LA CANDIDATURE DE FAURE GNASSINGBE

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Il n’y a plus de doute possible : la crise que traverse notre pays depuis bientôt plus de six mois n’a qu’une seule motivation : empêcher Faure Gnassingbé de finir son mandat ou au pire, de se représenter en 2020. Ce qui était présumé, deviné par ceux qui savaient lire entre les lignes, se subodorait, vient d’être confirmé par la coalition des 14 partis politiques de l’opposition. C’est d’abord madame Brigitte Adjamagbo-Johnson, la secrétaire générale de la Convention Démocratique des Peuples Africains (CDPA) qui, dans une de ses envolées lyriques dont elle est coutumière et dont elle a , seule, le secret qui nous l’a révélé : la ligne rouge qu’elle n’acceptera jamais de franchir est une éventuelle candidature de monsieur Gnassingbé en 2020. Vingt-quatre (24) heures plus tard, la coalition a officiellement, lors d’une conférence de presse fixé la même limite : une nouvelle candidature du Président de la République est pour elle inacceptable.
Ainsi, tous ces morts depuis 180 jours, ces blessés, ces familles meurtries, ces entreprises en faillite ou quasi-faillite, ce ralentissement de l’activité économique, cette déchirure du tissu social, cet ébranlement du vivre-ensemble avec des relents tribalo-religieux ont pour fondement, une considération hypothétique, une éventualité. En effet, nul ne saurait dire, en commençant par Faure Gnassingbé lui-même, si dans 3 ans, autant dire une éternité en politique, il serait candidat. Car , pour ce faire, il eût fallu qu’il lise dans une mare de café pour connaître son avenir à l’horizon 2020, qu’il ait envie de se représenter et qu’il en ait les moyens, y compris au regard des textes et de son bilan. Malgré tout, c’est contre cette éventualité que les leaders de l’opposition ont choisi de paralyser le pays. Ils ne considèrent plus, comme il y a quelques semaines encore, que la Constitution de 1992 était la meilleure Constitution pour laquelle il fallait donner sa vie : C92 ou la mort.

Ils viennent d’y renoncer, en signe de leur bonne volonté. Ils ne s’accrochent plus aux nécessaires réformes institutionnelles et constitutionnelles, rabâchées depuis plusieurs années, comme la panacée devant sortir le Togo de la crise, du sous-développement. Sur le sujet, ils sont prêts à faire des concessions. Même sur leur droit fondamental de manifester : ils peuvent faire l’impasse. Mais il est hors de question pour eux d’envisager une nouvelle candidature de Faure Gnassingbé. L’opposition se fourvoie en choisissant ce combat là. Ce dont le pays a besoin pour une société plus démocratique et respectueuse de l’exigence d’un état de droit, ce sont des réformes institutionnelles et constitutionnelles et une amélioration du cadre électoral. Là sont les priorités. Une fois qu’elles sont mises en œuvre, s’imposera ou s’exclura telle ou telle candidature, non par la volonté d’adversaires politiques, mais par le respect des textes en vigueur ou encore par le choix personnel des concernés. Décider d’autorité , alors qu’en plus l’on n’en a pas les moyens d’exclure une candidature par ailleurs non encore déclarée, c’est créer les conditions de tensions permanentes. Notre histoire contemporaine et celle de voisins de la sous-région nous renseigne suffisamment sur les risques de l’exclusion en politique. Les plus cyniques diront que ce nouveau mot d’ordre de « pas de candidature de Faure Gnassingbé » aura le même destin que ses prédécesseurs, lancés depuis près de 30 ans par l’opposition : celui d’une feuille morte.

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