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ELECTIONS SOUS FORTES TENSIONS CHEZ LES GRANDS ENTREPRENEURS DU TOGO

Les principaux dirigeants des grandes sociétés privées du Togo, regroupés au sein de l’Association des Grandes Entreprises du Togo (AGET), se retrouveront en assemblée générale le 24 février prochain à partir de 10h à l’hôtel Radisson Blu pour élire le nouveau bureau exécutif de leur organisation, dans un contexte de conjoncture économique au ralenti et de besoin d’amélioration du climat des affaires. A la veille du scrutin, l’ambiance reste tendue et les négociations pour dégager un candidat de consensus ont toutes échoué.
La succession de José SYMENOUH à la tête de l’AGET se fera dans la douleur. Les grands patrons du Togo n’ont pas réussi à s’accorder sur un nom pour prendre les rennes de cette organisation qui réunit les plus importantes entreprises du pays. «  Les discussions sont tendues et aucune des parties ne veut céder sur la présidence », nous confirme un membre. De fait, l’élection devra se jouer entre le Français Thierry FERAUD qui a succédé le 02 septembre dernier au Belge Olivier RENSON à la tête de la Brasserie du Bénin ( BB), et le Togolais Clément AHIALEY, qui dirige plusieurs entreprises dont Amexfield Togo Steel, Diamond Cement ou encore Fortia Cement
RACISME ?
Selon un membre du bureau sortant, les opposants à la candidature de monsieur FERAUD allèguent que celui-ci n’est arrivé au Togo que depuis quelques mois. Il ne saurait donc légitimement prétendre à une telle charge qui exigerait une parfaite connaissance de l’environnement socio-économique et des différents rapports entre les acteurs. Ils soutiennent que monsieur AHIALEY est un chef d’entreprise aguerri et un poids lourd de l’AGET avec ses trois grosses sociétés. Au surplus, son expérience dans la mandature précédente et sa maîtrise du paysage dans toutes ses dimensions, sont autant d’atouts, selon eux, pour diriger l’organisation.
Pour les partisans du patron de la BB, celui-ci a démontré ailleurs son leadership. Ils reprochent à Clément AHIALEY d’être trop effacé et de n’avoir pas suffisamment de personnalité pour incarner les ambitions d’une association comme l’AGET. Ils ne croient pas en sa capacité, vu son profil, à exprimer le cas échéant, tout désaccord avec l’Etat ni à assumer un éventuel conflit avec ce dernier.
Au-delà de ces divergences sur la qualité des deux prétendants, certains membres évoquent une ligne de fracture fondée sur le racisme. D’un côté les expatriés qui soutiendraient leur « frère blanc », et de l’autre, les Togolais-Africains qui choisiraient l’ « autochtone ».
MAJORITE.
A défaut d’un consensus d’ici demain, l’élection du président se fera à la majorité simple des 52 membres à jour de leur cotisation pour un mandat de 2 ans renouvelable. L’ensemble du bureau exécutif qui comprend 9 membres sera également renouvelé. La vice-présidence devrait échoir sauf surprise, à Charles GAFAN du Groupe BOLLORE et conseiller dans le bureau sortant, tout comme d’ailleurs monsieur AHIALEY.
Créée en 2007, l’AGET accueille toute société anonyme de droit togolais, du secteur privé douanier, de l’industrie et des services, ayant un chiffre d’affaires supérieur ou égal à 2 000000 000 Fcfa pour les membres du secteur de l’industrie et supérieur ou égal à 500 000 000 Fcfa pour les membres du secteur des services. Elle a pour objectif de coordonner la défense des activités et de la compétitivité de ses membres et de veiller à une synergie dans leur contribution au développement économique et social du pays.T ous les secteurs y sont représentés : l’industrie (Agro-alimentaire, Ciment & Mines, Gaz & Pétrole, Sidérurgie, Chimie), lees services (Banque, Assurance, Logistique, Manutention portuaire, BTP) et le commerce (Grande Distribution).
Les entreprises membres de l’AGET ont représenté pour le compte de l’année 2015 un chiffre d’affaires annuel de plus de 700 milliards de FCFA  et employaient environ 11 000 personnes pour une masse salariale distribuée de 38 milliards de FCFA. Sur la même période, elles ont contribué au budget de l’Etat sous forme d’impôts et taxes à hauteur de 115 milliards de FCFA, ce qui a représenté 24% des recettes fiscales budgétaires (Impôt et Douane) du Togo. Leurs investissements sont estimés à 77,2 milliards de FCFA en 2015 et s’élèvent  à 126,3 milliards de FCFA sur les 3 trois dernières années.