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Interview:Dr Serge Michel KODOM, PrEsident de l’ONG AIMES- Afrique

« On a  le sentiment d’avoir été utile et que Dieu nous suit d’un regard particulier ».

 

L’ONG AIMES-AFRIQUE a initié une série de formations depuis plusieurs semaines sur l’ensemble du territoire national, au profit du public dont des journalistes. Après l’atelier tenu il y a quelques jours à l’endroit de ces derniers, FOCUS INFOS a rencontré le président de l’ONG sur les objectifs et le bilan de ces formations. Et plus généralement, sur la place de son organisation dans notre communauté. Interview !

 

Focus Infos : Vous avez initié une série de formations en faveur des journalistes pour la promotion de l’éducation pour la santé à travers la vulgarisation du Code de la santé publique de la République Togolaise, commencée dans la région des Savanes et clôturée fin janvier dernier ? Quels sont les objectifs de cette initiative ?

 

Dr Serge Michel KODOM : Je voudrais vous remercier pour l’opportunité que vous m’offrez afin de parler  des activités de notre organisation humanitaire. J’en saisis l’occasion pour présenter mes chaleureux vœux de début d’année à vos lecteurs.

 

Effectivement depuis Octobre  2016, nous avons lancé une vaste campagne de formations (20 au total) sur la promotion de l’éducation pour la santé dans les régions. Les acteurs identifiés pour y participer  sont entre autres les journalistes, les nouveaux diplômés des écoles de santé,  les élus locaux/maires et les chefs traditionnels,  les organisations de la société civile (OSC) qui oeuvrent dans le domaine de la santé,  et enfin les agents de santé communautaire couplés de responsables des comités de gestion des structures de santé (COGES).

 

Nous avons voulu  en réalité être très inclusifs et les objectifs fixés sont clairs pour nous : il s’agit de  vulgariser  le  code de la santé publique du Togo et de solliciter l’implication des différents acteurs  dans la promotion effective de la santé dans la communauté. 

 

Dans le contexte qui est le nôtre et parfois l’ignorance de la population sur les questions relatives à la santé, il était important pour nous de nous appuyer sur un document « juridique » qu’est le « code de la santé publique  de la République Togolaise », dont le contenu est malheureusement méconnu du grand public. Voilà fondamentalement notre motivation, celle d’être assez  inclusifs en ouvrant le débat.

 

F I : Quel rôle attendez-vous spécifiquement des médias et des professionnels de la communication pour la promotion de la santé dans notre pays ?

 

Dr S M K : Les hommes des médias, acteurs privilégiés dans le relai d’informations en faveur du grand public  mais également éducateurs, sont des vecteurs essentiels pour  la promotion de l’éducation pour la santé. Ils devront permettre l’appropriation par les populations des informations relatives à la santé, en s’appuyant sur les textes et autres documents réglementant le secteur dans notre pays.

 

Pour nous, il s’agit d’outiller les journalistes et professionnels de médias afin qu’ils s’engagent dans le processus qui au final permettra aux populations de contrôler leur santé. C’est ce qui nous motive à organiser ces ateliers de formations. Les journalistes devront, à travers leurs productions, faire large diffusion des principes fondamentaux contenus dans le code de la santé dont nous assurons la vulgarisation.

 

De fait,  près de 150 journalistes provenant des 5 régions économiques du Togo ont été outillés sur plusieurs  thématiques avec des modules qui traitent des  nouvelles techniques de recherches des informations médicales, celles  d’animation et de diffusion des émissions de santé, le rôle à jouer par les journalistes dans l’atteinte des ODD.

 

 

F I : Quel bilan faites-vous de vos différents ateliers que vous avez organisés ?

 

Dr S M K : Le bilan est très satisfaisant. D’abord, de part les échanges, nous avons senti  un grand intérêt de tous les acteurs impliqués et surtout leur engagement à promouvoir la santé dans notre pays. Ensuite, vu les évaluations et rapports des ateliers,  nous avons noté  une grande détermination et un engagement de tous les participants. En toute modestie,  on a recueilli pratiquement  100%  d’adhésion des participants à l’initiative et 100% pour la poursuite de cette campagne et plus de 95% des participants sont prêts à s’engager dans un « réseau de promotion de la santé » au Togo.

 

De fait,  pour les trois ateliers de formation des journalistes, il y a eu des productions (magazines, presse écrite, interview, émission, reportage …) sur des thématiques de santé que nous avons compilées  et que nous mettrons à la disposition des populations surtout en langues nationales. C’est déjà très encourageant.

