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UNIR : Tensions au sein du parti présidentiel à 1 an des élections législatives.

A un an des élections législatives, l’Union pour la République (UNIR) voit la guerre des clans dont elle était en proie, connaître un nouveau développement. En effet, certains cadres et militants sont vent debout contre le cap que prend le parti, après qu’une réunion réunissant les points focaux ait été organisée, sans que le bureau provisoire n’en ait été officiellement informé.

 

Ils avaient l’habitude d’avaler des couleuvres. Mais celle-ci a du mal à passer. La semaine dernière, 2 à 3 membres des points focaux de chaque préfecture ont été invités à Lomé pour une réunion dont l’objet était relatif à l’organisation  d’un futur congrès mais également à la situation sur le terrain,  à 12 mois de scrutins importants. Rien que du classique pour une formation politique. Sauf qu’en l’espèce,  la quasi-totalité des membres du bureau provisoire d’UNIR ont été écartés de la rencontre.

 

Ils n’en ont pas  été  informés, encore moins invités. Au surplus, ceux qui se sont installés autour du Président de la République et président du bureau provisoire, n’ont aucune fonction ni poste au sein de la formation majoritaire.  De quoi donc déclencher une vive polémique et raviver les vieilles tensions entre les « historiques » et les « réformateurs », même si à UNIR, les linges sales ne se lavent pas en public, pas plus  d’ailleurs en famille.

 

CLANS  :

 

Depuis la création du parti  en avril 2012, il est dirigé par un bureau provisoire. Le congrès maintes fois annoncé, à force d’être reporté sine die  est devenu une arlésienne. De fait, les instances installées fonctionnent à tous les échelons au mieux au ralenti. «  C’est un navire fantôme » s’amuse un cadre qui pointe du doigt l’absence d’un leadership, d’un cap, d’actions et de moyens pour le bureau. Il relève les difficultés de celui-ci, qui a toutes les peines du monde à mettre en œuvre quelques projets ; les initiatives ne manquant pourtant pas. Elles seraient toutes et systématiquement bloquées du fait de la guerre que se livrent différents clans pour le contrôle effectif de l’appareil du parti, dussent-ils pour cela en paralyser le fonctionnement. Il y aurait d’un côté les « historiques ».

Trivialement appelés les caciques, ils ont été pour l’essentiel avec feu Gnassingbé Eyadéma et restent attachés, voire nostalgiques du RPT.

Très solidaires, ils ont gardé leur influence malgré quelques passages à vide et contrôlent, soit directement soit indirectement, des  postes clés dans l’appareil d’état. Forts de leur expérience et de leur engagement séculaire envers le régime  dont on ne peut remettre en cause la sincérité, ils revendiquent clairement et sans détours, le leadership dans la structuration et le fonctionnement du pouvoir, même dans le renouvellement des idées.

 

De l’autre, il y aurait les « réformateurs ». Ce sont d’une part d’anciens barons plutôt favorables à une évolution politique et à un renouvellement des cadres dirigeants du pouvoir( y compris si cela signifierait pour eux  l’absence d’accès à des places d’honneur).  Et d’autre part des jeunes issus du RPT ou venus d’autres horizons sociopolitiques, engagés aux côtés de Faure GNASSINGBR parce que convaincus de sa capacité à faire évoluer qualitativement le pays. Les « réformateurs » sont cependant divisés en 2 camps : l’un soutenant le bureau actuel, l’autre militant pour sa disparition.

La guerre d’usure que se livrent ces 3 clans est à l’origine donc de la paralysie des activités du parti et de l’enterrement de toute initiative.

 

DEMOBILISATION :

 

La réunion de la semaine dernière sonne comme une victoire des « historiques » sur les « réformateurs », les deux tendances confondues. Pour certains, cela n’est pas nécessairement une bonne nouvelle parce qu’elle signifierait le retour en force de l’ancienne garde, avec ses idées, approches, mœurs et méthodes. Autant dire que frustrations se le disputeraient dans ce contexte à la démobilisation.

 

Selon une source généralement bien informée, le 1er vice-président paierait les soupçons qui le voient derrière la cabale contre le major KOLOUM après sa décoration. Tandis que la mise à l’écart du  2è vice-président s’expliquerait par la montée de Tikpi ATCHADAM qu’il n’a pas  pu circonscrire dans sa zone.

Quoiqu’il en soit et notre source en est convaincue, la guerre des tranchées vient d’atteindre un nouveau palier. La paix ne serait pas pour demain, analyse-t-elle. Prédisant davantage de frustrations, étant entendu que la mise à l’écart de membres du bureau a été lue comme du mépris.

Si les « historiques » ont aujourd’hui la main,  elle a tout de même prédit un renversement du rapport de forces au profit des « réformateurs » à cette condition encore improbable, que ses deux tendances se coalisent.

 

Last modified onmercredi, 19 juillet 2017 14:21