Interview de Malak Accouche, artiste peintre plasticienne: « Ceux qui se retrouvent devant mes œuvres les qualifient de chef d’œuvre »

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Economiste de formation,  Malak Accouche, artiste peintre plasticienne d’origine libanaise, réside au Togo depuis une dizaine d’années et collabore depuis deux ans avec les artistes togolais. Avec ces derniers,  elle vient de lancer une association internationale à vocation humanitaire. Par cette interview,  allons à la découverte de l’artiste et de l’association.

Focus Infos : Que représente l’art pour toi ?

Malak Accouche : L’art pour moi, c’est la représentation ou la transformation de mes sentiments et de mes idées invisibles en  des œuvres visibles.

F I : Quels sont les messages que tu véhicules à travers tes œuvres ?

M A : La plupart de mes œuvres sont des tableaux  et ils représentent des œuvres abstraites, du surréalisme. Le message qu’ils véhiculent dépend de l’inspiration que j’ai lorsque le besoin de peindre me prend.

F I : A quel moment tu peins ?

M A : La plupart de mes inspirations me viennent les nuits lorsqu’un calme absolu s’installe et qu’on peut même entendre les moustiques voler. Et quand ça arrive,  je quitte le lit pour passer à l’atelier qui est juste à côté de ma chambre. Ce qui fait que je ne me consacre à mes tableaux la  plupart du temps que les nuits.

F I : Quel accueil réserve-t-on souvent à vos œuvres ?

M A : Ceux qui se retrouvent devant mes œuvres les qualifient de  chef d’œuvre et ils témoignent qu’ils ne peuvent s’empêcher de les admirer inlassablement.

F I : Technique et méthodologie de travail ?

M A : Ça dépend de ce que je veux faire parce qu’avec le crayonnage,  j’ai toujours  les idées en tête avant de les représenter.  Ce qui fait que je pars d’une esquisse, surtout qu’avec le crayonnage je sors les détails. Par exemple si quelqu’un me demande de  réaliser un portrait, je n’utilise que les crayons.  Et  il y a des dessins qu’on ne peut  faire qu’avec des crayons. J’utilise aussi le pinceau, mais quand j’utilise de la peinture,  point besoin d’une esquisse: les idées sont directement transférées sur la toile.

F I : Tu es plus crayon ou pinceau ?

M A : Avec le crayon,  je sais déjà ce que je veux faire.  Mais avec le pinceau des fois,  je ne me retrouve pas. En fonction du travail à réaliser, j’utilise des fois divers crayons dont les crayons naturels, de couleurs…

F I : Comment êtes-vous arrivée à l’art ?

M A : Depuis mes sept ans déjà,  pendant les vacances,    on allait à une classe où on fait des arts ou des dessins pour enfants. Ils y ont trouvé que je dessine mieux que les autres. Ils   ont décidé de développer ce talent que j’ai en moi en me faisant suivre chaque vacances un cours particulier en art avec un professeur pendant trois (3) mois et ceci jusqu’à mes quatorze (14) ans d’âge. J’avais comme professeur une dame irakienne qui était une grande artiste chez qui j’ai fait ainsi sept (7) ans pour parfaire et développer  mon talent. Voilà un peu comment j’ai débuté avec l’art.

F I : Quel peintre vous inspire le plus ?

M A : Il n’y a pas de peintre connu qui m’inspire.  Mais comme je fais des toiles surtout surréalistes, j’envoie mes œuvres à des peintres avertis pour juger de leur valeur.

F I : Qu’est-ce que tes œuvres t’apportent ?

M A : J’y retrouve ma personnalité

F I : Comment gères-tu tes activités artistiques et ta vie de mère ?

M A : Comme je l’ai dit,  je travaille plus les nuits et dans le calme quand les enfants dorment.  Et  à ces heures,  tu entendras même le bruit d’une aiguille tombée. Donc,  il n’y a pas de chevauchement entre les deux.

F I : Selon toi y a-t-il une différence entre un artiste  peintre homme et une artiste peintre femme ?

