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Près de 5000 enfants de rue au Togo : La prise en charge est-elle efficace ?

Près de 5000 enfants de rue au Togo : La prise en charge est-elle efficace ?

En 2011, une enquête du Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF) et du Bureau International du Travail (BIT) estimait  à 120 millions dans le monde dont  30 millions en Afrique et environ 5000 au Togo, le nombre des enfants de rue. Cette catégorie en situation difficile  préoccupe au plus haut point les autorités togolaises qui, à travers un arsenal juridique et institutionnel,  s’attaquent au problème. 

 

La rue,  un refuge ?

 

Mardi 03 février 2015.  Il est environ vingt trois heures. Etendus à même le sol sur le trottoir du boulevard du 13janvier, trois jeunes garçons se débattent avec un fragment de carton qui leur sert de couverture. La proximité de la mer rendait le froid particulièrement intense ce soir-là.

 Mais cela ne semble nullement les préoccuper, occupés à  chasser  les moustiques qui les perturbent. Futchéni, le plus jeune d’entre eux a onze (11)  ans. Il nous confie, non sans avoir réclamé en contrepartie un peu d’argent, qu’il était venu s’installer à Adidogomé en compagnie de son père en provenance d’Atakpamé. Un ami lui a proposé de lui montrer le chemin pour retourner dans cette ville où est restée sa mère. «  Nous sommes partis un matin alors que papa était au travail. C’est ainsi que je me suis retrouvé sur le boulevard »  explique-t-il.

 Les parents de l’ami en question sont venus le récupérer  ce matin-là, nous apprend Yves le plus âgé des trois. Lui, a quinze (15)  ans.  Son histoire est toute autre. Suite au divorce de ses parents, il vivait  avec sa mère chez son beau-père. Mais il a fait une fugue pour échapper confie-t-il, « à la maltraitance » que ce dernier lui infligeait.

 

Comme Yves et Futchéni, ils sont nombreux ces enfants qui choisissent  la rue comme refuge. A cela plusieurs raisons: la précarité  de la famille, le divorce des parents, la maltraitance ou autres abus, le manque d’affection ou encore la promiscuité…

 Pour survivre, c’est le système D. Beaucoup  mendient  tandis que certains versent dans la petite délinquance, faite de vols, parfois avec agression.  Livrés à eux-mêmes, ces enfants sont très vulnérables et exposés à toutes sortes de dangers : exploitation économique, esclavage sexuel, maladies etc.

 

L’Etat s’attaque au problème

 

Pour venir en aide aux enfants en situation de rue,  le Togo  dispose  d’un arsenal  institutionnel et juridique de protection et de prise en charge.

De  tous les instruments, le plus pratique reste « la ligne 1011 », une ligne verte mise en place par l’Etat togolais depuis 2009. Elle permet de recevoir des appels relatifs aux enfants en situation difficile dont les cas d’abandon,  de maltraitance,  de traite, de violence ou encore les cas d’enfants en situation de rue. L’appel peut être émis par toute  personne  pour signaler un cas d’enfant en situation difficile . Outre la dénonciation, la ligne verte peut aussi être utilisée par des parents ou toute personne  qui désire avoir des conseils sur la manière de gérer une situation impliquant un enfant ou toute personne qui désire avoir des informations sur les droits des enfants.

En appui à cette ligne verte, l’Etat togolais  dispose depuis 2011 d’un Centre de Référence et de Prise en charge des Enfants en Situation Difficile (CROPESDI) ; un centre de « logement temporaire » où sont gardés et pris en charge les enfants en situation difficile avant leur réinsertion dans leur  famille, dans une famille d’accueil ou dans une ONG spécialisée. Les enfants y sont gardés pendant une durée minimale de 72h et au maximum trois mois et bénéficient d’une prise en charge psychologique tout le long de leur séjour. 

 

