L’AFFAIRE BOLLORE

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Depuis deux semaines et la garde-à-vue suivie de la mise en examen de Vincent Bolloré, on assiste à un branle-bas médiatique. L’industriel français est cloué au pilori aussi bien par la presse en France que sur le continent, tandis que beaucoup de politiques ont trouvé là, l’opportunité d’une thématique de débat public dans leur désert d’idées. Mais également l’occasion de jouer le remake de la lutte des classes ou de mener la guerre contre le néocolonialisme. Bien entendu, il ne s’agit pas ici de se prononcer sur le fond du dossier auquel nous n’avons pas eu accès même si des bribes d’éléments ont circulé, pouvant donner lieu, de façon partielle, à des analyses critiques. Et jusqu’à ce qu’une cour en décide autrement et de façon définitive, le milliardaire breton est présumé innocent.

Cependant, on ne peut que s’étonner de la bonne conscience que veulent s’offrir certains à peu de frais, sur le dos de l’homme d’affaire français. En effet, peu font cas de l’accusation qui reste à étayer et ne mettent en avant que la figure de l’ »esclavagiste » venu exploiter les pauvres africains. Pourtant, pour peu que l’on soit de bonne foi, on est bien obligé de constater que les états en général, et ceux africains ont rarement une gestion efficiente et performante de leurs structures. De fait, qu’ils en cèdent leur exploitation à des investisseurs, même venus de très loin ne saurait être considéré comme un scandale, comme on peut encore aujourd’hui l’entendre ça et là, y compris venant d’hommes politiques se considérant comme sérieux. Ce qu’il faut regarder, ce sont les conditions d’attribution de ces marchés qui doivent rester transparentes et bénéfiques à notre pays. On ne peut pas se plaindre que le Togo ne soit pas suffisamment attractif pour les opérateurs économiques et dénoncer les investisseurs venus profiter des opportunités d’affaires offertes. Qui plus est , sans avoir éjecté du jeu, un prétendant sérieux local.

Qui peut sincèrement alléguer que l’état togolais aurait pu investir dans la construction du 3è quai et gérer le terminal à conteneurs avec efficience, ou qu’un consortium de Togolais était prêt à relever le défi. L’enjeu n’est pas d’expulser ceux qui font le pari d’investir chez nous ou de les considérer comme des brebis galeuses, au nom de je ne sais quelle lutte panafricaine. Le terrain sur lequel l’on attend ces bons penseurs, est celui de l’action pour bâtir des champions industriels africains, capables de rivaliser avec les étrangers. Les sempiternelles plaintes victimisantes n’ont jamais créé un seul emploi ni de la richesse pour un pays. Une fois qu’on aura déversé notre bile sur Vincent Bolloré pour masquer nos propres insuffisances et notre incapacité à construire une société de « faiseurs » et non de «diseurs », la réalité nous reviendra au visage ensuite comme un boomerang : on gagne son pain à la sueur de son front.

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