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QUESTIONS A JOSE SYMENOUH

F.I. : Le 05 janvier dernier, le président Kacou DIAGOU a annoncé votre départ de NSIA. Une annonce inattendue. Que cache ce retrait ?

 

JKS : Merci de vous intéresser à cet évènement qui ne peut laisser indifférent. Inattendu certes, mais je tiens à vous rassurer. Il s’agit d’un départ voulu, muri et planifié depuis 5 ans déjà. J’ai toujours dit à mes collaborateurs que je partirai 2 ans avant l’âge normal de la retraite pour ouvrir d’autres chantiers. Je l’ai exprimé à mes patrons par courrier en août dernier et confirmé devant le Conseil d’Administration en Novembre.

 

F.I. : Quels sont donc les chantiers que vous avez et qui vous tiennent tant à cœur ?

 

JKS : Au-delà du nouveau chantier dont nous parlerons tantôt, n’oubliez pas qu’il y en a déjà un qui est un chantier sans fin : la formation. Je suis, faut-il le rappeler, le Président Fondateur de l’institut Supérieur de Droit et d’Interprétariat (ISDI), qui forme les jeunes après le BAC et qui a atteint un niveau de croissance et de sérieux qu’il faut obligatoirement soutenir sans cesse.

 

Le nouveau chantier est toujours dans notre activité d’assurance. Il s’agit de métier de courtage d’assurance.

 

F.I. : En quoi consiste ce métier ?

JKS : Il faut le reconnaitre, ce métier bien que  répandu et existant sur notre marché à travers une vingtaine de cabinets, est assez connu par certaines entreprises. Les particuliers l’ignorent en général. En effet, pour souscrire à une police d’assurance, le consommateur a le choix de s’adresser, soit directement à une compagnie d’assurance, soit à un intermédiaire d’assurance (courtier ou agent général).

 

Dans le premier cas, comment peut-il choisir une compagnie d’assurance ? (il ne le connait pas bien, pas plus qu’il ne maitrise les produits vendus et les termes utilisés dans les contrats d’assurance.)

 

C’est pourquoi il est souhaitable qu’il s’adresse à un professionnel des assurances. L’ avantage, c’est qu’après étude appropriée des besoins des consommateurs d’assurance, le courtier les analyse et conseille le client dans son orientation en raison de certains critères objectifs donnés (tarifs, garanties, marge de solvabilité, etc…)

 

F.I. : Puisque vous dites vous-même que ce métier n’est pas nouveau sur le marché et qu’il y a une vingtaine de courtiers d’assurance, quel serait donc votre apport sur le marché ?

 

JKS : D’abord je tiens à préciser que non seulement le métier n’est pas nouveau, mais la société de courtage dont je prends le contrôle : La Protectrice Assurance n’est pas nouvelle. J’ai pris le contrôle de cette structure que j’entends redynamiser en apportant une touche personnelle. La touche personnelle en capitalisant mes 28 années d’intenses activités dans les compagnies d’assurance dont 24 ans de Direction Générale (C2A, GTA C2A et 11 ans à NSIA ).

 

L’apport fondamental, c’est faire de cette structure une structure sous régionale à travers l’installation de plusieurs filiales dans toute la zone CIMA ((Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Centrafrique, Congo, Côte d’Ivoire, Gabon, Guinée Equatoriale, Mali, Niger, Sénégal, Tchad et les Comores) et aussi la Holding au Togo.

 

Il n’existe pas à ce jour véritablement une société de courtage sous régionale africaine détenue par des Africains, comme il en existe pour les compagnies d’assurance (Groupe NSIA, SUNU). L’objectif est qu’un Togolais puisse combler ce vide et relever le défi. C’est un rêve et nous devons y arriver.

 

F.I. : Quels sont aujourd’hui vos rapports avec NSIA que vous avez quitté ?

 

JKS : De très bons rapports. Nous sommes aujourd’hui des partenaires au même titre qu’avec les autres compagnies d’assurances.

 

F.I. : Etes-vous sûr de pouvoir observer l’indépendance exigée par la déontologie vis-à-vis de NSIA ?

 

JKS : Bien entendu, même si la tendance naturelle peut être de la privilégier (c’est avant tout notre bébé). Mais il faut faire attention de ne pas se décrédibiliser tout de suite. Nous sommes sur un petit marché et tout finit par se savoir.

 

F.I. : Le paradoxe c’est que vous partez de NSIA au moment où vous devez vous occuper de la construction du siège

 

JKS : C’est vrai nous avons travaillé pendant 11 ans et mobilisé des ressources nécessaires pour la construction du siège, mais le retard dans cette construction qui aurait dû intervenir plus tôt ne saurait non plus retarder mes projets. Mon collègue de NSIA Vie, M. Magloire KINIFFO, mon compagnon de plus de 23 ans devrait s’en occuper et achever le travail que nous avons commencé.

 

Il lui reviendra de prendre en charge la réalisation de ce beau projet.

L’histoire retiendra qu’en tout cas même si je ne suis pas impliqué dans la construction du siège, j’auraiscontribué au rassemblement de tous les prérequis, à savoir l’acquisition du terrain, le concours d’architecture, la sélection des architectes etc…

 

F.I. : Avez-vous un mot à l’endroit de vos nouveaux confrères (je veux parler des autres courtiers) et assurés ?

 

JKS : A l’endroit des confrères, je les remercie de m’avoir accepté dans leur rang et les rassure que l’objectif poursuivi aujourd’hui est le développement du marché de courtage. Je viens me joindre à eux pour le développement de ce marché dans le strict respect de la déontologie. On ne peut pas comprendre que dans les pays européens près de 98%, pour ne pas dire 100%, des souscriptions se fassent par des courtiers et qu’on en soit à peine à 40% dans le nôtre.

Pour les consommateurs, ou assurés, ils ont tout intérêt à recueillir les services des courtiers afin d’être certains qu’ils ont la couverture qui leur faut et au juste prix.

 

F.I. : Quel serait le coût lorsqu’on sollicite l’assistance d’un courtier ?

 

JKS : Zéro franc. C’est gratuit ! C’est l’assureur qui reverse une commission au courtier, il peut s’agir d’une commission d’apport et / ou de gestion, déjà incorporée dans la prime. Il est souvent raconté que cette commission est répercutée in fine sur le client. Ce n’est pas vrai.

Le recours à un courtier constitue une charge pour la compagnie d’assurance et c’est pour cette raison que certaines compagnies font à tort une campagne d’intoxication et de dénigrement des courtiers. Au lieu de les considérer comme des concurrents, il faut les traiter plutôt comme des partenaires.

 

F.I. : Merci M. SYMENOUH. Nous souhaitons donc bons vents à la Protectrice Assurance.

 

JKS : Merci.… On fera le point dans 1 an.