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ROUTE LOME-VOGAN-ANFOIN : La voie de la crise

Près de 20% des commerces en quasi- faillite

Jamais la construction  d’un ouvrage  n’aura fait couler autant d’encre. Lancés en 2014, les travaux de réhabilitation et de renforcement de la nationale N° 34 Lomé-Vogan-Anfoin n’ont toujours pas été réalisés. Entre fausses promesses, engagements irréalistes et  accusations de détournements, le feuilleton continue de meubler la polémique en dépit d’une reprise annoncée du chantier. Pendant ce temps, le petit commerce installé au bord de la voie meurt à petit feu, dans une quasi-indifférence.

 

Boulevard Jean-Paul II, un vendredi. Il est 11h. Le gérant d’une boutique de pneus, écouteurs vissés sur les oreilles, savoure ses morceaux préférés. « Pour tuer l’ennui et surtout noyer son chagrin », confie-t-il. Celui de la dégringolade de son chiffre d’affaires depuis le début des travaux de réhabilitation de la voie. Les bonnes semaines, il arrive à céder un pneu, contre plusieurs par jour avant le début du chantier. «  Il n’y a plus de circulation, donc pas de clients. C’est une zone quasi morte. Ceux qui s’aventurent encore vers mon magasin, ce sont des anciens clients »  se désole-t-il.

 

Olivier, tenancier d’une boutique de vente de motos neuves et de pièces détachées est dans la même situation. Son patron vient de lui confier la redynamisation de la boutique du fait des piètres résultats de l’ancien gérant. Mais ceux-ci ne changent guère : la voie n’est plus fréquentée comme avant. Et la poussière vient s’y mêler. Sa voisine qui tient une boutique de commerce général évalue ses pertes à 50.000 FCFA par mois ; un grand manque à gagner pour cette petite commerçante.

Du réparateur de portables en face de la pharmacie la Providence au menuisier installé à 50 mètres de là à côté  de l’agence ECOBANK de Nukafu, c’est la même désolation. Un des menuisiers confie : «avant le début des travaux, les meubles exposés partaient en moins de deux semaines. Nous sommes en crise mais nous tenons grâce à nos anciens clients et à ceux à qui ils nous recommandent ». Même les «vendeuses de charme » qui squattaient le site situé derrière la paroisse Sacré Cœur Junior ont déserté les lieux.

Les chauffeurs de taxi qui chargent les passagers sous le contournement à Kégué en direction de Vogan ne sont pas du reste et se plaignent de la rareté des clients tout comme les membres de  l’association des conducteurs de taxi-moto

 

FAILLITE :

De fait, on a vu apparaître sur le boulevard Jean-Paul II sur plusieurs boutiques,  l’écriteau : « A louer » «  Fermé » A cause de la baisse quasi insurmontable des chiffres d’affaires et de la situation de presque faillite de beaucoup de commerces. Ils seraient près de 20% dont la situation financière est irrémédiablement compromise. Beaucoup ne peuvent plus faire face à leurs charges, notamment les loyers qu’ils continuent à payer. Ceux qui s’en sortent un peu, seraient propriétaires eux-mêmes de leurs locaux ou disposent d’autres magasins ailleurs.  Le seul espoir de tous ces commerçants est que la reprise promise soit effective et surtout, que l’entreprise chinoise nouvelle adjudicataire, tienne dans les délais de 24 mois que sont sensés durer les travaux.