M A : Il y a des œuvres peintes par les hommes que les femmes ne peuvent pas faire et vice-versa. Mais généralement,  on constate que les œuvres produites par les femmes touchent beaucoup et sont plus émotives car les femmes arrivent plus aisément à mieux exprimer les sentiments.

F I : Des expositions déjà faites ?

M A : Au Liban,  j’en ai fait plusieurs avec des amis d’université.  Mais ici au Togo,  je suis à ma troisième exposition qui s’est déroulée récemment dans le mois de février à l’hôtel du Golfe de Lomé pendant trois (3) jours. C’était une  « exposition internationale » très intéressante et très riche qui a regroupé plusieurs artistes venus de plusieurs pays. L’exposition annonce les couleurs de l’association internationale dont je suis la présidente qui sera portée sur les fonts baptismaux les mois à venir.

F I : Parles-nous de l’AAPEP ? 

M A : L’AAPEP, l’Association international des artistes et des artisans d’art et de la paix entre les peuples a pour but de défendre les idées de la paix et de lutter contre la discrimination sous toutes ses formes ainsi que la guerre. Elle va prôner l’amour entre les peuples du monde. C’est une association ouverte à tous les artistes que tu sois du Togo, de l’Europe, du Canada et des pays arabes. On veut ainsi briser les frontières entre les pays au travers de l’art  et ainsi offrir un tremplin surtout aux artistes africains pour faire connaitre leurs œuvres.

F I : L’association compte combien de pays ?

M A : Pour notre début,  nous sommes  seize (16)  nationalités regroupées au sein de l’association.  Néanmoins,  les portes sont toujours ouvertes à tout artiste désireux d’y adhérer quelle  que soit sa nationalité. Il y a même déjà un engouement auprès de plusieurs artistes qui manifestent leur volonté de se joindre à notre cause.

F I : Quels sont vos plans d’actions prévus ?

M A : Nous allons organiser à chaque fois des  expositions.  L’association utilisera une partie des recettes de ces expositions pour venir en aide surtout aux enfants qui sont dans les pays touchés par les conflits armés.

F I : Quel est ta relation avec les artistes plasticiens du Togo ?

M A : Avant,  je ne vendais  mes œuvres  qu’à l’étranger  et je n’avais pas de contact  avec les artistes togolais. Mais depuis deux ans, j’ai rencontré certains artistes grâce en partie à l’Institut Français du Togo. Dès lors, j’expose et vends aussi mes œuvres au Togo et j’entretiens une relation conviviale avec eux. Ils sont comme ma deuxième famille.

F I : Que penses-tu de l’art plastique togolais ?

M A : L’art au Togo est très riche et attractif mais il faut rappeler que l’art togolais  n’est pas consommé au Togo. Les œuvres des artistes togolais ne sont pas considérées à leur juste valeur. Par exemple,  un tableau qui peut valoir plus de 1 000 000fr CFA par exemple est vendu moins cher et pour rien du tout. Ce  qui des fois n’encourage  pas les artistes togolais à mieux faire.

F I : Ta religion n’est-elle pas un frein pour  ton travail d’artiste ?

M A : Nombreux sont ceux qui me posent cette question et je réponds à chaque fois la même chose. A ma connaissance,  ma religion ne refuse pas les arts. Je trouve  que l’art n’enfreint ni sur ma religion ni sur mes activités  de femme au foyer. Personnellement,  je n’aime pas parler religion et je suis contre toutes discriminations car ce sont ces dernières qui sont à la base des guerres dans le monde.

F I : Un message à faire passer ?

M A : Mon souhait est d’abord la paix dans le monde entier car ce que nous voyons ces temps-ci est très horrible et surtout les malheurs  des enfants. C’est justement les raisons qui nous ont poussés à créer notre association.  Nous comptons vraiment sur les organisations internationales, les chancelleries et les ambassades afin qu’ils nous apportent leur soutien afin de bien mener les missions que nous nous sommes assignées.

F I : Mot de fin ?

M A : Mes salutations et remerciements  à mes frères et sœurs artistes plasticiens du Togo, à tous ceux qui nous ont apporté leur soutien lors de notre dernière exposition par leur présence.

Je remercie également les ambassades. Et un grand merci surtout au journal Focus Infos pour cette opportunité.

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