Par ailleurs, les journalistes qui ont participé aux ateliers ont déjà commencé la vulgarisation du code de la santé dans leurs journaux, radios à travers les « rubriques de santé » dans leur colonne. …. C’est pour nous un grand signe que le message est passé.

 

F I : Vous êtes souvent sur le terrain. Sur quoi devront aujourd’hui insister les politiques publiques en matière de santé ?

 

Dr S M K : En réalité les politiques publiques en matière de santé doivent s’appuyer à mon humble avis sur 3 aspects : la vulgarisation et mise en œuvre ou l’application des « beaux » textes juridiques existants ; l’augmentation du budget alloué au secteur de la santé qui devrait respecter les 15% du budget national en dehors de l’aide des partenaires  et enfin « remobiliser » les agents de santé (personnel médical) et les acteurs de la société civile impliqués dans la promotion de la santé autour des valeurs de bonnes pratiques en santé. Je ne vais pas être long sur le sujet aujourd’hui, on pourra en rediscuter.

F I : A ce jour, depuis la création de AIMES-AFRIQUE, avez-vous le sentiment d’avoir été utile à la communauté ? Quels sont les chiffres essentiels  de vos activités sur le terrain ?

 

Dr S M K : En toute franchise, c’est un sentiment mitigé. Lorsque nous organisons nos campagnes et qu’à la fin vous voyez des personnes trainant des affections sur des dizaines d’années être soulagées de ces pathologies graves, on a « le sentiment d’avoir été utile et que Dieu nous suit d’un regard particulier ».A l’inverse,  vu l’étendue des besoins de santé des populations rurales, on repart toujours le cœur brisé  car nous sommes limités par le temps et les ressources matérielles, financières et humaines.

 

Toutefois,  les témoignages suffisent pour mesurer notre utilité à la communauté togolaise. Aujourd’hui nous pouvons affirmer avoir sillonné pratiquement toutes les préfectures du Togo. Plus de 530 agents de santé (médecins infirmiers, sage- femmes, techniciens supérieurs…) sont membres, plus de 320 missions humanitaires réalisées avec plus de 2.500 agents de santé locaux impliqués dans nos activités.

A ce jour, nous avons pu réaliser plus de 350.000 consultations médicales spécialisées  et  plus de 20.000 opérations chirurgicales avec succès. Mais sans nous asseoir sur nos lauriers, nous sommes plus que jamais déterminés  à doubler ces chiffres les cinq prochaines années, en espérant  des appuis multiformes ; ayant  la maîtrise de cette « pratique médicale » qui se repose sur la compassion.

 

F I : Rappelez-nous brièvement ce qu’est AIMES-AFRIQUE :

 

Dr S M K : AIMES-AFRIQUE, est une organisation, apolitique à but non lucratif créée le 19 janvier 2005 à Lomé (TOGO) par des professionnels de santé mais qui depuis 2015 est ouverte à tous les corps de métier.

De 2005 à 2010, AIMES AFRIQUE s’est illustrée par sa présence permanente aux côtés des populations rurales à travers son slogan «amener l’hôpital vers les populations».

 

Première ONG africaine depuis 2010 spécialisée dans les activités médico chirurgicales humanitaires, AIMES-AFRIQUE a obtenu l’accréditation avec un statut consultatif spéciale au Conseil Économique et Social de l’ONU (ECOSOC).

AIMES-AFRIQUE œuvre dans le cadre du développement communautaire à travers différentes activités sanitaires, l’humanitaire et le social et promeut également la culture de l’excellence et de l’émulation en milieu scolaire et universitaire. Près de cinquante projets exécutés déclinés dans six (6) axes stratégiques adoptés dans le cadre du plan d’action 2016-2020.

 

Grâce à ses réalisations et à ses 530 membres qu’elle compte aujourd’hui, AIMES-AFRIQUE est présente dans plus de sept (7) pays d’Afrique et dans plus de quatre (4) pays hors du continent : FRANCE, USA, JAPON, ALLEMAGNE avec un accord de siège signé par les autorités togolaises à travers le Ministère des Affaires étrangères, de la coopération et l’intégration africaine.

AIMES-AFRIQUE est élue à la 2ème Assemblée Générale du Conseil Économique, Social et Culturel de l’Union Africaine (ECOSOC UA).  

 

 

 

 

 
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