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Mlle Aimée Tenou, promotrice de « Zam-Ké »

C’est à la suite d’un voyage effectué au Burkina Faso et après une  visite à la coopérative Gafreh, que Aimée Tenou de retour sur la terre natale s’est inspirée de cette expérience pour implanter Zam-Ké au Togo. En effet, les femmes de cette coopérative tissaient des sachets fins en les mélangeant avec des pagnes de coton pour créer des objets de la vie courante. Séduite et  impressionnée, Mlle Tenou a eu le reflexe, une fois au bercail, de  rassembler des sachets de « pure water », de les coudre et ensuite de les remettre à un couturier pour en faire un sac à dos. Ainsi venait de naitre   Zam-Ké.

Implantée au Togo en 2010, l’unité de production de Zam-Ké qui en langue locale Mina, parlée au sud du Togo, veut dire « utilise-moi encore » est par essence un centre de recyclage des déchets plastiques. Des sacs et des accessoires de mode et d’autres articles variés  sortent quotidiennement de ce centre à travers ces deux gammes. L’une  faite à partir de sachets pure water et l’autre à partir de bâches publicitaires recyclées. 

Le Centre Zam-Ké emploie une trentaine de personnes contribuant ainsi à la réduction du chômage. « Nous travaillons aussi avec des femmes qui ramassent, lavent et découpent les sachets de Pure Water. Nous leur rachetons à 4F CFA l’unité. Elles doivent en ramener au minimum 2000 pour toucher 8 000 F CFA. Ensuite l’équipe de couturiers formés passe à la création de ces produits uniques », nous confie Mlle Tenou.

Cette dame très entreprenante indique que les sachets de pure water- leur matière première-jonchent les rues des villes du Togo et qu’il suffirait de les ramasser pour les travailler. C’est pour cela qu’ils collaborent  avec des femmes pour les aider à collecter cette matière première. En ce qui concerne les bâches publicitaires, poursuit-elle, « nous sommes en partenariat avec différentes entreprises qui se sont engagées à nous donner leurs bâches publicitaires une fois enlevées, au lieu de les jeter ».

Zam-Ké dispose de deux ateliers de fabrications : un à Lomé (Agoè-Nyivé) et l’autre  à Kpalimé, environ 120 km au nord-ouest de Lomé. Sur le choix de Kpalimé comme seconde zone de production de Zam-Ké, la promotrice l’explique par le fait que cette ville touristique du Togo attire de nombreux volontaires étrangers qui sont leurs clients potentiels. Aussi, la ville regorge-t-elle d’une quantité impressionnante de sachets plastiques et de déchets dans ses rues qui malheureusement ne sont pas nettoyées. « Nous avons eu envie de rendre la ville propre ! Vous le savez, nous avons aussi d’autres activités économiques à savoir  ViViFruits spécialisé dans la production du Jus, Cocktails de Jus et Sorbets et Pomédi dans la production de savons et les matières premières pour ces actions qui abondent ici », a déclaré Mlle Tenou.

Disponibles sur le territoire national, les produits Zam-Ké sont aussi destinés à l’export. On peut les trouver notamment en France et en Suisse.

A la question de savoir quel regard les Togolais portent sur l’initiative, Mlle Tenou répond : « notre initiative est très saluée par les Togolais, bien qu’au Togo la culture du « bio » et du recyclé ne soit pas encore très développée. C’est pour cela que certains sont assez sceptiques concernant le port d’un sac fait en sachets d’eau plastiques. Mais en ce qui concerne le concept, Zam-Ké est encouragé par de nombreuses personnes ».

La plus grande difficulté pour cette unité selon son responsable est qu’ils ne vendent pas assez. « Nous n’avons aucun problème de production mais nous avons besoin de vendre plus de produits pour rentabiliser le travail et le temps des couturiers. Car c’est un travail fastidieux »

Les actions de Mlle Tenou ne se limitent pas seulement à la production des articles Zam-Ké puisqu’elle œuvre également dans la sensibilisation en faveur de la protection de l’environnement. Récemment, ils étaient présents à la semaine du développement durable du Lycée Français de Lomé et au défilé de mode des journalistes dont le thème porte justement sur la protection de l’environnement. « Nous essayons d’être présents durant ces évènements qui traitent de la protection de l’environnement en montrant nos produits. Je pense que le fait de montrer que des sachets plastiques qui en temps normal polluent et créent de lourds dysfonctionnements pour la planète et pour l’homme peuvent être utilisés à des fins utiles comme la fabrication d’une valise, cela touche les gens », a souligné la promotrice.

Très engagée, Mlle Aimée Tenou est également le responsable de l’ONG Saint Thérèse de l’Enfant Jésus (STEJ),   qu’elle a créée le 1er octobre 2000. Elle intervient dans divers domaines notamment l’éducation, les problèmes d’eau et d’assainissement. Ces multiples actions  de Tenou suscitent reconnaissance sur le plan national et international. A titre d’exemple, elle a été élue Ambassadrice 2014 de Woodin, une société de fabrication de pagne.

 

 

 

Last modified onjeudi, 18 juin 2015 18:21