Au-delà de la simple prise en charge, l’existence d’une Direction Générale de la Protection de l’Enfance (DGPE), placée sous la  tutelle du ministère de l’Action Sociale, la Promotion de la Femme et de l’Alphabétisation, contribue à appréhender globalement la problématique de la protection des droits des enfants. La Direction mène, en effet, des actions non seulement  dans la prise en charge des enfants en situation difficile mais aussi dans la prévention des situations de vulnérabilité des enfants. Cette prévention  consiste notamment en  la sensibilisation et l’éducation parentale  à travers les médias  et  la  formation des acteurs qui  interviennent dans le domaine de la prise en charge des enfants. Le but est de permettre  aux parents de  s’approprier les droits des enfants et  d’assurer leur bien-être.  Ces dispositions institutionnelles sont soutenues par  des  instruments juridiques nationaux et internationaux ratifiés par le Togo en faveur de la promotion et de la protection des droits des enfants. Il s’agit notamment  de la Convention relative aux  Droits des Enfants (CDE) ratifiée par le pays le 1er août 1990   et la Charte Africaine des Droits des Enfants adoptée le 05 mai 1998.  Sur le plan national,  cette protection s’est matérialisée en juillet 2007 par l’adoption d’un  Code des enfants propre au pays. Notons que la DGPE duquel dépend le CROPESDI travaille avec plusieurs partenaires techniques et financiers comme  Plan Togo, UNICEF, le BIT dans la prévention et la prise en charge des enfants en situation difficile en général et ceux en situation de rue en particulier.

 

Des résultats encourageants ...

 

La procédure pour la prise en charge  est automatique, selon le Directeur du CROPESDI,  M. M’Baye BATAKA.

 « Lorsqu’on nous signale un cas d’enfant en situation de rue, la première des choses que nous faisons est de gagner sa confiance. Ensuite, nous essayons de déterminer son problème et  de trouver un repère familial.  Puis, nous réalisons  la médiation entre l’enfant et sa famille.   Le  psychologue de notre centre intervient afin d’aider à la réinsertion de l’enfant dans sa famille.  Si c’est le problème de précarité qui est fondamentalement à la base de la situation de l’enfant, il bénéficie  d’un accompagnement pendant une période tout en étant dans  sa famille.  Tout cela  se fait avec un suivi de la situation de l’enfant. En revanche,  si après nos investigations,  nous constatons que l’environnement familial n’est pas propice à la réinsertion de l’enfant, nous le confions aux ONG spécialisées et partenaires ou à une famille d’accueil en attendant qu’on travaille un peu avec la famille», explique-t-il

 

Tous ces dispositifs  ont permis à la DGPE d’enregistrer des résultats  encourageants. En effet, selon les enquêtes parcellaires réalisées et consignées dans le tableau de bord sur la protection de l’enfant  (édition 2012), juste pour l’année  2011, 667enfants  en situation de rue   ont été enregistrés et  pris en charge par le ministère dont 80,5% de garçons et 19,5% de filles. 

Le tableau de bord est un document  élaboré annuellement par le ministère en charge de l’Action  Sociale pour disposer de données sur la situation des enfants au Togo dans le domaine de la protection des droits de enfants. Les données du document touchent les thématiques comme le mariage forcé, les violences faites aux enfants, les travaux forcés, la traite des enfant etc.. La collecte  se fait sur toute l’étendue du territoire national.

 

Données plus récentes, le CROPESDI estime à  65(55garçons et 10 filles)  le nombre d’enfants en situation de rue accueillis et assistés de janvier à décembre 2014 sur les 1643 enfants en situation difficile accueillis au total pendant la même période. Ces enfants sont envoyés dans le centre pour la plupart par la Brigade pour mineurs qui joue elle aussi un rôle important   dans la lutte contre la délinquance juvénile liée   à la situation de rue. « Nous travaillons ici surtout avec des enfants en conflit avec la loi.  Mais  lorsque nous rencontrons  lors de nos rondes un enfant qui n’a  a priori rien à faire dans le lieu où il est et lorsque nous le questionnons et remarquons qu’il est un perdu,  nous le ramenons  à la CROPESDI ou parfois directement dans les ONG qui s’occupent des enfants de la rue. Cela n’entre systématiquement pas dans nos missions mais nous estimons que c’est leur éviter plus tard de tomber dans les situations qui les ramèneraient vers nous. Nous anticipons sur notre devoir en quelque  sorte » ,  indique  l’Officier Fatima GOUNTANDI de la Brigade pour mineur de Djidjolé.

 

Le défi, selon M. Ali TILOH,  responsable de la Direction de la Prévention des Situations de Vulnérabilité, est de passer des institutions d’accueil aux familles d’accueil. « L’idéal pour un enfant ce n’est pas de grandir dans un centre d’accueil mais plutôt dans une famille, même si celle-ci est de substitution », précise-t-elle. Le ministère  met en œuvre d’ailleurs   actuellement  un projet pilote « famille d’accueil ». Il  concerne une vingtaine de familles d’accueil choisies au bout d’un processus méticuleux et qui accueillent les enfants victimes de maltraitance ou les bébés abandonnés. Il pourrait être élargi aux autres typologies d’enfant et aux autres régions.

 

555 comments

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