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400.000 FCFA POUR ACHETER LES VOIX DES DEPUTES DE L’OPPOSITION ?

C’est ce qu’a laissé entendre  Me Isabelle AMEGANVI, présidente du groupe parlementaire ANC (opposition)  en début de semaine, avant de se faire reprendre par la questure de l’Assemblée nationale. Depuis la polémique dégonflée.

Tout part d’un communiqué signé par Me Isabelle Manavi AMEGANVI, présidente du groupe parlementaire ANC à l’Assemblée nationale et publiée le 02 octobre dernier. L’élue y déclare que les députés, tous membres de l’opposition parlementaire, ont constaté avec surprise, à la fin du mois de septembre 2017, que « les indemnités parlementaires que le Trésor public venait de virer directement sur leurs comptes bancaires respectifs , ont augmenté d’une somme de quatre cent dix mille (410.000 F) FCFA, sans qu’aucune explication ne soit donnée pour justifier un tel changement qui, au demeurant, n’a fait l’objet au préalable ni d’aucune information, ni d’aucune décision, ni d’aucun débat ». 

Dans le contexte de crise politique entre le pouvoir et l’opposition où les voix de celle-ci ont manqué pour faire adopter les réformes introduites par le gouvernement, les 410.000FCFA ont tôt fait d’être vus comme un moyen de corruption. Ainsi, indique Me AMEGANVI, «  dans l’ignorance totale des intentions réelles liées à cette augmentation et en attendant d’en savoir plus, les députés de l’opposition parlementaire ont décidé de mettre en commun le produit total de cette augmentation pour constituer un fonds spécial de circonstance qui permettra d’aider à soigner les blessés, de soulager les réfugiés politiques et les personnes contraintes à la clandestinité, d’assister les détenus politiques, dans le cadre des manifestations organisées les mois d’août et septembre 2017 ».

Quelques heures après la sortie de l’avocate, la questure de l’Assemblée nationale publie à son tour un communiqué dans lequel elle se dit étonnée des déclarations d’Isabelle AMEGANVI. Selon elle,   une ligne budgétaire de 113.400.000 FCFA a toujours figuré dans le budget de l’assemblée nationale sur le Titre 2 Dépenses de personnel sous le libellé « Indemnités de déplacement ». Elle relève que l’analyse du budget en commission des Finances a révélé que ce crédit n’avait jamais été exécuté par le ministère chargé des finances au profit de l’assemblée.

 

«  La commission des Finances a donc recommandé aux questeurs de prendre les mesures nécessaires pour rendre effective l’exécution de cette ligne au profit de l’Assemblée nationale à compter de l’exercice 2017. La plénière a approuvé la recommandation » peut-on lire dans le communiqué.

 

C’est en application de cette recommandation que les questeurs ont préparé un arrêté de répartition de ce crédit conformément à l’esprit de la loi organique 96 à la signature du président de l’Assemblée nationale. La transmission de cet arrêté au ministère chargé des Finances a permis le paiement à chaque député d’une indemnité de déplacement inscrite sur sa fiche de paie. Etant donné que l’indemnité est due depuis janvier, pour ce mois de septembre, chaque député a reçu un rappel de 4 mois, et le mois suivant, chacun percevra encore un rappel. L’objet de ce montant figure clairement sur la fiche de paie de chaque député et il lui suffit d’en prendre connaissance » explique la questure. Et d’ajouter que «  que le budget de l’assemblée gestion 2017 a été voté à 100% par tous les députés et que donc, chacun connaissait l’existence de ce crédit ». Avant de conclure : «  il est étonnant de constater que des députés soient mécontents de rentrer dans leurs droits qu’ils ont eux-mêmes réclamés ».

 

Commentaire acerbe d’un questeur : «  Me AMEGANVI et ses amis ont voulu se faire un peu de publicité sur le dos de l’assemblée nationale en créant une tempête dans un verre d’eau, une polémique fondée sur la mauvaise foi. C’est honteux pour des élus du peuple. »  Si l’histoire s’est arrêtée là, elle ne dit pas cependant si effectivement le fonds spécial destiné aux victimes des manifestations a été constitué et mis à leur disposition. Ni pourquoi la somme « suspecte » n’ait pas été tout simplement retournée à son expéditeur, s’il y a doute sur son objet.

Last modified onlundi, 09 octobre 2017 10:57