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INTERVIEW :JUNIOR SEME, ARTISTE DE LA CHANSON TOGOLAISE

« Je suis togolais de nationalité mais panafricain dans mon cœur »

On a fini par le surnommer « le fils de King Mensah », pour marquer son attachement au « King » de la musique togolaise. Même s’il revendique cette filiation artistique, Junior Sémé s’est fait un nom dans le showbiz. Il est notre invité cette semaine.

 

Focus Infos:Qui est Junior Sémé ? 

Junior Sémé : Officiellement je réponds  au nom de  Mensah  KPOVOUVOU. Je suis né un 27 août à Agbelouve-Gare dans une modeste famille. Je suis fils d’un  maçon et d’une commerçante.  Et je dois vous avouer que je suis fier de mes parents.

 

FI : Vous  étiez dans une autre vie danseur pour  King  Mensah. Aujourd‘hui vous êtes vous-même au devant de la scène.  Dites-nous plus sur votre parcours artistique ? 

JS : Mes premiers contacts avec la musique ont eu lieu très tôt, dès l’âge de six ans. Mon père était très attaché à la tradition.  Très proche de ce dernier, j’ai été contaminé par sa passion pour les danses folkloriques et autres. Mon penchant pour la  musique va  s’accentuer  véritablement en 1996 avec mes  collaborations avec les artistes comme Gilbert Openya  et Peter Solo.  Parallèlement, je travaillais avec un groupe chorégraphique du nom de « Besthers ». Je jumelais tout cela avec mes études, ce qui n’était pas du tout facile.

En 2008,  je décroche  mon baccalauréat. Tout de suite, je projette de poursuivre mon cursus en psychologie mais je n’ai pas été retenu. J’ai donc été orienté vers la  géographie. Malheureusement, vu mes moyens financiers très limités, j’abandonnai les amphis quelques  mois plus tard  pour  me consacrer à ceux à quoi je suis destiné : la musique.

La même année, je remporte  un concours dénommé « King d’or ». C’est l’un des tous premiers  concours  artistiques  qui visent la détection, la promotion et la valorisation  des jeunes talents togolais.   L’année d’après,  je suis encore lauréat du même évènement, qui cette fois  a eu une autre dénomination (« Patriote »). 

Ces distinctions  m’ont  permis de  nouer une amitié avec le musicien-promoteur  Jean-Claude  DICK, qui m’a mis en relation plus tard  avec King Mensah avec qui j’ai travaillé de 2009 à 2015. J’ai été donc pour lui, un bras droit, un choriste et parfois une  doublure  sur certains morceaux. C’était  une  très  riche  et instructive  expérience. Cette collaboration justifie le fait qu’aujourd’hui, certaines personnes retrouvent mon mentor  à travers  mes  prestations.

 

FI : Qu’est-ce-qui démarque alors  ta  musique de celle du roi de la musique togolaise?

JS : Je tiens  beaucoup à  imprimer  ma propre marque,  histoire de confirmer mon talent et ma détermination  à devenir  un artiste  authentique et surtout   professionnel. Ainsi, je fais de la World music avec tendance qui va  plus vers l’acoustique. Ma  musique  est panafricaine  et véhicule des messages  qui n’ont pas de  frontière.

Chaque peuple, ethnie, religion et catégorie de personne s’y retrouve. 

 

FI : Quels sont les messages contenus dans votre musique ?

JS : J’y  parle de la vie quotidienne, m’attaquant à des thématiques comme la sagesse, l’amour, la déception,  l’espoir, etc.

 

FI : quelles productions as-tu déjà à ton actif ?

JS : La quasi-totalité de mes œuvres sont  actuellement  jouées sur   des chaines  locales et internationales.  Mieux,  les retours que nous avons sont positifs mais aussi  interpellatifs.  Cependant,  J’ai aujourd’hui à mon actif  quatre morceaux : Dodji, qui avait en 2013 remporté  le concours  de  téléréalité « Talent d’or » ; Nyawo dans lequel je parle de déception amoureuse ; dans  N’tifafa,  j’appelle les fils et filles du Togo à l’union et la paix ; enfin, Xixea goglo  est une chanson qui rappelle aux hommes les traitements de valeur qui doivent être réservés à toutes les femmes du monde sans distinction. J’ai plusieurs autres morceaux en attente de lancement, faute de moyens.

 

FI : Quelles sont vos relations avec les autres artistes ?

JS : J’ai travaillé ou partagé la scène avec King Mensah, Charl’ozo, Olibig, Kossi Apeson etc. Plusieurs artistes m’ont inspiré. Aujourd’hui, j’apprécie beaucoup  l’icône de la musique traditionnelle ivoirienne, Dobé Valery Nyaoré. C’est mon artiste de référence et je rêve de faire un featuring avec elle.  J’ai de bonnes relations avec les autres artistes  du pays  et certains de la sous-région.

 

FI : Une année nouvelle vient de démarrer. Que réservez-vous à vos fans ?

JS : En 2016, je compte sortir mon premier album. Je pense aussi organiser et participer à des événements pour promouvoir ma musique. Je suis passionné par les festivals et les voyages. Je suis togolais de nationalité mais panafricain dans mon cœur. Etant donné que je fais du live, j’ambitionne de prester sur des festivals. 

Un grand merci aux promoteurs culturels et à vous les médias. C’est un honneur pour moi d’être l’invité de Focus Infos. Mes meilleurs vœux à vos lecteurs.   Que Dieu bénisse notre pays et notre continent.