L’appel d’Alberto Olympio rejeté

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Dans l’affaire opposant Cauris Management/Axxend à Alberto Olympio, la Cour d’appel de Lomé a confirmé le 19 avril dernier le jugement rendu par le tribunal correctionnel de Lomé en septembre 2016, condamnant l’ex-président du Parti des Togolais à 5 ans de prison, au remboursement de 5,9 milliards FCFA et au paiement de plus de 1,3 milliard FCFA de dommages et intérêts, pour abus de confiance, fraude dans l’usage du crédit, faux et usage de faux . Retour sur une idylle qui a fini au tribunal.

C’est le nouvel épisode dans le feuilleton qui oppose Alberto Olympio à son ancien investisseur Cauris Management, ainsi qu’à la société qu’il a dirigée, le groupe Axxend. Dans un arrêt rendu le 19 avril dernier, la Cour d’appel de Lomé a confirmé le jugement n° 1070/16 du 21/09/2016 condamnant l’éphémère candidat à l’élection présidentielle togolaise de 2015, à 5 ans de prison, au remboursement de 5,9 milliards FCFA et au paiement de plus de 1,3 milliard FCFA de dommages et intérêts, pour abus de confiance, fraude dans l’usage du crédit, faux et usage de faux .

Dans un communiqué rendu à l’issue du prononcé de la décision il y a 2 ans, le Parti des Togolais avait tenu à rappeler que « Monsieur Olympio ne reconnaît aucun des faits pour lesquels la justice togolaise le condamne, à l’issue d’une procédure dont la légalité et l’équité sont clairement mises en cause. Depuis son point de départ jusqu’à cette première conclusion, cette procédure est en total déphasage, non seulement avec le droit, mais surtout avec la logique et le bon sens. Aucune des parties engagées dans cette procédure n’est dupe, les Togolais encore moins ».

De fait, ses avocats avaient relevé appel de ce jugement ; recours qui n’avait d’ailleurs pas d’effet suspensif et qui plaçait malgré tout, l’informaticien sous le coup d’un mandat d’arrêt international. Les magistrats du second degré de juridiction ont suivi leurs confrères du premier, reconnaissant le caractère délictueux des actes commis par le neveu de Gilchrist Olympio, le sanctionnant des mêmes peines qu’en première instance. Au moment où nous mettions sous presse, les conseils de l’ex PDG d’Axxend n’ont pas indiqué s’ils comptaient former un pourvoi en cassation de cette décision.

SOCIETE SYPHONNEE :

Cela aurait pu être une belle histoire de réussite. La rencontre entre Nathanaël Olympio et Noël Eklo sur un vol Abidjan-Lomé devrait être le début d’une grande aventure d’affaires. Le premier nommé est le frère d’Alberto Olympio, officiant comme son directeur de cabinet à l’époque. Le second est PDG de Cauris Management, la première structure de gestion de fonds de capital-investissement à vocation sous régionale créée en Afrique de l’Ouest Francophone. Opérationnelle depuis 1996, elle investit dans des entreprises à fort potentiel de croissance et de rentabilité.

Nathanaël Olympio va présenter Alberto, alors PDG du Groupe Axxend, société dédiée à l’ingénierie informatique et aux télécommunications créée en 2009, à Noël Eklo. Qui choisit d’investir dans sa société à fortes potentialités. Ce sera 9 millions d’euros dont 5 millions en participation à l’actionnariat et 4 millions en capital.

En 2014, Alberto Olympio se lance en grands pompes en politique. « Les sous commencent alors à disparaître » accuse Cauris Management. Qui exige comme les autres associés que monsieur Olympio quitte progressivement la direction de l’entreprise. Les nouveaux dirigeants d’Axxend verront bien plus tard une série de virements suspects vers des entités qui appartiendraient à des proches d’Alberto Olympio. Lorsque les investisseurs réclament en 2014 des preuves de présence d’une partie de l’argent – 1 milliard 75 millions de francs CFA dont Alberto Olympio a indiqué la disponibilité sur un compte domicilié à la BGFI Côte d’Ivoire- de faux relevés bancaires seront fournis par l’informaticien. Le compte en réalité ne disposait que de que 3 millions de francs CFA avec de nombreuses traites en attente.

A plusieurs reprises début 2015, l’intéressé a promis alors même qu’il n’était plus le dirigeant d’Axxend, de commencer le remboursement des sommes dues à l’investisseur. « M. Olympio a promis vendre un bien immobilier en France évalué selon lui à 800 000 euros pour payer une partie des sommes dues », révèle-t-on du côté de Cauris. Même devant le juge, Alberto Olympio a demandé un moratoire censé lui permettre d’aller rencontrer des investisseurs en Israël notamment pour reprendre les titres de Cauris au sein de la société.

Or lorsque le bon de sortie lui a été délivré, il n’a plus remis les pieds au Togo.

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