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Nadia KARIMU-YESSOUFOU alias Nadiaka, Créatrice de mode

 « Que nos gouvernants s’habillent ‘’local’’ pour booster l’industrie de la mode au Togo ».

Amour du risque ou passion chevillée au corps. Nadia KARIMU-YESSOUFOU a préféré les frissons de l’aventure à la sécurité de l’emploi. Attachée Commerciale au sein d’une société de la place dans une autre vie, elle est aujourd’hui drapée dans des atours qui lui vont comme un gant : la mode, sa passion de toujours. Plus de douze ans après la matérialisation de ce rêve, euphorie et dynamisme sont toujours au rendez-vous. 

 Diplômée en informatique, Mme Nadia KARIMU-YESSOUFOU alias Nadiaka, était destinée à une belle carrière dans le domaine de la communication. Mais après seulement 8 ans d’activité et contre toute attente elle a décidé de prendre une autre trajectoire : la mode. C’est ainsi qu’en Décembre 2003, elle décida de réaliser son rêve d’enfance pour, dit-elle, produire du prêt à porter made in Africa pour les Africains et pour les autres peuples.

« Le stylisme c’est un don pour moi. Je suis douée en création de vêtements », nous confie -t- elle. Mais que vaut le don sans perfection ? C’est ainsi qu’à ses débuts et pour peaufiner ce talent, la jeune styliste a suivi des cours de perfectionnement accélérés chez le styliste béninois Elfège Kodo. La confirmation de ce talent est qu’aujourd’hui aucun podium de défilé de mode à l’échelle nationale ou internationale ne lui est inconnu puisque la marque « Nadiaka » est sollicitée un peu partout.  Avec 12 ans d’existence, et pour le compte de l’année 2015, la marque a défilé à « Kakatsi mode », « Elima », « Nuit de la gratitude » de Clara Lawson, à Lomé, « Nappy Days Events » à Paris, la « Nuit du Glamour » à Yaoundé, FESMMA à Cotonou, et Cotonou Fashion week au Bénin.

 

Talent pur et Perfectionnisme 

«  Nous y allons presque  sur fond propre à 80% et du coup quand tu finis un défilé de mode, tu es à plat financièrement » souligne-t-elle néanmoins en une sorte de bémol à ce parcours à donner le tournis. Et si malgré tout, Nadiaka demeure dans le secteur de la mode c’est par «l’amour et la passion pour ce travail. On n’a pas de raison pour l’art, on aime le travail qu’on fait et on le fait pour de bon, il n’y a pas un temps où on se dit qu’on va abandonner », confie-t-elle.

Comme pour tout artiste, la meilleure satisfaction pour Nadiaka à la fin d’un grand défilé est qu’elle « sente que la collection a pris et que le public l’a admiré,  » des moments forts, selon elle.  Un peu comme lors de ces instants magiques où elle peut donner libre court à son imagination… « La nuit quand tout est calme, je trouve le temps de dessiner pleinement, et d’avoir toutes les idées possibles. Je n’ai pas de limite quand je crée la nuit », décrit-elle avec enthousiasme.

 

Passion du travail 

Quant aux  inspirations, elles lui viennent d’un peu partout. Amatrice  des tableaux d’art, et admiratrice du beau et de la nature, elle tire également ces sources d’inspiration de ces différents vecteurs.

Avec une douzaine d’années d’expérience dans le domaine, Nadiaka observe une maturité du peuple togolais sur la question mode. Le public est de plus en plus compréhensif, reconnait l’existence des créateurs de mode et consomment plus  la mode africaine.

Loin de se réjouir de ce changement positif du public, Nadiaka estime au contraire que c’est  un défi pour  les stylistes africains de créer quelque chose qui puisse être porté tous les jours et qui puisse être identifié comme  mode africaine parce que  la haute couture n’est pas très prisée en Afrique. « Les gens ont tendance à dire : on va porter  ces créations  pour aller où ? », déplore-t-elle, pointant du doigt des poches de résistance encore rétives au changement.

Priorité à la matière locale…mais aussi ouverture

Pour encourager le secteur de la mode à aller de l’avant, Nadiaka pense que nos gouvernants ont leur partition à jouer. Prenant exemple sur nos voisins du Ghana et du Burkina Faso pour qui le port de la tenue traditionnelle fait partie de l’identité culturelle de ces pays, Nadiaka plaide pour que « que nos gouvernants s’habillent ‘’local’’ pour booster l’industrie de la mode au Togo ».

Profondément attachée à ses racines africaines, notre styliste explore cependant toutes les matières possibles mais utilise prioritairement  les tissus fabriqués en Afrique : les pagnes tissés, les pagnes imprimés, même si  différents types de tissus sont inclus dans ses collections. Tout en reconnaissant qu’aujourd’hui il y a beaucoup plus d’opportunités qui s’offrent aux jeunes qu’à leur époque, Nadiaka, en actrice avisée du domaine, conseille aux jeunes qui veulent lui emboîter les pas à plus de persévérance car dit-elle, « dans toute entreprise, il faut une dose de persévérance et de travail. C’est au bout de l’effort qu’on trouve satisfaction ».

Last modified onvendredi, 04 mars 2016 16:58