange bien du Djinkoumey et du Akoumey avec tout ce qui va avec, donc ça va. (Rires) 

F .I : Dove’nd est connu et apprécié dans le milieu HH togolais depuis mais le public t’a connu avec le morceau «Où sont mes gars?» tout récemment, pourquoi avoir attendu si longtemps ? 

D : J’ai fait quelques sons bien avant mais sur lesquels la promo n’a pas vraiment suivi et aussi il était difficile qu’on accepte me jouer sur certains médias. C’est juste qu’avec le single « Où sont mes gars ? », j’ai établi une approche différente, j’ai misé surtout sur une bonne promo, parce qu’il faut le dire, c’est la promo qui fait connaitre le produit. C’est la communication ! Et je pense que moi et mon équipe, on a retenu la leçon et voilà quoi. 

Je profite pour dire un Merci à tous ces médias qui ont bien voulu me suivre et m’accompagner. 

F .I : Quel est le message véhiculé dans “Où sont mes gars ’’ ? Est-ce un appel ou une revendication ? 

D : Je dirais les deux. Un appel à tous les acteurs du mouvement Hip Hop togolais, parce qu’on remarque que le Rap et le Hip Hop sont de moins en moins présent sur les scènes du fait que beaucoup d’artistes rappeurs se sont vus travestis leur musique avec la complicité de certains promoteurs culturels pour embrasser les tendances variétés, histoire de se faire inviter sur des scènes. Une revendication pour la réhabilitation du Hip Hop à sa place qui lui revient de droit. 

Il va s’en dire que c’est ce mouvement qui est à l’ origine de la vrai explosion de la musique togolaise. La plupart des stars qui font la fierté du Togo aujourd’hui sont passées par là, ce n’est pas les Toofan qui me diront le contraire. 

F .I : Ton regard sur le HH togolais 

D : Je pense que ça va, du moins ça commence par mieux aller. Il y a du talent et du potentiel à revendre. Je crois en cette nouvelle jeunesse qui veut s’en sortir malgré le manque de producteur et de vrai promoteur, malgré le manque de moyens nécessaire qui doit être mis à disposition pour développer la culture. Comme on le dit « Ce qui ne te tue pas te rend plus fort ».

 

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